‹ Œuvres complètes; nouvelle édition collationnée et augmentée des lettres de Sainte Chartal, des lettres inédites de l'auteur, du portrait de lui et d'autographes (volume 3)Chapitre 159 sur 450 · LETTRE CCLIV · texte numérisé non relu

LETTRE CCLIV

s. FRANÇOIS DE SALES , A H. l'ÉV^OUB DB MONTPELLIER.

(Tirée do monaftère de la Vlsl(»tloD da faaboarv Selnt-

Jacques. )

Il s'excose de ne poaYoir prêcher A Toulouse.

10 Janvier 1614.

Monseigneur, je vous vais rencontrer en esprit au passage que vous devez faire à Lyon; et ces quatre paroles vous assure ront , s'il vous plaît, que s'il m'éloit aussi aisé (le me porter moi-même sur le lieu en effet, comme il l'est à ce porteur, vous me verriez plein de joie et d'amour, le plus empressé de tous autour de vous. Il n'y a remède , il faut accommoder nos souhaits à nos nécessités, d'où qu'elles viennent. J'ai toute ma vie grandement prisé la ville de Toulouse , non pour sa grandeur et noblesse , mais , comme dit saint Chrysostome de son Constantinople, à cause du service de Dieu qui y est si conslamment et religieusement maintenu.

Et pensez , monseigneur, de quel cœur je voudrois les servir ; mais vous savez mes liens, que rien jusqu'à présent n'a pu rompre. S'il vous plaît donc , répondez à la demande qu'ils vous ont faite de moi. Je vous supplie très-humblement de leur fair^ savoir que ce n'est ni faute d'estime que je fasse de leurs mérites, auxquels je ne saurois jamais correspondre, ni faute de pouvoir que vous ayez sur moi , qui suis trèsentièrement vôtre , mais faute de pouvoir j que j'aie moi-môme sur moi-môme, que je ; no seconde pas leurs désirs , plus honora- ! blés cent fois pour moi , que je ne devrois prétendre.

AndemâoraDt, inoDseigDeur,quet>dvouB serez avec le grand et parfaitami, ressou- TGoei-vouâ par Tois de moi; car es m'eat trn plaisir incomparable de m'imagincr que, ne pouvant jouir du bonheur do voire présence , jo ne laisse pas de vivre en votre bienveillance de lous deux. J'éo-is sans loi&ir, mais plein de l'invarinble affection que j'ai d'être sans lin, roonfieigoeur, votre , etc.

LEimE CCLV.

B. FBJtKÇOte DB SALES, A KONSBIGNEDB HIl- DEBIIAM) JOSBB, ÉVÉQUE nB BION.

U la Ulldleauru promotion, Gllulfailmilleorrrei de unie* nd'imllié.

Intima sanâ ac peculiari mœstitiâ illustrissimi acrcvcrendlssimidominiAdriuai, pra;deces40risvestrJ,ol>itusanimummcum exagitavit el alTecit, non solùm proptor eam , (]uû tantum prxi^ulcin colcbam , venerationcm , aiit illuin , qui me vicis^ira oniiibat,bcncvolcnU3m;Eêd ideô maxime ,qa6d cclcbcrriroa SedunensisEcclesia, ac univcrsa Vallesionim gens, insigni iilo principe et pastore orbata, ioiquo tcmpora et prématuré remansissct, cùm religioaiâ avits tueTMliB,augeD(ta>vo caiholicxi ûdci zelo ac perltiâ, nemincm cum defuncto pra^sulecomparandum illis in parUbus esse putaremus.

Verùm ubi de illustrisEim» et reverendissimx dominationis vestite promotione à revercndissimo ecclcsiaï veBtras canonico, quihùc ordinalionis gratidaccesserat, deqne cumulatissimis persons veetrœ illustrissime dolibus , paulô fusiùs ac ubcriùs audivimus, tùm Vcr6 IrUlilia noslraverta eêt in gaadium (1), et luclas noster vertui eit m cylkaram (3), ut nimirùm Dec ingénies gratias ageremus, quM tacernammam in Jérusalem exlinguition etsel passas (3) , scd pru pâtre ûlium cxcilâsset , quem conslitueret super cîviUilcm illam Scdunenscm , quam et nos Sien appellamus.

Ilinc pcr amicos (iolcr quoa nobilis vir dominus Quartcrius in primia locum jampridem obtinct) illustriàsimam ac rcvorendissimam domioationcm vcstram salutavi-

H u bm-, 0. w, *i n.

mus: ettlbividirimpevtimlHUBlIhiatKm et admodùm reverendum abbatem Agan- □ensem, me quoqoe amidsBimè aalven jussit. Kc igitur, illustrissime et rerereodiasime prœsul , qus intercepta videbattir antecesBoris tui erga me amidtia, tnl, quam ei littaris tuis video, propensions, in eoque ingenti deslderio redivÎYa, mm lœtioracfirmior future est, BCduratnra.

Sic enim, quod ad me spectat,me tibi tulsque ratjonibug addictissimnm semper Tore polliceor, ut non modo pco ctMnmuni Qostree utriusque vocationis vincolo.fratcma queeque obsequia à me expectan debeas, sed etiam omncm, quam optan placuerit, servi fidellssimt et bumillimi a» curatissimam operam. Itaque sive veatis illustrissima ac reverendissimsa domin*' tionîs,conBecrationlc«lebr8DdGB,sive ni»

occaaio sese dederit , omnibus eliis oScils, quœ ë re sud suorumque fore eiistirnaverit, me aemper paretisiimum et obwquflntlielmum habebit.

Intérim non desinam impemiâs d Dondno Salvatore nostro petcre , ut Ubi miltit ttuxilium de tancto (1), quo navem illam tuam grevlssimis procellis agîtatam, sd optatum pacisacfeliciasimœ pietatisportnm salvam perducas.

Illustrisâimx ac revorendissimsB dominationiave3lra],etc.

Monseigneur, on ne peut assurément avoir plus de regret quo j'en ai eu de la mort de l'illustrisâime et révérend issi me prélut monseigneur Adrien votre prédécesseur, non-seuicmcnt è causedu respect que j'avois pour lui , et de la bienveillance dont il m'bonoroit, mais principalement parce que la trés-illuatre église de Sion, et tout lo paya de Valais se sont vus privés de la protection de ce grand prince, etduzëlede cet excellent pasteur, dans le temps qu'on y pcnsoit le moins, et qu'on en avoit le pina besoin pour confuntlre les hérétiques : car il fuut avouer qu'il n'y avoit pcr:«onne dans ces contrées, aussi attaché que lui à l'ao' cienne religion, aussi ardent pour la propagation (le la foi catholique , et aussi proprs à faire télé aux ennemis do l'Ëglise.

Cependant nous n'eûmes pas plutôt ap> pris la promotion de votre illustrissime et révérendissime seigneurie , et le détail dfl

qimlitët émiMnM, par un des Téoé* rables chanoines de votre église , qui est venu ici pour recevoir les ordres sacrés , qiM fioir» tristeste iê changea en joie, et nos airs lugubres en des chants d*aUé-' gresse. NousrendlmesàDieude grandes Actioi» de grâces de ce qu'il n'avait pas periniê que sa lampe fût éteinte en Jéru- «iliffli» et dé œ qu'il avoit remplacé le père par le fils pour l'établir sur la ville de Sion. Cette heureuse nouvelle, monseigneur, ne nous permit pas do différer plus longtemps de vous en marquer notre satisfaction , et de vous en féliciter par nos amis, entre lesquels M» Quartier tient un des premiers rangs depuis lonç-temps. Votre Seigneurie de son côté a euTa bonté de me faire ses remerciemens , par Tabbé do Saintr Maurice. Ainsi je m'aperçois, monseigneur, que l'amitié de votre prédécesseur envers moi, qui sembloit éteinte pour toujours , Va revivre plus que jamais par votre inclination pour moi , dont vos lettres me sont garantes , et par le désir ettréme que j'ai d'y correspondre en toutes tnaniètes.

Pour moi , J'ai l'honncuf de vous assurer que Je suis prêt à vous rendre non-seulement tous les services fraternels qui dépendent de notre commun ministère, mais encore tous ceui que vous pourriezattendre d'un très-fidèle et très-humble serviteur, étant plus qu'aucun homme du monde atta^ ché à votre personne et à vos idtéréts. Si âonc TOtre illustrissime et révérendissimo wigneurie a besoin de moi , ou pour sa consécration , ou pour quelque autre chose que ee soit, elle en peut disposer absolument dans tout ce qu'elle m'en jugera capable é'étre de quelque utilité , soit à elle-mOme, sait à ceux qu*il vous plaira de tne recommander.

Cependant je né Cesserai de conjurer IMtre divin maftre et notre Sauveur qu*il ffous envoie de son sanctuaire un puissant êseoutê pour conduire sans danger, jus- ^'ao port si désiré de la paix et de la bienbeareuse éternité, votre vaisseau qui est ig^té des plus furieuses tempêtes.

J'ai l'honneur d'être avec beaucoup de ntopeet, monseigneur, etc.

UBTTRBCCLYI.

s. FBAlfÇOIS DE SALES, A MONSEIOXEUH HIL- DEBRAND-JOSSE, ÉVÊQUE DE SION.

Il imk promet d'aller le trouver an Jour qu'il lai marquera pour le consacrer évéque.

Aprètl6lif6Trieffl<14b

Gratissimum mihi semper erit , si vestrae amplissimso ctrevcrendissiouB dominationi obsequium aliquod prœstare contingat : id enim à me Deus Sulvator, qui nos nobis invicem ûnitimos constituit, ut invicem alter alterius, quoad Geri potest, onera portemus; id veétrœ dominationis ergà mé jampridem contesta ta bcnovolentia, id vester ergà rempubiicam catholicam optimus et constans animus , jure suo postulare videntur.

Quare ubi dùm vestra dominatio reverendissima condixerit, non deero quin iuben tissimè oûicio consecrationls suîfi , amantissimi utinam et amatissimi promotorismunerc fungar. Sic caim apud me coostitutum est , domina tiohcm vestram illustrissimam et reverendissimam omni veneratione ac sîncerà dilectione semper et ubique prosequi. Intérim valo in Christo, illustrissime ac reverendissime prœsul , et eumdem Dominum Salvatorem babito propitium. Dominationis vestro) illustrissimae et reverendissimae , etc.

Monseigneur, ce sera toujours pour moi une chose très-agréable de me trouver dans le cas de rendre quelque service à votre seigneurie illustrissime et reverendissime : au reste , je ne ferai rien en cela qui no soit selon l'intention et la volonté de Dieu notre Sauveur, puisqu'il n'a permis que nous fussions si voisins qu'afîn que nous supportassions mutuellement les fardeaux l'un de l'autre. Je vous le dois encore , monseigneur, à titre de reconnoissance, à cause de la bienveillance que vous me témoignez depuis si long-temps. Enfin pourrois-je me dispenser d'obliger en toutes façons une personne qui a toujours eu une souveraine affection et un attachement constant et inviolable pour l'Église catholique ?

C'est pourquoi, aussitôt que votre seigneurie illustrissime et révérendissimo m'aura assigné un jour, je ne manquerai pas de me rendre auprès d'elle pour faire sft consécration, et de iû'y transporter avéô

LETOtES

tout le zèle doDt je sois capable. Cest ainsi qu'en toute occasion je prétends vous donner des preuves de mon amitié sincère, et du respect que je vous porte.

Cependant je supplie Jésus-Christ notre Sauveur de vous être toujours propice. J'ai l'honneur d'être votre, etc.

LETTRE CaVII.

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