LETTRE CCLXXXI
s. FRANÇOrS DE SALES , AU PRÉSIDENT FAVIB.
(Tirée de la vie du Salnl, par CliMiff. d« Stlin)
Le Saint st plaint à ton ami d'une ealomnie doBi on avoii noirci senfréros (i)auprèfdall.ledil de Nemours , et qui avoit réusai. Il dit que c'c»! un crime de l'aimer maintenant, telon la faços de penser des gens du monde, et recommanda il son ami le sileoca sur son compte, poar ne !• point Toir disgracié poar l'amour de lui.
Vera le t mare ma.
Etant de retour de Sales, où j'étois allé passer les jours du carnaval , j'ai trouvé le retour de nos déjà trop vieilles tribulations, jmr la calomnie faite contre mes frères. Je
(1) H. le baron de Toren», nomsé Bmaid do lalaa. m M. laaas «t lalae. etevaHarda lalia. «*-»-»^
• jôuerols de Vont cela , si ce n'étoit que vois monseigneur en colère et indignain. Cela m*est insupportable , à moi qui ai nt d'inviolables affections à ce prince , et iqiiel j*ai si doucement autrefois savouré bonté. Tant de gens faillent , tuent , asisinent, tous ont leur refuge à cette délace : mes frères ne mordint ni ne ruent, ils sont accablés de la ]i;ueur.
Quel mal leur fait-on, ni û vous? disent smécbans. On nou^ravit le bien le plus écieux que nous ayons, qii (t<>t la bonne soe de nos princes; et puis on Jit : quel al vous fait-on? Mon tfès-chcr T-ère, estpossible que sa grandeur ri/.-(i~.ie, qui, ime semble, prend plaisir ' ns. rapports a'on lui fait de mes frères, p' • ■ .v] : .'il a déjà ouvé que c'étoit ordinairev . (it îles imostoresT Néanmoins il les reçoit, il les roit, il fait des démonstationà d*une très- •rticulière indignation.
C'est crime pour tout le monde de haïr ) prochain, ici c'est crime de l'aimer, leflfiieurs les collatéraux, gens hors de rcroche, sont reprochés par autorité exmordinaire, seulement parce qu'ils m'ailent de l'amour qui est dû à tous ceux de 38 sorte. Certes, mon cher frère, j'ai la ioire d'être aimé par vous, et d'être pasionné pour vous ; mais puisque mon malteorest si grand, pour Dieu ne disons plus Dût désormais. Dieu et nos cœurs le sahent seulement, et quelques-uns dignes Tan secret amour.
Je vous envoie un double de la lettre que 'écris à monseigneur ; voyez si elle devra >u pourra être donnée : car, tout exlrême- Qent passionné que je suis en cette occaion, je ne voudrois que monseigneur se fâ- Iiàt; car, en somme, je ne veux plus que ous couriez fortune d'être disgracié. Un our viendra que de m'aimer ne fera plus «proche à personne, comme personne de «ux qui m'aiment entièrement ne méri* era jamais reproche.
LETTRE CCLXXXn.
s. FRANÇOIS DB SALES, A M. LE DUC