‹ Œuvres complètes; nouvelle édition collationnée et augmentée des lettres de Sainte Chartal, des lettres inédites de l'auteur, du portrait de lui et d'autographes (volume 3)Chapitre 174 sur 450 · DE NEMOURS · texte numérisé non relu

DE NEMOURS

(Tiré* de la ▼!* <la Saint, par Ch.-Ang . de Salai.) 48imt lai repréiente librement la manière dont les princes et gens en place doivent se oompor- 1er lorsqu'on leur veut (tire des rapports contre

ooslqo'an.

Vart le 4 mars itu.

MonseigneuTi la nuit est un mauvais té-

moin, et les voyages et œuvres de la nuit sont sujets à de mauvaises rencontres , desquelles nul ne peut ré{>ondre. Mais ces pauvres gens de bien, qui étoient revenus par la grâce de votre grandeur, prouveront que ces nuits ils étoient ailleurs, et seroient bien marris d'avoir ni coopéré ni consenti à telles malices. Je n'ai point eu d'autres insolences de leurpart,parce qu'en vérité ils n'en ont point fait. Monseigneur, je supplie très -humblement votre grandeur de me permettre la discrète liberté que mon office me donne envers vous.

Les papes, les rois et les princes sont sujets à être souvent déçus par les accusations et les rapports, s'ils donnent quelquefois des écrits qui sont émanés par obreption et subreption : c'est pourquoi ils renvoient à leurs cours, sénats et conseils, afin que, parties ouïes, il soit avisé si la vérité a été tue, ou la fausseté proposée parles impétrants, desquels les belles qualités ne servent à rien pour exempter leurs accusations et narrés de l'examen convenable, sans lequel le monde, qui abonde en injustices, seroit tout à fait dépourvu de justice. C'est pourquoi les princes no peuvent se disj^enser de suivre cette méthode, y étant obligés à peine de damnation éternelle.

Votre grandeur a reçu des accusations contre ces pauvres affligés et contre pies firères ; elle a fait justement de les recevoir, si elle ne les a reçues que dans les oreilles; mais si elle les a reçues dans le cœur, elle me pardonnera si, étant non-seulement son très-humble et trè&-fidèle serviteur, mais encore son très-affectionné quoique indigne pasteur, je lui dis qu'elle a offensé Dieu, et est obligée de s'en repentir, voire même quand les accusations seroient véritables ; car nulle sorte de parole qui soit au préjudice du prochain ne doit être eme avant qu'elle soit prouvée, et elle ne peut être prouvée que par l'examen , parties oiïïes.

Quiconque vous parle autrement, monseigneur, trahit votre ame ; et que les accusateurs soient tant dignes de foi que l'on voudra, mois faut-il admettre les accuses à se défendre. Les grands princes ne remet* tent jamais les places (4), ni les charges

(])t*a»t-è-dlra lat vOlta «t cnarre, les oltadenaa ellll

LETTRES

qu'à des gens de foi et de confiance ; mais ils ne lai-»senl pas d'entre fort souvent trompés : et ceux qui ont été fidèles hier peuvent être infidèles aujourdhui; comme ceux qui ont accusé ces pauvres gens peuvent, par leui^ déportemens précédens, avoir acquis la créance que voire grandeur leur donne, laquelle ils méritent de perdre dorénavant. puisqu*en abusant ils ont fait de si fausses accusations.

LETTRE caxxxin.

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