‹ Œuvres complètes; nouvelle édition collationnée et augmentée des lettres de Sainte Chartal, des lettres inédites de l'auteur, du portrait de lui et d'autographes (volume 3)Chapitre 178 sur 450 · FRANÇOIS 1>E SALES, A H.DESnATES · texte numérisé non relu

FRANÇOIS 1>E SALES, A H.DESnATES

CTirtodn monutère dt la VfslIaUon de U fille de Rouen.)

On fait de nouvelles lentatiTespourattirer S. François en France, el il marque de nouveau Toppo- •ition qu'il y sent. Il remercie M. Deshayes d'une expédition procurée à madame de Goufflcr, et

je n'oserois plus employer, il elto tous i voit être onéreuse en autre chose qaf\ votre peine et votre soin.

Je vous remercie encore, Monsieur, i la peine qu*il vous a plu de prendre po savoir si je pourrois obtenir un pritUé pour l'impression de ces petites besogfl que je pourrois faire dorénavant : etpniaq M. le chancelier ne trouve pas à propos

me raccorder, sinon pour le libraire q de runion d'an petit bénéfice à son chapitre, j^ i^j nommerai , il me semble que ie A

aussi bien que delà peme qu'il avoit prise pour i i„. ^^ „ „ . ,y\ i.. a^ i

demander à M. le chancelier un privilège pour ^^isser ce SOin-là au libraire même, qol (

tiendra le privilège pour soi à Taoeout mée. Mais jo scrois marri que M. le ohi celicr crût que j'eusse voulu tirer oou quencc du grand cardinal du Pcnron, moi qui sorois, certes, un téméraire soa daleux si je pensois m*appaner en prh lége à cet homme sans pair en doctrim éloquence et mérite ; aussi n*a-ce pas 4 sur SCS livres que ce désir m'étoit vMil mais sur des autres , comme par ezeiii|i de M. Vnladier, qui a fait imprimer tt passé ses sermons sous un tel privilège, do plusieurs autres, qui m*a fait esUiO' que ce n'étoit pas un privilège tant «- ■ cial ; mais puisqu'il Test, je ne le dé.4 plus.

Reste notre fils, qui en vérité a un C(W fort bon, et l'esprit encore meilleur; ma'« comme vous le dites , Monsieur, est p( friand et brillant , et pour cela nous tâch rons de recouper fort. 11 va en classe , pense monter à la Saint-Remi à la second il va commencer à apprendre l'écrilu d'un brave maître que nous avons ici. L pères n'ont pas encore été d'avis qu'on mît aux malhématiques de quelques mo et j'avois trouvé un de nos chanoines <] l'eût fort volontiers enseigné.

Le dimanche de Quasimodo il monta chaire pour réciter un poème héroïque la résurrection de notre Seigneur. Il ne peut dire de quelle grâce, avec quelle a» rance , avec quelle beauté d'action il p nonça cette besogne. Je lui dis après, qi avoit parlé avec beaucoup de hardiesse , il me répondit qu'il no falloit pas craînc en bien faisant. Au demeurant , il m'aii et mo respecte extrêmement, avec u crainte infinif» de me fAcher, et je crois q je ménage bien ce talent avec lui ; de tenir trop serré , cela lui nuiroit. Il eoi mence à prendre un peu de sentiment

l'impression de quelques ouvrages. Enfin ils'ctend assea au long sur les dispositions d'esprit du fils de son ami, qui étudioit dans le collège d'Annecy, et termine sa lettre en lui disant que le duc de Savoie avoit battu les Espagnols.

Anoecy, le 8 mal 161S.

Monsieur, je réponds donc à part à votre lettre du 1 0 avril , que je reçus avanthier 4**" mai, et n'ai rien presque à dire en celle-ci sur ce sujet-là ; car je parle tout à la bonno foi , et ne puis croire que Ton voulût me retirer au delà qu'avec la bienséance , sans laquelle je ne puis ni veux y aller, puisque je ne pourrois le vouloir sans offenser Dien et perdre ma réputation , do laquelle pourtant en tout cas , mais en celui-là particulièrement , j'aurois tant do nécessité.

Vous savez bien. Monsieur, qu'il faut plus de sujet pour faire remuer les vieilles gens que les jeunes , et que les vieux chiens ne prennent jamais le change qu'avec avantage. Au bout de là , je suis en vérité si peu de chose, que je ne suis pas même sans honte de voir l'honneur auquel , vous , Monsieur, et celui qui vous a fait la proposition , avez pensé pour moi. Je crois que vous jugerez bien que je ne puis point faire d'autre réponse à une proposition si générale.

Maintenant je réponds à deux autres lettres que je reçus le mois passé, et toujours obligé de vous remercier, puisque toujours vous ne cessez de m'obliger. Je vous remercie donc très-humblement de l'expédition de madame de GonlTicr , et de celle du petit bénéfice uni à mon chapitre ; vous conjurant, monsieur, de me faire savoir la dépense quo vous aurez fournie pour l'un et Tautre , afin que j'aie toujours la confiance de me prévaloir de votre courtoise entremise es occurrences, laquelle, certes,

DE S. m^lVQOIS DE SALES.

répntitioii qui lui aéra utile , car les remontrances qu'on lui faii de la part de l'honleur le touchent.

Je suis marri que notre collège n*est eneorepasensi bon terme comme la bonté et suffirânci^ de ces pères qui le gouvernent maintenant nous promet qu*U sera bientôt. lIsJs puisque nous aurons l'honneur de ▼DUS voir dans quelque temps , nous parlerons un peu ensemble de tout ce qui est requis pour la bonne conduite de ce cher enfant, qui est fort aimable; ce qui réussirai comme j'espère , extrêmement bien , •I sans doute ça été une vraie inspiration eéleste qui vous donna la résolution de le remettre un peu aux lettres ; car la vivacité de son esprit l'eût mis en grand danger en eette autre profession pendant ces deux ou Irais ans.

Scm altesse a battu ces jours passés les Espagnols , mais non pas avec grande effuson de sang. Il suffît qu'en ces trois ou quatre petites rencontres, Dieu a toiigours favorisé la cause du plus foible. Je pense que c'est pour avertir le plus fort de n'être pas si vigoureux. Je suis trop long, mais pardonnez au plaisir que j'ai de vous parler en la façon que je puis. Je prie Dieu qu'il vous comble de prospérités , et Suis , monsieur, votre , etc.

LETTRE CCLXXXVn.

s. VBANÇOIS DB 6ALBS , A L'EMPBBKim MATHIAS.

UStinis'exoase de do poavoir assister à la diète deRaiisbonne, coDVO(fuée le i*r février i6is, poar demander du secours aux princes de l'empire oottU« IM Tares, el à laquelle il fut invité •tmiBO prince de Tempire et soaverain de la viUe de Genève.

AaaaerJetfiial leiB.

Serenissimo et Invictissimo rom. imper.

Ustthiœ, semper augusto.

Quam velleln , imperatof augustissimo , maadatis majostaUs vestr» Geesarcœ ad amussim obtemperare posse. Comiliis ni* mintm imperialibus que nunc indicit, Intéresse , ingenium. si quod in me sit, opo- Mmque meam honoriflccntissimis suis conatibus impendere , ac denique augustissimum invictissimi Cassaris vultum coram venerari, verum hœreticorum gebennensium rebelUo , quae episcopalem banc caomni penitùs rerum humanarum

prassidiOi per summam perfidiam spoliavit, effîcit ne quod volo bonum, hocfaciam, Quare quod superest , serenissimo Cssar, nunquam intermittam, quin Deum , optimum, maximum, sacriBciis precibusque placare contendam, ut tribuat tibi auxilium de sancto , et omne tuum pium consilium conflrmet. Amen.

Très-auguste empereur, je voudrois à la vérité pouvoir toujours dresser mon obéissance au niveau des conunandemens de votre majesté impériale. Je désirerois bien d'assister aux assemblées qu'elle publie, d'employer mon industrie, toute telle qu'elle est , et mon travail , à ses très-honorables entreprises , et de rendre en personne l'hommage et l'honneur que mérite la très-auguste face de l'empereur catholique ; mais la rébellion des hérétiques genevois , qui , par une très-grande perfidie, a totalement dépouillé cette chaire épisoopalede secours humains, empêche que je ne fasse le bien que je veux : si est-ce que je n'omettrai jamais oe qui me reste seulement , de prier en mes oraisons et sacrifices le Dieu tout bon et tout puissant, qu'il envoie à votre migesté impériale êon secihêri d'en haut, et qu'il oonfirtne tout êon cou- $eil.

De votre ouijesté impériale » etc.

LBTTRB CCLXXXVm.

g. PBAlfÇOIS tm 8ALBS, A HADAMB DB CHAirrAL, ALTON.

(Ttrée ia monastèr* de laYtsiUUoo de It ville d'Amiens.)

H toi envoie un billet pour nue dame qui voaloit entrer dans le motiaitére de Lyon.

10 oui 1611.

Ma mère, hélas I c'est sans loisir quelconque : imagines-vous que c'est un billet pour une dame qui veut entrer. Je vous salue mille fois. Mon ame 8*élance dans votre esprit, si toutefois il faut user du mon et du voire entre vous et moi , qui ne sommes rien du tout de séparé , mais une seule même chose. J'écrirai par la première commodité , mais plutôt un échantillon de commodité , que j'emploie pour saluer mille fols un cœur maternel de toute mon affection filiale. Dieu , qui est notre unité, soità jamais béni. Je salue mes chères sœurs , mes filles. Vivez joyeuse en ce divin Jésus, qui est le roi des anges et

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des nommes. Je suis très^parfaitement en '• lui , ma très-chère mère, ce que nul sait | que lui-même qui l'a fait. A lui aussi en soient Thonneur, gloire et louange. Amen. Votre, etc.

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