‹ Œuvres complètes; nouvelle édition collationnée et augmentée des lettres de Sainte Chartal, des lettres inédites de l'auteur, du portrait de lui et d'autographes (volume 3)Chapitre 179 sur 450 · LETTRE CCLXXXIX · texte numérisé non relu

LETTRE CCLXXXIX

s. FRANÇOIS DB SALES, A MADAVI DE CIIAXTAL.

tire calomnié est une marque de l'approbation de

Diea; le:» peines intérieures sont un eicellcnt

nio>eii de parvenir à la perreciion. La cbariië

gnil les cœura, en quelque distance que soient

les corps.

18 mal 161S.

Je loue Dieu , ma très-chère mère , de quoi cette pauvre petite congrégation de servantes de la divine mojesté est fort calomniée. Hélas 1 je regrette les péchés des calomniateurs : mais cette injure reçue est une des meilleures marques de Tapprobation du ciel : et , afm que nous sussions entendre ce secret, notre Seigneur luimême de combien de façons a-tril été axlomnié ! Oh ! que bienheureux 9ont ceux qui endurent pertéculion pour lajtis-

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Votre affliction intérieure est encore une persécution pour la justice , car elle tend à bien ajust. r votre volonté à la résignation et indifférence que nous aimons et louons tant. Plus notre Seigneur soustrait ses consolations sensibles, plus il nous prépnrc de perfections, pourvu que nous nous humiliions devant lui , et que nous jetions toute notre espérance sur lui.

Il faut cultiver la très-sainte indifférence à laquelle notre Soigneur nous appelle. Que vous soyez là ou ici , hélas 1 qui nous jmit séparer de l'unité qui est en notre Seigneur Jé^m'Christ ii)^ Enïin celte chose désormais, ce me semble , qui n*ajoute plus rien j)Our notre esprit, que nous soyons en un ou deux lieux , puisque notre três-aiir.nble unité subsiste partout, grâces à c^lui qui Ta faite : combien de fois vous ai-je dit, ma très-chère mère , que le ciel et la terre ne sont point en assez grande distance pour éloii^ner les cœurs que notre Seigneur a joints! Demeurons en paix sous celle assurance.

(1) Dffttl qnl penccotionem paUantar propter Jiiitlliaiii. qiiuuUui ipKuruui e»t renaum coeloruiu. Matth. , ii. f, T. 10.

( j Qui» nos sep«rtbU à chariUle CbrisUf Boa.,o. vnt, f . M.

J'aime bien mieux que Ton se fie tont eft ▼eus de la maison ; car cela se fera fort doucement et suavement, pourvu que Toii vous laisse votre liberté , et qu'on se repose sur votre foi : mais je crains qa*on ne veuille vous arrêter là ; ce qui seroit une cos;itation injuste, et que je ne pourrob ouïr. Je dis la cogitation; car de refletû n'en faut point parler. Il faut donc en cet article parler suavement et justement, et arrêter que vous aurez un soin trësdsuffisant de cette maison-là.

Il faut garder comme la prunelle de l'œil la sainte liberté que Tinstitut donné *pour les communications et conférences spirituelles. L'expérience me fait voir que rien n*est si utile aux servantes de Dieu, quand elle sera pratiquée selon nos règles.

Je réponds que la vivacité de ces esprits nourris en leur propre jugement ne m'éumneroit point, pourvu qu*on leur eût proposé les maximes générales de la douceur, charité et simplicité, et le dépouillemeal des humeurs, inclinations et aversions oaliirellcs , qui doit régner en la congrégition : car enfin , qui ne voudroit recevoir que des esprits avec lesquels il n'y eût point de peine; les religions ne serviroienl guère au prochain , puisque ces espritSf^à feroient presque bien partout.

0 ma très-chère mère I vivez joyeuse, toute bravo, toute douce, toute jointe au Sauveur : et plaise à sa bonté de bénir la très-sninle unité qu'il a faite de nous et la simciificrdeplusen plus. Jesalue nos chères sœurs, liélasl que je leur souhaite de pe^ fcclion !

Ce treizième jour de mai (1) (161 5) au* quel je commence la vingt-troisième année de ma vie en l'état ecelésiastique, plein de confusion d'avoir fait si peu d'état de vivre en la perfection de cet état.

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