‹ Œuvres complètes; nouvelle édition collationnée et augmentée des lettres de Sainte Chartal, des lettres inédites de l'auteur, du portrait de lui et d'autographes (volume 3)Chapitre 215 sur 450 · PHANÇOIS DB 8ALBS, A imB SCPfanTOBB DB LA YISITATIOlf · texte numérisé non relu

PHANÇOIS DB 8ALBS, A imB SCPfanTOBB DB LA YISITATIOlf

Dfen nous regarde avec amonr, poanra qae noua ayons bonne volonté, qaand inên|B nona seriona de grande péeheora. Le eeiiir de Jéaur doit être l'objet de noire amonr ai de nairt complaisance. Le vrai amonr de Dieu ne conaiste paa dans lea conaolationa. Nos imperfeetiona ne doivent ni nona plaire, ni nona étonner, ni noua décourager. Dien «iaie I homme Imparfait, qooiqull n'aima pu tes ImperfecUons.

AMMey, lifèTtlarMiab

Ce m'eût été une consolation sans paire, de vous voir toutes en passant ; mais Dieu ne l'ayant pas voulu , je m'arrête à cela ; et cependant, ma très-chère fille, très-volontiers je lis vos lettres et y réponds.

0 Notre-Dame I ma très-chère fille , si notre Seigneur pense en vous, et s'il vous regarde avec amour? Oui, ma très-chère fille , il pense en vous ; et non-seulement en vous , mais au moindre cheveu de votre tète (4) : c'est un article de foi , et n'en faut nullement douter; mais je sais bien aussi que vous n'en doutez pas , mais seulement vous exprimez ainsi l'aridité , sécheresse et insensibilité en laquelle la portion inférieure de votre ame se trouve maintenant. Fraiment Dieu est en ce lieu , et je n*en savois rien (% , disoit Jacob ; c'est-à-dire, je ne m*en apercevois pas , je n*en avois nul sentiment , il ne me le semblolt pas. J'ai parlé de ceci au livre de VAwumr de Dieu^ traitant de la mort de la volonté et des résignations ; je ne me souviens pas en quel livre (3). Et que Dieu vous regarde avec amour, vous n'avez nul sujet d'en douter; car il voit amoureusement lesphis I)orribles pécheurs du monde , pour peu de vrai désir qu'ils aient de se convertir. Et dites-moi , ma très-chère fille , n'avez-voos pas intention d'être à Dieu ? ne voudriezvous pas le servir fidèlement? Et qui vous donne ce désir et cette intention , sinon lui-même en son regard amoureux? D'examiner si votre cceur lui plaît , il ne le faut pas faire ; mais oui bien , si son cœur vous i plaît : et si vous regardez son cœur, il sera

(I) Vefirl •aplUleapllIs ombm naMiatl snat Batti.

O.X, ▼. so.

Capllliit de capltt teilro one ptvIMI. Loo-, «. m, v. 19, (f) Verè Dominas est la loco Mo, et offo otoiifcii.

Cbw., «. un, V. IS.

(S) C'est M iiTr* IX, c m, sii, am, biv, aval an.

SM

LETTRES

milieu des prédications et d'un grand peuple, et plus grand que jo ne pensois pas; mais si je n*y fais rien, ce me sera peu de consolation.

Croyez que cependant je pense à tous momens à vous et à votre ame, pour laquelle je jette incessamment mes souhaits devant Dieu et ses anges, afin que de plus en plus elle soit remplie de rabondancc de ses grâces. Ma très-chère (iile, que j'ai d'ardeur, ce me semble, pour votre avancement au très-saint amour céleste, auquel, en célébrant ce matin, je vous ai derechef dédiée et offerte, m'étant avis que je vous élevois sur mes bras comme on fait les petits enfants, et les grands encore quand on est assez fort pour U^s lever. Voyez un peu quelles imaginations notre cœur fait sur les occurrences. Vraiment je lui en sais bon gré, d'employer ainsi toutes choses pour la suavité de son incomparable affection, en les rapportant aux choses saintes.

Je n*ai manqué de faire une spéciale mémoire du cher mari défunt. Âhl que vous fîtes néanmoins un heureux échange en ce jour^lâ, embrassant l'état de cette parfaite résignation, auquel avec tant de consolation je vous ai trouvée ! et votre ame, prenant un époux de si haute condition, a bien raison d'avoir une extrême joie en la commémoration de rheure de votre Gancement avec lui. Or sus, il est vrai, ma trcs-chèro fille, notre unité est toute consacrée à la souveraine unité ; et je sens toujours plus vivement la vérité de notre cordiale conjonction, qui me gardera bien de vous oublier jamais, qu'après et longtemps après que je me serai oublié de moi-même, pour tant mieux m'attacher à la croix. Je dois à jamais tâcher de vous tenir hautement et constamment dans le siège que Dieu vous a donné en mon amo » qui est établi à la croix.

Au demeurant , allez de plus en plus , ma chère fille , établissant vos bons propos , vos saintes résolutions; approfondissez do plus en plus votre considération dans les plaies de notre Seigneur, cfù vous trouverez un abtmede raisons qui vous confirmeront en votre généreuse entreprise , et vous feront sentir combien est vain et vil le cœur qui fait ailleurs sa demeure , et qui niche sur un autre aii}re que celui de la croix. 0 mon

Dieu ! que nous serons heiireu&, ai b«ui vivons et mourons en ce saint tabemaclet Non , rien , rien du monde n'est digne de notre amour : il le faut tout à ce Sauveur qui nous a tout donné le sien.

Vraiment j'ai eu de grands sentimens, ces jours passés , des infinies obligations que j'ai à Dieu ; et, avec mille douceurs, j*ai résolu de rechef do le servir avec plus de fidélité qu'il me sera possible , et tenir mon ame plus continuellement en sa divine présence ; et avec tout cela , je me sens une certaine allégresse , non {«int impétueuse, mais ce me semble , efilcace pour entreprendre ce mien amendement. N'en semvous pas bien aise , ma chère fille , si un jour vous me voyez bien fait au service da notre Seigneur? Oui, ma chère fille; car nos biens intérieurs sont inséparablemeAl et invisiblemont unis. Vous me soubaiin perpétuellement beaucoup do grâces; et moi , avec ardeur nonpareille , je prie Dieu qu'il vous rende très -absolument touts sienne.

Mon Dieu l très-chère fille de mon ame, que je voudrois volontiers mourir pour l'amour de mon Sauveur! Mais au moins, si je ne puis mourir pour cela, que je vive pour cela seul. 0 mu ûlle, je suis fort presse: que vous puis-jo plus dire, sinon que m .même Dieu vous bénisse de sa grande bénédiction ?

Adieu, ma chère fille : pressez fort os cher crucifié sur votre poitrine. Te le sup* plie qu'il vousserreet unisse de plus enpliii ' on lui. Adieu encore, ma très-chère filte» ', me voici bien avant dans la nuit, mab plus avant dans lu consolation que j'aide m'imaginer le duux Jésus assis sur votre cœur. Je le prie qu'il y demeure au grand ' januiis.

LETTRE CCCLXÏU. ^

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