FBANÇOIS DE SALES, A VIŒ hAMË
(Tiré* da ■ODOlèrt de U VUluitoe ém CMkwif M*
lAcqow.)
Il loi marque l« peine qu'il a des difllealléf qi'ia forme dans od mariafe.
AaMej» 10 mal lêVk
Madame , j'ai su par une lettre de madame de Chantai, que le désirable mariage qui fut conclu en mon logis se trouvoit plein de difficultés en l'éclaircissement des articles particuliers ; et je confesse que , le croyant si convenable et propre au cootenlement des parties et de leurs amis, je ne puis m'empôchcr d'en être en peine.
Ensuite de quoi , comme je conseille à madame de Chantai de ne peint s'arrêter à la diminution des espérances que nous avions des biens , aussi vous commis-je , madame , d'apporter de votre côté tout ce qui peut faciliter et rendre douce et agréable l'exécution d'une si bonne œuvre , et de prendre la méthode la plus claire et franche; et cependant je demeure très-assidûment , madame , votre , etc.
Je souhaite mille et mille bénédictions à mesdemoiselles vos filles, que je chéris et honore de tout mon cœur, et suis leur icrviteur.
DE S. FftAI«ÇM.S t>K SALES.
LETTRE CCCXXVn.
VÇOIS DE SALES , A UNE DAME MAIHÉE A GaENOBLE.
I prm8i«rmoDtstère de U vtolUiUon h ■anelUe.)
beareose mère de Chi OUI, ayant consommé idation du monastère de Sainle-M«rie de >bleetvoulanl repartir pour Annecy, laissa, continuer la bonne ouvre A sa place , la Péronne-Marie de Chastel. Il l'engage A »ler la mère de Chaste! dn départ de la de Chantai, en attendant qu'il puisse lui
I A elle-même.
Annecy, lo nul 1618.
r moi , ma chère fille , je n*écris à ce [u'à vous; car je m'imagine que la mère (4) sera partie , et ce porteur on personnage qui fait profession des grandes connoissances de monrotre mari , et ne me donne que ce it pour vous écrire. Mais que vous 5 ? Ceux qui n'ont qu'une volonté et cœur, c'est-à-dire ceux qui pour î cherchent que le divin amour céet que la volonté et le cœur du Sau- &gnent , ils sont inséparables. C'est loi , ma très-chère fille , prenez la je vous prie , de dire cela de ma part œur Péronne-Marie (?) , laquelle, au de celte chpre mère (3), sera, je dé- , un peu attendrie ; mais qu'elle soit c que Dieu l'assistera en sa besogne ; a première commodité je lui écrirai ème. Cependant vivez toutes à ce îl pour ce cœur du Sauveur, ma Irèsfilie , et je suis , certes , votre très- «ment, et voire serviteur, etc.
ame la présidente Leblanc sait bien je lui suis ; et, pressé de donner vit ce billet , je ne lui puis écrire. Je la léanmoins de tout mon cœur.
LETTRE CCCLXVin.
VÇOIS DE SALES, A LA HÈRE PÉRONNElE DE CtlA^TEL, SUPÉRIEURE DUMONASi DE LA VISITATION DE SAINTE-MARIE , JSNODLE
la tle de madame de Chantai, par\la mère de Cbaof y.) ^ ^
it approuve le choix qu'elle avoit fait d'un confesseur à Grenoble.
Aprèi le 10 mal leit.
'ous dis, ma très-chère fille, que
Ibantal. Après avnlrfondé un monastère de la VI- I Grenoble, elle 7 av oU laUié la mert de ChafMl é de<«iipèrleurc.
CbatUl. — (S) De ChantaL
non-seulement vous pourrez , mais encoro que vous f^rez parfaitement bien d'ouvrir votre cœur au révérend père Isnard tout candidement : il est non-seulement docte et religieux . mais il est encore tout spiri* tuel et tout de Dieu ; votre cœur bien-aimé aura de la consolation et du profit à recevoir ses avis.
Il faut que je vous dise, ma chère fille, que, gardant votre liberté , je trouve qu'en plusieurs rencontres il y peut avoir un iih comparable avantage, sans s'attacher toutefois à des directions singulières, de faire passer le jugement de quelqu'un par-dessus le vôtre pour votre conduite intérieure.
LETTRE CCCLXIXa
s FRANÇOIS DE SALES, A U. DE FORAX, GEIV- TILnoiUIB DE LA CHAMBRE DB M. LB DUC DB NBMOURS, A PARIS.
(Ooaaulqaéo par M. le caré d« réfllit da Si.-Loalf
de Paris.)
Il lui deaiandedef nouvelles du mariage do dn
de Nemoura.
18 mai 1618.
Monsieur mon frère , quelle apparence y auroitril de laisser partir ce porteur de mes amis et confrères, sans lui donner ces quatre mots ? car ne fautril pas , le plus souvent que l'on peut , ramentevoir cette i juste et inviolable affection plus que frater-' nelle que mon cœur a envers vous ? il est vrai , monsieur mon très-cher frère , plus Klionneur et le bien de vous revoir m'est différé, plus ce sentiment va crotseant en moi.
Au reste , on nous a annoncé de toutes parts le mariage de sa grandeur, mais j'attends que vous me le fassiez savoir avani^ que j'en témoigne ma joie, comme je dois, à sadite grandeur, avec laquelle je mo ré« jouirois bien davantage, si on ne notis asi* suroit pas , par la môme nouvelle, qu'elle se résout de ne venir plus ici. Or sus , la Providence divine sait ce qu'elle a à fuira de nous. Cependant aimez toujours constamment, monsieur mon frère, celui qui à jamais , sans cesse et sans réserve » est et •veut être votre , etc.
On dit toujours que M. le cardinal fera son voyage» et que je raccompagnerai*
LETTRB CCCLXX.
s. FRANÇOIS DB BALES, A N. DE fORAX.
rtlrteitt liecnaDUBli «u (iBlmlre. 1 liir-}
Il ■• lilouit du narii^E de moDitiïDeuT le dno t
En somme il est donc vrai , monsieur mon frère , que Icb étoiles ne sont plus en vue quand le soleil l'c^t sur notre horizon et qu'ainsi ce grand contentement que vous sontemplez au mariage de monsieur, vous vaut tellement , que nous ne sommes plus en mémoire. Or sus , nous nouâ réjouissons , certes , avec vous , et de tout notre cœur, de ce même bonheur , que nous timons grand ; mais nous avons su cette heureuse nouvcllo à tâtons , ramassant çà et là les assurances que nous en avions parmi le bruit qui s'en faisait, car ni monsieur, ni aucun de sa part, ni nul homme du monde ne nous en a donné aucun avis. Mais Diou soit loué, et veuille multiplier ses bénédlctionB sur cette Minieliaison; et vous, monsieur non frère, passé ces premiers ravissemens que la grandeur de votre joie vous donne, vous vous démettrez , je m'assure , à nous vouloir encore un peu gratifier do votre bienveillance : cependant croyez que , quant â moi , je demcun< immobile en l'affection que j'ai do vivre a jamais, votre ,etc.
LETTRE CCaxXI.
S. PUNQOIS DCSAUta, A UHB lANTB.
IlMDtale une de sei Unies dant fes aOlicUont, p(T Iw moliri Mditieiref.
Hadnme, j'ai regardé avec compassion l'état de votre cœur , dès que J'ai su le déplaisir qu'il a ref u ces jours passés : car , encore que je aacbe bien que, grâces à Dieu , l'eipérience et accoutumanco que TOUS avez faites, dès quelques années en ci , à louiTrir les raécontenlemena , aura affermi votro ame et animé votre courage ; et pour n'être plua si extraordinairement sensible à ces coups inévitables de ooL'a oondltion mortella , si est-ce quo d'ailleurs je crains que cesoliargee si friquentea n'étonnent voire résolution.
Hais luutcfois , mnbime , je ne laisse pas
d'espérer qu'tqirèf tant d« eouidératioDi que vous avez faites sur la vanité de cette vie , ol sur la vérité de la Allure ; après tatt de protcàiations de vouloir être irrévocablement attachée à la suite de >n Protidence céleste, vous ne trauviez nne parfaite consolation au pied de la croix de notra Seigneur , où la mort nous a été rendu meilleure que la vie; et cette illuioad» la vie de ce monde n'aura pas eu lecrtM, je m'assure, do vous faire démarctodcs résolutions que Dieu vous Qt prendre SOT les événemens d'autrefois.
En somme , madame , il faut t'wccmmodéra la nécessité, et la rendre util» i notre félicité future , à laquelle nous w devons ni pouvons aspirer que par le chv mio de croix, d'épines, d'afflictions. Et en vérité il importa peu, ains il impart* beaucoup à ceux que nous chériseonB.qv leur séjour soit court parmi les tracas et les misères de cette vie. Et quanta nom, cela ne nous toucheroit point, si oousnvions considérer que c'est la seule étemits à laqueilo noua devons dresser loua nosdisirs pour Dieu.
Ma très-chère tante , et certes, poor parler selon mon c4Bur , ma très-cbèreSlie, no vous luisjCï pus em^rtcr au torrent dés adversités, ains attachez-vous au pieds de notre Seigneur, et dites-lui qi» vous êtes sienne; qu'il dispose de vou, ctdocequ'ila voulu être vôtre à son g(é, en vous assurant, et à vous et aux vétres, la très-sainte éternité de son amour : ces momens do méritent pas qu'on ypcnw, sinon pour parvenir à ce bien. Je sui>> madame , votre , etc.
LETTRE ccaxxn.
s. FKANÇOIS DE SAIES , A UNE DAMC
vous dirai , madame , mais aussi , s'il vous plaît, ma très-chère fîllo, qu'il c5^ impossible de n'avoir pas de rcssentime»^ de douli'ur en ce» séparations ; car enco*^ qu'il benibloquo les unions qui ne tienneï*^ qu'au cœur et à l'esprit, ne soient pas st>' jiittes à ces séparations extérieures , nim»^ laisirs qui en procèdent ; si OdtK» qa^ liindis que nous sonunes on cette vie mor^
loud les sentona, d'autant que la disles lieux empêche la libre commun des âmes , qui nu peuvent plus voir ni s'entretenir qUf^ par cet ofljce
très.
I pourtant , ma trè3-c)ïère ûlle, il y a i quoi vivre conlea^én la très-sainte m que Dieu donne aux âmes unies 8 dessein de le servir , puisque le est indissoluble , et que rien , non ^me la mort , ne le peut rompre , rant éternellement ferme sur son ble fondement , qui est le coBur de pour lequel et par lequel nous nous ona.
MIS voyez , ce me semble , déjà en 'oles le désir que j'ai que vous vous de mon orne avec confiance et sans ). Que si de m'écrire souvent de ce ^rde la vôtre vous sert de consola- >mme vous me le signifiez, faites-le mment ^ car je vous assure que la ition sera bien récipro(}ue ; et que itdit une fois pour toutes.
?s , je le dis en vérité , je vous chéris irticulièrcmont , dès que je vis en ^ur les arrhes du saint amour de ivers vous , témoignées par les at- [u'il vous fait à son service. Biense que vous serez , si , comme vous ioluo de faire, vous les recevez humit , et les pratiquez fidèlement, ainsi toute mon afTection je le souhaite , :*antà jamais, ma très-chère ûlle, et 9ur vraiment paternel i votre , etc.
LETTRE CCaXXIIL
FBANÇOIS DE SALES, k MADAME DE CUANTAL.
iqoéa ptr M. Tabbé d« BoonleUl*, 4« la Mlh^ dralo de Trojei.)
. lui rend compte da Télat où il IromroU es, et lui parle de quelques auUes aflaires iliéres.
10 mal 1619.
) tardoit bien fort» ma irès-chère et le tendre mère, de vous écrire dès je suis arrivé , grâces à Dieu , en santé : mais quel moyen , je vous . cet abord , par le^ûux et reflux de , et quelques affaires que j'ai troulur Piémont en UuLio. CiMies , je n'ai ) deux fois voir nos chuiu'o sœurs , {
qui sont fort bien. Ma sœur Â. Marie es* fort dévotement sage, comme vous n'en doutez pas : ma sœur Paul lliéronyme , ù ce qu'on m'a dit, fait mcrvcillo . et votro économe fait des miracles , hormis que ma soBur A. Jacqueline lui parle toujours savoyard et de la monnoie de Savoie , et elle ne l'entend pas , il faut des truchemens.
Hier je permis à la sœur Louise-Marie d'aller voir sa mère en la compagnie de ma sœur Â. Marie, parce qu'on no la pouvoit faire résoudre à se confesser , quoiqu'elle fût en tel danger , que les médecins croyoient qu'elle dût mourir cette nuit, ce que toutefois elle n'a pas fait , encore bien qu'à ce qu'on dit elle ne puisse pas aller loin. On lui a piirlé de 800 florins qu'elle avoit promis à la maison ; mais elle a remis à le faire quand elle pourra au déçu da son mari : on court donc fortune de les perdre.
Les pères de Saint-Dominique semblent vouloir m'obliger du jardin, sans nous contraindre de vouloir le jardin des barnabites; toutefois je ne vois encore rien d'assuré.
Le nous et notre ne me déplaît pas , et toutefois il faudra le modérer , en sorte que par trop grande habitude de parler ainsi , on ne rende pas les défauts , péchés, imperfections communes, et les confessions inintelligibles aux confesseurs étrangers ; et parlant il semble qu*il suffiroit de dire iU)Uê et noire de tout ce qui est vraiment commun , comme notre chambre , notre chapelet , notre travail , notre sœur , notre mère , notre exercice du matin, je n'ai pas été à notre dîner, j*ai pensé dans notre lit , et semblables.
Si pour ne point différer de donner l'habit à notre sœur de Collesien jusques après votre départ, monseigneur de Chalcédoino veut dispenser du temps du premier essai il faut excepter la dispense pour cette fois, et le supplier par après de n'en point dis* penser que pour de dignes sujets , attendu que la règle de Cet essai est fort ntilç à la congrégation.
J'ai envoyé à ma sœur A. Marie , poni avoir le double du contrat de M. le premier président.
£t à propos de M. le président, madame la pranuèra mafit eoteôdre, en passante Chambéry , qu'elle désiroit bien qoa sa (âï$
ds:
UETTIIES
fût envoyée à Turin (4), si on la pouyoit bonnement retirer de Lyon , ce que je ne pense pas. Madame de la Rode m*en a dit autant de la sienne , et par conséquent vous voyez , ma chère mère , qu'il y a un peu de considération humaine en ces bons p^res ; néanmoins je vous dis tout , afin que vous le considériez et ruminiez pour votre retour. Et peut-être qu'on ne me demande de sœurs de deçà que pour un court emprunt . mais laissons cela.
Je parlerai à madame Carra, qui ne presse nullement la réception de sa fille, et lui est indifférent que ce soit ou un jour ou l'autre. Ma sœur Françoise-Marguerite, ce me semble , n'aura achevé son année do probation que la veille de S. Claude, avec ma soeur Michel et ma sœur Claude Jacqueline.
Je serai bien marri si le mariage de monsieur de Chantai (2) ne réussit au gré ce ceux qui le regardent, et ne m'étonne pas toutefois si la bonne madame Tislard va un peu moins rondement que n'avons pas fait de notre côté ; car elle n'a pas peulrétre encore bien dépouillé la robe du monde , ni perdu la coutume de parler selon la sagesse du monde. Je serois pourtant bien aise de savoir en gros comme cela se sera passé , ne me pouvant empêcher de cette curiosité, à cause du contentement que je souhaite à votre Cclse-Bénigno , et certes encore à cette fille que je chéris pour Tamour de ma très-chère mère, comme ^si c'étoient mes frères et sœurs.
Je consens très-librement que ma sopur Péronne-Marie (3) communie trois, voire quatre et plus encore de fois la semaine, jusqu*à l'édition des règles, et que toujours une des sœurs communie avec elle; et quand elle ne communiera pas, qu'une sœur communie, en sorte que toujours quelques communions se fassent tous les jours : car je me confirme toujours plus au désir que je vous ai communiqué, qu'en cette congrégation la communion y soit quotidienne de quelques-unes des sœurs à tour, pour les souhaits que le sacré concile de Trente fait de voir que quelqu'un communie à chaque messe, ainsi que je le déclarerai plus à pleines règles.
(1) Ponr la fondatloa d'an moDattèr* d« Salnte.Varl«. (f) Celae-BeolKoc é» CkuMÏ, Ito i« U JUaahMiWM ■èrtdsCiMauL (•) !>• CkaaUL
Je croîs fermement que ma floor B. IL m'aime singulièrement, et n*a pas tort , itf aussi madame de Gramieoz , qui m'est I It vérité précieuse. J'ai envoyé à ma sont Françoise-Marguerite pour faire arrêter les mille ducatonsà Dole. On me toarmento fort ici à l'occasion de votre passage à Lyon, d'autant , dit-on , qu'il vous poantMt causer du mal ; à quoi je vous supplie de prendre soigneusement garde : car penseï û rien m'est si cher après la sainteié de no» tre ame , que la santé de ma mère. Je pems que j'ai tout dit quant aux affaires.
Faites-vous hardiment commuoiquerks lettres que j'ai écrites à ma sœur B. M.; car il y en a, à mon avis, qui sont bien bonnes. Puisque vous voulez toat avoir, j'en ai écrit une bonne une fois à monsieor de Vissilieu ; et si j'ai le loisir, j'en écrini une autre à madame de la Baume , et vous l'enverrai en cachet- volant ; mais il la fandra bien cacheter : car je ne sais pourquoi, i mais il est vrai que les avis secrets Arappeat mieux le cœur, jusqu'à ce qu'on soit fort avancé au renoncement de son propre amour. Je salue d'un cœur incomparablement paternel toutes nos chères filles , que j'aime tous les jours plus, m*étànt avis que je dois cela à l'affection qu'elles ont de servir Dieu. En somme, je me repose ea vous comme en moi-même pour bien faire mes honneurs et mon amour envers les bénites âmes qui m'aiment pour l'amour de notre Seigneur. II faut remettre les lettres que j'écrirai à madame de la Baume et à monsieur de Pizançon et à madame Odoyer, à monsieur Durme, afin qu'il les rende, car il le désire.
Madame la conseillère Le Maître me prie de la vous recommander ; et sans doute elle a besoin qu'on assiste son ame , pleine de bonne volonté , mais un peu sujette aux abattemens de courage et de mélancolie; c'est pourquoi il la faut encourager, et un peu prendre par la main. Vivez toute'en la vie et en la mort de celui qui vit pour nous faire mourir à nous-mêmes , et est mort pour nous faire vivre à lui-même. Ainsi soit-il , ma très-chère et très-unique mère. Amen.
Je ne vous dis rien de M. Bouqueron e* de ses filles, car vous savez assez de quel cœur je suis pour elles et pour mesdames de Saint-André. Or sus , vive Jésus.
sts
GMheleK bien oes tettres après que tous les avrex vues, et vous les remeltrez au bon BOosieurDurme, auquel j'écris qu'il les donne. J'abonde un peu on dileclion , et ces parolesd'icelle en ces commencemens, vous savez que c'est selon la vérité et la variété de ce vrai amour que j*ai aux âmes; mais tenez-moi bien es bonnes grâces de celle qui veut être plus de mon soin.
Je ne vous envoie pas le contrat» d'autant que je n'ai pu le faire copier; et si, il ■le semble qu'il n'est pas trop bien fait : mais je vous en écrirai plus amplement. Dieu soit béni éternellement dans le cœur de ma chère mère, comme dans le mien propre. Aimez bien madame de Granier ; car quant à madame B. Marie, il y a si longtemps qu'il no le faut plus dire.
J'ai reçu la lettre que vous m'écrivez du tt de ce mois , allant donner la dernière bénédiction àmadame la procureuse fiscale, qui a perdu tout sentiment.
Faites bien sécher les cachets-volans, afin qu'on ne s'aperçoive que les lettres aient été vues.
LETTRE CCaXXIV.
t. nukiiçois ns sales, au RÉvénBNn père
DOM PLACIDE, BBiNSOICTlN.
Son MUme poor ane reliRieose : beUes fnstraeli«M qull en tire : ton humilité. Bihorlttion à •imer U croii. Il solennise tout les tnt l'annivenaire du jour qu'il reçut let ordret moindret el le tottt-diaconat (i).
Annecy. It jnln 161t.
Mon très-cher père , je puis vous assurer que notre chère sœur Françoise-Gabrielle Bailly, votre sœur, m'est aussi chère que si c'étoit la mienne propre , sa piété m'y ayant convié , et loue Dieu de ce qu'elle reçoit et donne beaucqup de consolation en la congrégation de nos chères sœurs. Notre mère d'ici l'aime parfaitement, et nous voyons que c'est un vase bien poli , vide, ouvert pour recevoir de grandes grâces célestes; car c'est une ame droite, un esprit vide et dénué de toutes les choses de ce monde , et qui n'a pensée ni dessein que pour son Dieu. 0 qu'elle est heureuse en cet état 1 Car peu importe le temps passager à une ame qui aspire à Téternité , et qui ne regarde les momens périssables que pour aller en la vie immortelle. Àhl mon cher
CD
I père, mon frère, vivons ainsi en ce petit I pèlerinage joyeusement selon le gré de nos hôtes, en tout ce qui n'est point péché. Je sais que votre ame est de celles desquelles les yeux vont défaillans , à force de regarder le sacré objet de leur amour, en disant : Quand me eonsolerez-vous (1)?
Vous me demandez quelque instruction pour commencer une bonne vie religieuse. Ah ! vrai Dieu , mon cher père , moi qui ne fus jamais seulement bon clerc , m'appartientril d'instruire les saints religieux ? Portez doucement et amoureusement votre croix, laquelle, à ce que j'entends, est assez grande pour vous combler de ses bénédictions , si vous l'aimez.
Quelque petite occupation m'empêche de répondre à souhait à la douce lettre que vous m'avez écrite. Seulement je vous dis que c'est aujourd'hui le jour que je fus consacré à Dieu pour le service des âmes : je solennise tous les ans ce jour avec le plus d'affection que je peux , me consacrant de nouveau à mon Dieu. Enflammez mon sacrifice de l'ardeur de votre charité, et croyez que je suis votre , etc.
LETTRE CCCLXXV.