FRANÇOIS DE SALES , AU GOUVERNEUR PB LA VILLE PE GEX
(Tirée dn moniftère de la VUlUtlon de la TlUe de Caen).
te Saint le félicite tur le réiabtissement de m lanté : il lui recoiiimande de la bien conserver et d'en faire un laint usage; ensuite 11 recommande A aa charité un nouveau converti de Gex, que les mauvais traiieiuens des héréti(|ues avoient obligé de s'exiler volontairemeot.
Anaeey, 9 Juillet l«ta.
Monsieur mon trèSrcher fils , je ne vous saurois dire de combien d^afiliclions mon cœur a été tourmenté parmi li»s incorlitude;; de votre snnté. Que de divers avis j'ai
(1) Luc, G. I, T. li.
reçus il y a environ deux moisi MahlNii soit loué , qu'après avoir pleuré et amtMment regretté sur votre trépas qu'on mnivoit annoncé, je bénis sa diviiie majsMé et la supplie avec uneineomparable lation pour votre vie, que, certes, devez meshui chérir, monsieur mon trèicher (Ils , puisque vous voyez eombisn elle est désirée, comme très utile» par tant 4» ^ens de bien. Car on m'écrit de G«i qw parmi tout votre gouvememeoi en a Mt des actions de grâces publiques à la divise bonté pour votre guérison ; et en ce pavs mémo de deçà , si on ne les a faites poMques, on les a faites générales , et moi Je les ai faites très-particulières , commB ayant reçu en votre conservation un des plus singuliers bienfaits que j'aie reçu fl y a longtemps.
Aimez-la donc votre chère vie, monsiMr mon très-cher fils , et faites ensuite deex choses pour son bien : l'une sera de laeosserver soigneusement par les moyens ood- L venables , étayant et appuyant l'inflnmlé \ d*icelle, et le penchant que Tàge st les j maladies lui ont causé , par lo repos et règlement propre à cela. i
L'autre et la première sera que, sljoi- ! qu'à présent vous avez eu intention de dé- L dier tous les momons de votre vie présente ù riminortalité et éternité de la future, vous on redoubliez lu résolution et les vœux, comptant les jours et les heures , et les employant afl'crtionnément à votre avance- j mont en Tumour divin , à ramplificationde > la piété parmi les mondains , et en somme, à l'exécution des saintes vertus que la grâce de Dieu et votre bon naturel vous ont fait aimor et désirer il y a longtemps. Pour moi, je ne cesse point, certes, de prier à dessoin , que par un assuré près sentiment je vois déjà , ce me semble , tost exécuté , avec un surcroît de contentement indicible de savoir combien monsieur votre frère fraternise heureusement pour ce regard.
Au demeurant , monsieur nK)n fils, le jeune Bursul de Gex , s'étant converti à la foi catholique par la bonté de Dieu , a tant reçu de mauvais et indignes tniitemens en sa patrie pur ses bourgeois ot même par ses proches, qu'il a étô contraint de se retins A Paris, où il a pensi* de pouvoir trouver qu^lquo coudition de service pour
'tiitratmir; ainoB eodétiastiquesde Gex •'aasareiit qu'il est fort bon enfant : œ qui M fait ¥OUt aupplier trèa-humblement , Qonsieur mon fils , d'avoir quelque soin de iii ; afin que Ton voie que ccu^ qui abanlonnent cette fausse relij^ion (tour embraser c^ilo du roi et du royaume , qui est la eule vraie religion, ne sout pas abandonlés de ceux qui tiennent les meilleurs rangs m senrfoe du roi et de la eouronne. Vivez ongaement , heureusement et saintement ; fest le souhait personnel, monsieur mon Us, de votre très-humble, etc.
. LETTRE CCGLXXVn.
i. FMARÇOIS DK SALES , A UN SUPéaiBVl D'nifE COMMUNAUTÉ.
B lai 4oril en faveir U'ud relisieui qui avoit été ebafsé de ion ordre, et qui, paroissant éire dans lit tefiUiBena d'âne Tériuble pénitenoe, déelroit
f jfwlfet.
Annecy, 18 JnlIM I«t8.
Mon révérend père, le frère N. vint à moi au plus fort de son affection, et puis lira qu*il étoit plus mort que vif, tant sa JésolatiOD étoit extrême. Et je me ressouma de celui qui lignum fumigam non $mtin§uU, $t fuod confraclum eit non tonterit. Il me présenta ses patentea de liémisaiOQ , éjection , expulsion de Tordre, Bt par ses larmes impétra aisément de moi lafl^îour de quelques semaines en ce diocèse : pendant lesquelles je fus à Lyon pour visiter nonseigneur Tarcbevôque , chez leqial iDon révérend père V. me parla ; et , poor dire ma pensée, il me parla selon mon eoBor : car il me recommanda ce pauvre hamme prêtre , et lié par les vœux de religioB, afin qu*il fût aucunementconsolé. Depuis jo fis encore plus volontiers ce que je fonloia faire en charité autour de cette ame.
Mais, mon révérend père, c'a toujours été avec cette réserve , qu'elle respecteroit et hoooreroit en toute occurrence votre ordre , et ae comporteroit humblement envers tous ceux qui en sont ; et sur votre avertissenient , je tiendrai encore plus fortement la main sur lui pour cela , tandis qD*il demeurera dans mon diocèse , ne désirant rien que de donner satisfaction aux religieux, et particulièrement à ceux de votre coiidition.
Mais, mon révérend père, vous me prapoaei le retour de cette brebis en votre
pare ; je oroia qu'il ne désirerait pas mieux, et surtout s'il vous plaisoit de l'assurer aue vous favoriserex sa bonne intention de quelque doux conseil , et de quelque modération en la pénitence que pout^tre vos oonstitutions ordonnent à ceux qui reviennent. Que si vous prenes le soin de me tenir averti de votre volonté pour ce regard, je coopérerai à cette bonne œuvre de tout mon oceur ; duquel vous saluant bien humblement , et vous souhaitant toute sainte bénédiction, je demeure, mon révérend père» votre, etc.
LETTRE œaXXVIIL a. iBANçon oB aALia , a madami la
PBÉSIDBNTB FAVBE.
(TMndn pNMlaraMnafièt* de U VlflUUon 4e le vlUe
d« Grenoble.)
TémoIgMge de remiUé sainte qu'il lai portoiL
Annecf.ioaoeiieil.
Madame , ce porteur m'a fort obligé par la peine qu'il a prise de me venir voir , mais encore plus par le soin qu'il a eu de me dire de vos nouvelles , puisqu'elles sont toutes bonnes, et qu^aveo cela , pour me donner plus de gloire et de contentement , Il m'a dit que vous aviez souvent mémoire de moi. Car je confesse franchement que ce bonheur m*est grandement précieux, selon l'extrême affection que je sens en mon ame , à chérir et honorer singulièrement la vôtre , qui m'est toujoura présente, je vous assure au moins en mes principales prières , qui sont celles de la sainte messe ; et aussi , certes , sereis^je extrêmement ingrat, si je ne répondois de tout mon cœur à la sainte confiance que le vôtre a prise en moi. Dieu par sa bonté vous veuille combler de ses plus désirables bénédictions , ma très-chère fille, et vous rende de plus en plus toute parfaitement sienne.
En cette espérance, vivezjoyeuse, etenfin éternellement sans fm , ma très-chère fille, selon le souhait continuel de votre , etc.
LETTRE CCCLXXIX.
s. FBANÇOIS OE SALES , A UNE DEMOISBUf.
Dieu bénit robéissance que l'on rend h set con-
fesMurs en ce qui regarde la eemmonlon; afi«
lurlei reTuet, aaïquellei l'amoardiriDadoecU
loutei cboMi,
14 août leis.
Vous le voyex bien » ma très-chère fille ,
si Tobéissance est aimable ? vous y alliez avec un peu de répugnance, et vous y avez trouvé la permission de recueillir force manne céleste. Or, ainsi soit-il, et à la très-bonne heure que toujours, quand vous obéirez, vous vous trouviez de plus en plus unie à notre Sauveur. Vous avez donc extrêmement bien fait d'obéir à votre confesseur, et votre confesseur a bien fait de vous imposer Pobéissance en un sujet si agréable. Je ne serai jamais celui qui vous ôtera votre pain quotidien, tandis que vous serez bien obéissante. Je vous dirai , ma très-chère fille, que vous communiiez hardiment toujours , quand ceux à qui vous vous confessez diront oui, outre les communions ordinaires que je vous ai marquées.
Quand je vous écrivis que vous rendissiez compte de temps en temps à votre ancien confesseur, je ne voulois pas dire que vous fissiez des revues; car il suffit que ce soit d*année en année à celui que vous voudrez : mais je voulois dire que vous allassiez vous représenter à lui , |)Our lui faire connottre la continuation de votre soumission, partie pour vous humilier, partie pour le consoler.
Je suis bien aise que vous ayez une parfaite confiance à la mère de delà , je crois qu*elle vous sera utile : et c*est une mère qui est toute ma très-cbère fille , et en laquelle j'ai toule confiance : et sans cette confiance je lui écrirois plus souvent; mais je m'en dispense, comme je ferai de vous à qui j*écris maintenant par rencontre, et j'en suis bien aise
Blon Dieu I ma très-chère fille , que Tamour céleste est aimable , voire même quand il est exercé ici-bas , parmi les misères de notre mortalité ! la distance des lieux , ni rien du monde ne lui peut ôtcr sa suavité. Aussi me senible-t-il que je suis toujours avec votre cœur, et avec celui de celte chère mère , et que nos cœurs s'entretiennent les uns aux autres, et ainsi ne font qu'un cœur, qui de toute sa force veut aimer Dieu , et ne Taimer qu'en Dieu et pour Dieu.
La très-sainte Vierge, notre dame et maîtresse, et notre siiintc abbesse soit à jamais notre mère et directrice. Et je cesse de vous écrire davantage malgré mon inclination, pour aller penser ccnuneelle mourut d'umour, et comme elle est couronnée {
de son amour au ciel , pour en piirter demain à mon cher peuple de cette ville, qui s'y attend. Dieu soit à jamais tout doCtd amour.
LETTRE GCCLXXX.
8. FRANÇOIS DE SALES, A UNE RBLIGIBOSE M LA VISITATION QUI ÉTOIT 8UPÉEIEUIB.
Lm aridiiét ne sont point eonlriiret A l'aiBoar 4f Dieu , et nos imperfections méiDet prodaised rhumililé. Privilèges des fondatricrs, laotsëe» liéres qae religieuses, de It Viiiutioo.
ABMcy, itaotlMil
Dites-moi, ma très-chère fille, votrecŒor que fait-il? Il est, je m*assure , plus brava qu'à Tordinaire en cette sainte octave , en laquelle on célèbre les triomphes de noire reine en la protection de laquelle notre esprit repose et notre petite congrégptioo respire. 0 ma fille I il faut tenir haut élevé ce cœur , et ne permettre point qu'aucun accident de sécheresse, d'empreasement ou d'ennui l'étonné , puisque , enooro que cela le puisse éloigner de la oonaolatioo sensible de la charité , il ne le peut toute* fois éloigner de la véritable charité, qui est la souveraine grâce de Dieu envers immb pendant celte vie mortelle.
Nos imperfections à traiter des aflbires tant intérieures qu'extérieures sont un grand sujet d'humilité , et rhumilité produit et nourrit la générosité.
Mais quel privilège ont les fondatrices devant Dieu? Leurs privilèges sont grands, car elles participent en une façon partico* iière à tous les biens qui se font au monaf* tère, et à Toccasion du monastère. C'est on œuvre do charité presque le plus excellent qu'on puisse faire ; bien plus grand sans comparaison que de bâtir un hôpital , recevoir les pèlerins, nourrir les orphelins.
Mais devant les hommes , il n'y a point de privilège que celui d'être supporta oC assistées et honorées au monastère , dans lequel les fondatrices séculières obtiennent ordinairement l'entrée , et , après la mort, des services particuliers.
Or, cette fille ici, voulantétre religieuse, établira quant à elle son privilège , je m'assure , à mieux obéir, si elle peut , que les autres , et à (iiire le plus de progrès qu'elle pourra en l'humilité , pureté de cœur, douceur, modestie et obéissance , puisque [•
tw
igBdes vraies religieuses est d'aboni l'amour du céleste Ëpoux.
reste , je me réjouis que cette fille me si bonne élection , et que , quits amours peu aimables des hommes, $ consacre à Tamour très-aimable de eu, vrai époux des âmes généreuses.
LETTRE CCaXXXL
JfÇOIS DE SALES, AU PÈRE LÉONABD 3SICS, DB LA C031PAGNIB DE JESUS.
'ée d«iif la maicon profetue de la eompavoto de Jé«ut, à Ad Ter*.)
Il lui fait de grands éloges de ses ouvrages e( de sa doctrine.
Annecy, tt août 1618.
lodùm, révérende in Christo pater, mibi paternitatiâ vestra: lilteras diimus nubis magister Gabriel , quœ ut lorifica), ilactjucundissimïémihi fue- Imabam jampridem imô etiam voir le nomenquc tuum , mi pater, non quia soleo quidquid ex veslrâ illâ Ile procedil, magni facere, sed etiam igiliatlm de vestrà reverentiâ multa
pracclara primùm , deindè vidi, inet suspexi.
i namque anto aliquot annos opus illlissimum : deJustitiâ et Jure, in t breviter simul et luculentcr, diflfi- »s illius partis theologias, pra) cœteris •ibus quos viderim . egregiè solvis.
iposteaconsiliumquodà magni conigelo per te mortalibus datum est, de Religionc eligendâ.
lemùm obi ter in bibliothecâ collegii tnensis Tractatum de Prœdesiina' : et quamvis non nisi sparsim , ut Gt,
in eum injicere contigerit , cognovi 1 , paterniUitem vestram sententiam
antiquitate, suavitate, acScripturanativâ auctoritate nobilissimam de fstinatione ad gloriam post prcBtpera , amplecti et tueri ; quod mihi simum fuit , qui nimirùm eam semt Dei misericordiae lam ac gratis mansentaneam , veriorem ac amabiliocistimavi; quod etiam tantisper in » de Amore Dei indicavi.
D igitur ita erga paternitatis vestrae I , quam dudùm laudaverant apud era ejus, effectus essem, mirificè pro-
lU.
fecto gavisus sum , me tibi vicissîm utciimque etiam carum esse ; quod ut sempor contingat, et dictum magistrum Gubrielem commendatissimum habebo ; et si quid un* quam potero quod tibi piacore cognoscam, id exequar quàm impensissimè.
Valeat intérim reverenda patemitas tua, et te Deus usque in seneclam et senium nunquam deretinquaty sed canos tuos benedictionibus cœleslibus omet et compleat. Admodùm revcrendaB paternitatis vcstrs humiilimus etaddictissimus frater et sèrvus in Christo.
Mon très-révérend père en notre Seigneur, le docteur Gabriel , que je chéris très-particulièrement , m'a rendu la lettre que votre paternité m*a fait Thonncur de m'écrire, et dont j*ai eu une joie très-sen» siblc. Ce n*est pas d'aujourd'hui que j'ai de lamitié et môme de la vénération pour vous et pour votre nom , mon cher père; non-seulement par cette raison générale , que j'ai coutume de faire grand cas de tout ce qui vient de votre compagnie, mais encore pour avoir ouï dire de votre révérence en particulier plusieurs belles choses dont j'ai été témoin dans la suite , et que je n'ai pu m'empécher d'admirer.
Car il y a quelques années que j'ai vu cet ouvrage si utile, de la Justice et du droite où sans trop vous étendre, vous répondez parfaitement, et mieux qu'aucim auteur que j'aie encore vu , aux difficultés que renferme cette partie de la théologie.
Ensuite j'ai lu le Traité du choix de la véritable Beligiim , que je regarde moins conîme votre ouvrage que comme celui de l'ange du grand conseil.
Enfm j'ai vu dans la bibliothèque du coi« lége de Lyon votre Traité de ta Prédenti-» nation : il est vrai que je n*ai fait que le parcourir à la hâte , et assez légèrement , comme il arrive quelquefois ; cependant je n'ai pas laissé de remarquer que votre pa* ternité étoitde cette opinion si ancienne , si consolante, et si autorisée par le témoignage même des Écritures prises dans leur sens miturel , savoir , que Dieu prédestine les hommes à la gloire en conséquence de leurs mérite» prévus ; ce qui a été pour moi le sujet d'une grande joie, ayant toujours regardé cette doctrine comme la plus conforme à ia miséricorde de Dieu et
LETTRES
à sa graoe , commA la plus approchante de Id vérité , et comme la plus propre à nous porter à aimer Dieu , ainsi que je Pai insinué dans mon petit livre de tAmour de Di€u{\).
Prévenu donc do la sorte en faveur de votre paternité dont les ouvra f^esm'avoient depuis long-temps fait connollre le mérite, je vous avoue que j'ai eu une joie toute particulière d'apprendre que vous avez pour moi une amitié réciproque : pour m'en assurer la continuation , comptez que j'aurai toutes sortes d'égards à la recommandation que vous me faites du docteur Gabriel , et que, tant qu'il sera en mon pouvoir, je ferai avec empressement ce que je jugerai capable de vous plaire.
Cependant je souhaite à votre paternité une santé parfaite, et je prie Dieu qu'il tous conserve jusqu à une extrême vieillesse, et que, sans vous abandonner famais , il répande abondamment sur vous les bénédictions du ciel. De votre paternité l'humble et l'afTectionné frère et serviteur en Jésus-Christ , etc.
LETTRE CCaXXXTL
s. FKANÇOIS DE SALES, A MONSIEUR FROT- BARAIN, CONSEILLER AU PARLEMENT DE BOURGOGNE.
(Tli4« du BOMilèr« <U U VU ItatlOD de la tlIle d'ADleos.)
te Saint lui recommande le chapitre de sa cathédrale, dans une affaire qu'il a voit avec les bahi-
lans de Sessel.
Annecy, 8 nepterabre leJS.
Monsieur, j*aî un chnpitre autant bien qualifié qu'il se peut dire ; c'est iwiirquoi, outre le devoir que j'ai ausor\MCodc Dieu et de TEglisc J'en ai un bien particulier à mes chanoines , qui , par un assez rare exemple, ne sont qu'un cœur et qu'une ame avec moi au soin de ce diocèse.
Pour cela , monsieur , j'implore avec eux votre jusl ire el piéti^, i)our la conservation de leur «il oit en l'affaire qu'ils ont avec messieurs les syndics et habitans de Sossel , lesquels, si je ne suis grandement trompé, ont bon besoin d'être rangés et remis en devoir , tant envers les ecclésiastiques ' qu'envers les magistrats.
Mais de cela , monsieur , vous en discernerez et juj^erez, tandis que priant Dieu
<1> Volf le Traité ai tÊmomr 4ê 1»m« , U? . U , o. au ; et Ht. IT. et
qu*H vous fasse: de plut en plus àbomhrfi sa grâce , je veux être à Jamais de tout Bu» cœur, votre, etc.
LETTRE ccaxxxm.
8. nANÇOIS DB 8ALBS j  UN WtSMOBt, (Tirée do monajtère de la Viflutlon de la Tilladaloaii)
Il s'excuse aoprés de lai d'éerirt la vte d'on hIbI évé<|ue son Trère, h raison du voyage qirïl allait faire en Pranee avec le rirdinal de 8eveie.II M proinel cependaul de lai eavoyer quelque! nmarques pour servir h celte histoire. (Tradiiti de riialien, tirée du voyase UliérairodaP.JI» teiui, sccoudc partie, p. ilS.)
AaoecT. is octokra 1111,
Molto révérende pedre singolarmenle carissimo ed ofliciosissimo , quantunque io vedeva di non poter in niun modo scriven convenientemente la vita, délia felke lll^ moria , di monsignor Vescovo suc frello, per la mia troppo grande vozezzessa edinsuflicienza , nientedimeno il dilctto chlo avrei di dar gusto a V. P. c di dar testiiiKh nio délia stima di questo gran servo di Dio, mi dava un certo che di speranza di poltf lo farc in qualche modo. Ma vedendooi adesso tirato in Parigi, per servire ilsere* nissimo principe cardinale nostro in qaeslo viagj;io di Franeia , io perderô ogni sorte di speranza di scrivere , e massime che délia hisloria richiede di essor scrittada uomo, che |x^ssa super moltissime particolarili che io non i)Osso cognoscere , né intendff qui e molto meno in Francia. Rfi perdoni adunque V. P. s'io non la servo in quesU occasiono che per altro mi sarebbe stala gralissima , e veda che la sola im|)ossibilità m'impedîsce. Ma non lascierô a suo tempo di mandargli alcune osservazîoni cirea queir hisloria che potranno forse giovareil scrittorc , ed in ogni modo sono e sarôsempre di V. P.c^rtissimo ed afTettissimoIreila e servitorc.
Montrès-chcret très-officieux père, quoique je me visse absolument hors d'étatde pouvoir écrire la vie de monseigneur ré* vôque votre frère, d'heureuse mémoire f soit à cause de ma trop grande impoUteasep soit à cause do mon incapacité ; oependant la satisfaction que j'aurois eue de faire pUisir à V. P. et de marquer mon estime pour ce grand serviteur de Dieu , me faiaoil en quelque manière espérer de pouvoir entie-
DE S. FRANÇOrS DE SALES.
prendTe cet ouvrage ' mei'â me voyant appela à Paris par notre âfrénissimc priocG cardinal , je perds Uiute sorle d'espiVanco de pouvoir m'appliquer à écrire, cl siirluut cette histoire , qui demande un tiommo qui puisse s'informer d'un trèâ-^rand oumliro de particularités que jo ne puis apprendre Ht entendre ici. Je la supplie donc do vouloir m'eicusor , si je ne lui rends pas ce ■BTvice dans cetIO occasion , que j'embrasteroisd'ailleurs avec plaisir, et dVtreper- ■uadiS que ce n'est que par impo:«sibilifi! que je m'en dispense. Jo ne laisserai pourtant pas de vous envoyer Jiins son irmps qnelques remarques touchant relie histoire, qui seront peut-être do quelque secours A celui qui l'écrira. Je suis en loulr manière , «l serai toujours , de votre paternité , le trôs-sùr et tr6à-affoctionno frère fll serviteur.
LETTIIB CCCLXXXIT.
l'ordre de II VI-
SU
Dieu voit voluiilicrsce qui est méprisiO), et lu bassesse :i;;i'oée lui fut toujours agréà- Mc, Dieu est ai bon, qu'il visitera întériearement notre Visitation, la fortifiera, et l'étiibliraâ la solide buinilitâ , simplidté et mortification.
Vivez joyeuse , tant que vous pourrei , lie tTiie joie paisible et dévote de laquelle l'iimour de notre abjection est la racine. -M j lrès<:hërc Tillo , je voua saluo d'un e»> l)rit qui est inséparablement vAtre. Vive Jéi;us. Amen.
LETrnE ccoxxxv.
te drpouiller lolalenK nia, pour l'unir ifaau
lesk.
t plui à Ma épMi
£• Blinde rélsulIdriproEr^ai •luUon, it innoncc le projet 4'HMiDilioiit Turin.
Je asIiMToUv cœur de tout le mien , et wns jwio d'aimer toujours bien ce vieux pèn.qui vous chérit, certes, de tout son eQur,depIusen plus, ma très-chère Glle, et se réjouit d'apprendre (luc, grâces â Keu , cette maison-lâ s'avance en humilité, m douceur, paix et amour divin. Qu'à jamais l'éternelle bonté .aoit biinie.
On parie fort de faire un monastère de la Visitation à Turin. Voilà , ma très-cbëre tUc,commeDieu multL|ilie et bénit l'œuvre qnlt lui a plu de faire commencer par lu pelilesse et abjection de trois petite:] créatures, lesquelles pour cela doivent a'évcr- Iner d'être de plus en plus toutes à la di- Tine m^cslé, et à cette vocation, pour lu KDdre tous les jours jilus agréable n Dieu. Je vous écris selon mon sentiment pré - •ent; car il faut aussi que j'écrive à l'ame de ma Irës-chûro Tille, priant Dieuqu'îl la fasse sainte, et moi aussi, qui suis si éloigpé de ce bonheur.
Encore vous faut-il dire ce mot, matrêscbèta BUe : si voua n'êtes pas favorisée , aimez bien cette abjection. Croyez-moi ,
0 ma mire toute très-chèrel si vous n'avez guère d'or nid'encens pour offrir à notre Si'i;:iieur, vous aurei au moins de !a myrrlie : et je vois qu'il l'accepte lré»-agréshtemr^nt, comme si ce fruit de vie vouloit être l'ijnfLt en la myrrhe d'amertume , tant en su naissance qu'en sa mort. En somme, Jr'^u^ glorifié est beau; mais quoiqu'il soit l'uijf.iurs très-bon, si semble-t-il qu'il le soit l'ucore davantage crucifié. C'est pour re temps présent votre époux , ma trèsclièremère; à l'avenir ce sera lul-mAme !>loririé. Je suis grandement en peine de voire affliction, bien que je n'en sache paa les particularités ; mais je vois bien , par cil jipu de paroles que vous m'écrives, que vous la sentez vivement.
Ma très-chère mère , cette vie mortrile est (aule pleine de tels accidens , et les liouleursde l'enfantement durent souvent plus que les sages-femmes ne peneent. Bu' quelles occurrences pouvons-nous faire les [iranits actes de l'invariable union de notre éœurà b volonté de Dieu ; data mortiQc*lion de notre propre amour , et do l'amour de notre propre abjection , et en somme de notre cruciRiion , sinon on ces si âpres et rigoureux assauts f Ua tràs-cbère mère , vous ai-je pas souvent intimé la oadité de loulc» les créatures, pour se revêtir do no-
LETTHES
trc Seigneur crucifié? Or sus , c'est Dieu qui veut ainsi mettre notre cœur au sec. Ce n'est donc pas une rigueur , c'est une douceur.
Voilà ce que je vous dis , ma très-chère mère , et tout de môme pour les nouvelles des déplaisirs de N. Enfm notre Seigneur peut-être vous veut ainsi conduire parmi les épines aésormais ; et je confesse pour Ift regnrd de moi-môme en moi , qu'il est Lien temps : en vous, je le supplie de toutes mes forces qu'il attrempo doucement son calice , mais que notre volonté ne soit pas fuite , ains la sienne toute sainte (1).
Ayez bon courage : pourvu que notre cœur lui soit fidèle , il ne vous chargera point outre votre pouvoir (2), et supportera notre fardeau avec nous, quand il verra que de bonne affection noos soumettrons nos épaules. Dieu nous bénisse et toutes nos sœurs : mais Dieu vous bénisse , ma très-chère mère, que je chéris plus que moi-même , ou comme moi-môme.