LETTRE XXVII
H. DSORANIER, ÉVËQUB DE GENÈVB, I CLÉMENT VIII.
fni«*ite 11 •!> di giint. puCluiliii d* E II fiil savoir au BOUTorain pnnlire lu aucrellBloncolhallqui>danBleCh;ib1ai»,eli tcmpi il lui cipose les InconTénk-ni qu' de c«niprrndiE Ica htrtllquei gênera)!
piil qui lenoil d'*lre coDcIue entre Ib ctirilllrn cl le duc de Savoie : il coi ■ainletê d'aRir pDiiasmmenl anprèi de prtnCM pour l'ampécligr.
Beatissime Pater , QuàmltEtosatqueubereSBi:
tusexhâcGebcnnensiadiœcesisvini dicbus pcrceperimus, illustrissimi cardinalis Médical , legati à laEe spero, nerratione, tua sanctitas cog Citai enim in Tnnonensi oppido q ginta horanun oratio celebraretur, e
DE S. nURÇOIS DE SALES.
te
cardioalis ex itinere et serenissiml ducis jHVsentia, Deo procul dubio ità disponente, inddlt, laustis admodùm auspiciis, quandô per idem tempus innumera hominum multiuido haereaim abjurare fidemque catholicam amplecti statuçrat, quorum pars id in ip&iiis illuslrisaimi legati , pars in mois manibas sanctè praestitit^ serenissimo duce quàm impensissimè rem totam promovente.
Quœ omnia, hic quein ad beaUtudinis tua) pedes supplicem desUnamus, fusiùs et faciOimè exponet , qu6d omnibus rerum harum successibus interfucrit.
ât verô dùm ità féliciter coram Domino laetamur, sicut qui lœtantur in messe, sieut eicultant victores, capta prœdâ^ pêa^dùdividwnt spolia, hoc unum accidit intempestive etmolestissimè : nimirùm rex christianissimus per littoras ducem sorio admonet, vellese ejus quam tam opportune toa sanctitas tantà totius oibis catholici Toluptate perfccit pads. vinculo comprchenâ haeresis calvinianae matricem et fontem, Geneveqscm videlicet civitatcm ; quamvis pacis articulis nulla, ut par erat, fltius mentio habeatur.
Quae res incredibilem haereticis omnibus audaciam addit * fidci cathoiicas aditum pnecludit; novissimè conversos animes, si Bon abjidt omninô, at sanè perturbât quàm maxime , mihi et canonicis mois bonorum eccleiiasticorum recuperandorum , quad per summam iniquitatem à Genevensibus delinentur, spem omnem funditùs expllit.
Quapropter istum ecdesis mes prœpositom , quotquot sumus hic ordinis ecclosiaitid viri , quoad ejus fieri potuit celcrrimè misimus, qui, nostro omnium nominc ad beatitudinis tus pedes provoiutus, quanlam res bsec, si succedit, jacturam sit allatura reipubiic® christians, quàmque atram lanto ac tâm felid pacis cxitui sit impressura notam, nostro onrnium nomine humilfimè explicabit, ut, pro suà ergà catholicum orbem, maxime verô crçà hanc tôt oagitatam malis provinciam, patemà dementià , tua sanctitas seriô , tùm apud christianissimum regem, cùm apud ducem sereoissimum agat, ne tanta pax sit impiis, iiec ejus Istentur privilégie, qui ecclcsia rticam pacem toi scissuris nituntur avel- 1ère. Çui debeni hanoremj potiùs hanth rem , ad veêtigàlf vecUgal compellaAtur reddere; ac tùm demùm veniat pax super
illos inyirtuteDomini et apostoficœ auctori» tate sedis, oui tuam beatitudinom demen* tissimè et sanctissimè insidentem 0eîw optimus maximus quàm diutissimè séryei incolumem 1
Très-samt Pèm,
Votre sainteté aura été sans doute tp< formée par le rapport du très-illustre car* dinal de Médicis (4) , sont légat à later^ t des fruits abondans des âmes, que nous m faisons que de recueillir il y a peu .de jours dans la vigne de ce diocëso de Genève.
En effet, par un grand bonheur, li^ Providence divine a disposé tellement les choses, que ce grand cardinal, qui rctournoit de France à Rome par la Savoie, et le serenissimo duc, se trouvèrent en môme temps à Thonon lorsque Ton y célébroit les prières de quarante heures, et qu'une très-grande multitude de peuple avoit résolu d'abjurer Thôrésie et d'embrasser hi foi catholique, une partie entre les mains de rillustrissime légat, et une autre entre les miennes ; et le zèle et les soins du sérénissime duc n'ont pas peu contribué à l'avancement et à la réussite de cette affaire. Celui que nous envoyons aux pieds de votre sainteté , ayant été témoin oculaire do tout ce qui s'est passé, lui en rendra un fidèle compte , et s*exprimera beaucoup plus fadlement que je ne puis faire.
Mais pendant que nous nous réjouissons ainsi heureusement devant le Seigneur, comme ceux qui se r^ouissent dans le temps de la moisson, ou comme les victo* vieux lorsqu'ils partagent le butin quHls ont fait surVennemi{2)yYo'icï une chose qui nous arrive fort mal à propos : c'est que le roi très-chrétien avertit très-sérieusement le duc qu'il veut que la république de Grenève, qui est la source et la mère de l'hérésie calvinienne, soit comprise dans le traité de paix que votre sainteté a fait condure avec une si grande satisfaction de tout le monde catholique, quoique dans les articles du traité il ne soit point fait mention d'elle, comme de raison.
Cette chose donne une incroyable audace à tous les hérétiques, ferme l'entrée à la foi catholique ; si elle n'abat point tout à
(1) Lt Cardinal d« FloraoM, AlMhafN 4t
(1) ItMB, IX. t.
LETTRES
fait le courage de nos nouveaux convertis , du moins elle les trouble grandement, et ôte, tant à moi qu'à mes chanoines, toute espérance de recouvrer les biens ecclésiastiques que les Grénevois nous retiennent par la plus grande de toutes les injustices. C'est pourquoi, tous tant que nous sommes ici d*ecclésiastiques, nous vous avons député le plus promptement qu'il a été possible le prévôt de mon Église, qui, au nom de tous, se prosternera aux pieds de votre sainteté, pour lui représenter qu'une telle paix, si elle subsiste , ^causera un dommage réel à la chrétienté, et une tache uionteuse à son heureux succès , afin que, selon la clémence paternelle qu'elle a mon trée à cette province agitée par tant de maux, elle daigne agir sérieusement, tant auprès du roi très-chrétien qu'auprès du sérénissimeduc; en sorte que les impies ne jouissent pas d'une si grande paix , et que ceux qui tâchent de troubler celle de TÉglise par tant de divisions, niaient point la joie d'en goûter les privilèges; mais que plutôt ils soient contraints de rendre honneur à ceux à qui ils doivent l^honneur^ et les impôts à qui ils doivent les impots (1); et que par ce moyen la paix vienne sur eux en la vertu du Seigneur, . et par raulorité du siège apostolique, où votre béatitude préside avec tant de clémence et de sainteté, ej; dans lequel nous supplions le Dieu souverainement bon et grand de vous conserver longues années pour le bien de son Église.
LETTRE XXVin.-