M. DE GRANIER, ÉVÊQUE DE GENÈVE, A SA
SAirrrETÉ le pape clément viii.
(Tirée de la Tle de Saint, par Ch.-Aiif . de Salea.)
Il t'excuse de n'avoir pas satisfait plus tdt à la visite du seuil des apôtres selon l'usage ordinaire, el il mande à sa sainteté qu'il s'acquitte de ce devoir par rentremise de S. François de Sales.
Beatissime Pater ,
Jamdudùm apostolorum limina meo nomine visitâsset reverendus Franciscus de Sales, Ecclesiae meœ praeposilus, nisi periculosissimo morbo que diù decubuit, et propter pestem in plurimas hujus provinci(B partes hactenùs ssevientem , aditus omnes nobis ad Italiam interclusi fuissent.
(1) A»iU>B.sui,T.
Perrexit nihilominiis tandem aliquandè, ac, superatis itinerum difficultatibus, uti spero, ad sanctilatis tuœ pedes accessit. Âc quidem, quandô res propter qiiam abiit nullam sine sunimo periculo moram patiebatur, nec omnia tune haberem prae omnibus quse visitationi sanctorum liminum necessaria sunt, ea nunc duxi mittenda, quô res meas hâc in re apud sanctitatom tuam agat meo nomine : ratus clementiae tuae id acceptum iri, tùm ut difficillimo tempore quae fieri possunt per paiiciora, per plura nequaquàm fiant; tùm ut hic meus procurator, qui non inutilem hoc in agro operam navare consuevit, variispe- .regrinationibus ab opère abstrahatur.
Deus optimus maximus sanctitatem tuam Ecclesise sus quàm diulissimè servet inco- I lumeml
Très-saint Père,
Il y a longtemps que le révérend François de Sales auroit visité en mon nom les seuils des apôtres, s'il n*eùt été empêché par une très-dangereuse maladie dont il a été alité pendant plusieurs mois, et si tous les chemins de l'Italie ne nous eussent été fermés par la peste qui a affligé presque toutes ces provinces.
Mais enfin il s'est mis en route ; et, ayant surmonté, comme j'espère, les difficultés des chemins, il a dû déjà se jeter aux pieds de votre sainteté. Or, parce que Talfaire pour laquelle il est allé à Rome ne pouvoit point souffrir de délai sans un très-grand danger, et que je n'avois pas, lors de son départ, tout ce qui est nécessaire pour cette visite du seuil des apôtres, j'ai cru devoir envoyer maintenant toutes ces choses, afin qu'il rende ce devoir pour moi , esj^érant que votre bonté Uaura pour agréable, tant pour faire en sorte, ÏÏàns un temps aussi difficile que celui où nous sommes, que ce qui peut ôtre fait par très-petit nombre de dépêches (<) ne le fût pas par un ' plus grand, que pour donner lieu à ce digne ecclésiastique, mon procureur en la cour de Rome, de se délasser par divers péleri-
(1) Ces dépêches sont plusieurs requêtes. Les dix premières furent dressées par S. François de Sales . «.onuiia fondé de procuralion par son évéque , et selon lo« in. slrucUons qu'il lui envoya. La dernière, qui le regardoit« et par laquelle on le demande pour être coadjuteur d« GenèTe et succc$»eur en l'évêché, fut sans doute dressée ptr le sieur de Chissé, ne/bu de M. de Grauler, éTêqua éê GMèT«. et au nom dodii sieur éTéqat.
nages des fotigues qu'il a eues dans le diamp dé ce diocèse, et de se distraire de sa glorieuse entreprise. Je conjure le Dieu souverainement bon et grand de conserver iongtempe votre sainteté à l'Église.