‹ Œuvres complètes; nouvelle édition collationnée et augmentée des lettres de Sainte Chartal, des lettres inédites de l'auteur, du portrait de lui et d'autographes (volume 3)Chapitre 230 sur 450 · FRANÇOIS DB SALES, A «ADAVK DE CIIAXTAL · texte numérisé non relu

FRANÇOIS DB SALES, A «ADAVK DE CIIAXTAL

Le Salni IVihaite la n

Ha très-chère mère, je suis bien qu'il me faudra demeurer encore aujourd'hui en solitude (1) et silence, et peut-être demain : si ce n'est, je piéparèrai mon ame, comme la vôtre, ainsi que je vous dis.

■ Je veux bien que vous continuiez l'exercice du dépouillement de vous-même, vous délaissant à notre Seigneur et à moi. Uais, ma Irèi-chére mère, entrejetez, je vous prie, quelques actes de votre part, par manière d'oraisons jaculaleires, en approbation du dépouillement, comme par exemple : Je le veux bien, Seigneur; tirez, tires hardiment (outcequi revêt mon cœur. 0 Seigneur, non, je n'excepte rien, arracheimoi à moi-même. Omoi-mên1e,jo te quille pour jamais, jusqu'à ce que Tnonseigneur me commande de te reprendre. Cela doit être doucement cntrcjcté, mais fortement. Encore ne faut-il pas, s'il vous platt, ma trés-cliérc, prendre aucune nourrice; aios, comme vous voyez, il fiiulquitler celle que

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néanmoins vous aurez, et demeurer comm 3 one fiBUYre petite chétive créature devront k trône do la miséricorde divine, et demeurer toute nue, sans demander jamais, ni actaoo, ni aficction quelconque pour la créature : et néanmoins vous rendre indifftrente à toutes celles qu'il lui plaira de fons ordonner, sans vous amuser à considérer que œ sera moi qui vous servirai de nourrice i car autrement, prenant une Hmfrioe à votre gré, vous ne sortiriez pas de vous-même ; ains feriez- vous toujours votre compte, qui est néanmoins ce qu'il fout fuir sur tontes choses.

LeereDoncemens sont admirables de sa propre estime, même de ce que Ton étoit selon le monde (ce qui n'éloit en vérité rien, sinon en comparaison des misérables), de ea propre volonté, de sa complaisance en toutes créatures, et en Tamour naturel , et on somme de tout soi-même, qu'il faut ensevelir dans un éternel abandonnement, pour no le voir ni savoir jamais plus, comme nous l'avons vu et su, ains seulement quand Dieu le nous ordonnera, et selon qu'il le nous ordonnera.

Écrivez-moi cooune vous trouverez bonne celte leçon Dieu me veuille à jamais posséder, amen : car je suis bien ici , et là où je suis en vous , comme vous savez, trèsparfoitement; car vous m*étes indivisible, bonnis en l'exercice et pratique du rcnox»œment de tout nous-mème pour Dieu.

LETTRE CCCXCIX.

HAftAMS DB GHAMTAL, A 8. FRANÇOIS DE

SALES

(TIrtedM latins de niAdanie de Chantai.) Réponse à la précédente.

9 août 1619.

Hélas ! mon unique père, que cette chère lettre me fait de bien 1 Béni soit celui qui lous la inspirée , béni soit aussi lo cœur de mon père dans les siècles des siècles.

Certes « j'ai un extrême désir , et , à ce qall n»e semble, je suis dans une forme résolution do demeurer dans mon dépouilleœm, moyennant la grâce de mon Dieu ; et j'espère qu'il m'aidera. Je sens mon esprit tout libre , et dans je ne sais quelle ODusolation profonde et inûnîc de se voir ainsi entre les mains de Dieu. Il <)«»t vrai que tout le reste demeure toujours rort

étonné : mais en faisant bien ce que vous me dictez , mon unique père , comme je ferai sans doute avec le secours de Dieu , tout ira toujours mieux.

Il faut que je vous dise ceci : si je vonlois laisser faire mon cœur, il chercherait à so revêtir des affections et des prétentions qu'il lui semble que notre Seigneur lui don* nera, mais je no le lui permets nullement ; en sorte que ces propositions ne se voient que de loin ; car enGn il me semble que je ne dois plus rien penser, aimer et vouloir, selon les ordres de la nourrice qu'il me donnera ; car je suis exacte à ne la point re* garder.

Que mon Dieu vous veuille fortifîer par sa douce bonté, et nous faire accomplir parfaitement ce qu1l désire de vous, mon très-cher père : que Jésus vous fasso un grand saint, et je crois qu'il le fera. Bénie soit sa bonté de votre guérison et de votre bon repos. Bonjour, mon vrai père; ce soir je vous donnerai de mes nouvelles.

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