‹ Œuvres complètes; nouvelle édition collationnée et augmentée des lettres de Sainte Chartal, des lettres inédites de l'auteur, du portrait de lui et d'autographes (volume 3)Chapitre 243 sur 450 · FRANÇOIS DE SALES , A l-NE RELIGIEUSE DE LA VISITATIOX · texte numérisé non relu

FRANÇOIS DE SALES , A l-NE RELIGIEUSE DE LA VISITATIOX

j)ieu veut ^tre servi parraitement; pour y parv(^nir, il Taut le regarder en toutes choses ; Tuni- (juc moyen d'obtenir le don d'oraison, c'est d'avoir do rhumiliié; une aumône promise pour un lieu , et non délivrée, peut changer do destination , lorsque le bien est égal de part et d'autre.

leso.

0 combien de bénédictions Dieu répandra-t-il sur votre cœur, et que de consolations sur le mien, si voiis allez croissant en la pratique parfaite du divin amour, ma très-chùre fille ! Le Saint-Esprit tient quelquefois la méthode d'inspirer par parties ce qu'il veut faire du tout , et ses vocations ont accoutumé d'être grandement solides.

Ce bon homme de l'Ëvangile ayant deoz garçons, dit à Tun d*iceux (1) : Fis, num enfant , en ma vigne, pow y troûaUler.

El il dit : Je n*en ferai rien. Fuis faisant réflexion et revenant àioi^ily alla , éi travailla très-bien. Puis le père dit à Vautre : Mon enfant^ va travailler en ma vigne. Et il répondit :Je m'y t% vwa. Et néanmoins il n'en fit rien. Or, (dît notre Seigneur) , lequel dei deux a fait la volonté du père? Sans doute le premier, ma très-chère fille.

Vous avez le courage trop bon pour ne pas faire parfaitement ce qu'il faut faire pour l'amour de celui qui ne veut être aimé que totalement; marchez donc bien ainsi , ma très-chère fille , l'esprit relefé en Dieu , et qui ne regarde que le visage et les yeux de réi)oux céleste , pour faire toutes choses à son gré; et ne doutez point qu*il ne répande sur vous sa trës-salDte grâce , pour vous donner des forces égates au courage qu'il vous a inspiré.

Le don sacré de l'oraison est tout prft en la main droite du Sauveur, soudain que vous serez vide de vous-même, c'est-à-dire de cet amour de votre corps et de votre volonté propre; c'est-à-dire, quand voœ serez bien humble , il le versera dedans votre cœur. Ayez patience d aller le petit pas jusqu'à ce que vous ayez des jambesà courir , ou plutôt des ailes à voler. Soyez volontiers pour encore une petite njTnphe (2), bientôt vous deviendrez une brave avette.

Humiliez -vous amoureusement devant Dieu et les hommes; car Dieu parle aux oreilles abaissées. Écoute , dit-il à 8on épouse, et considère, et abaisse ton oreille; et oublie ton peuple, et la maison de ton père (3). Ainsi le fils bien-aimé se prosterne sur sa face quand il parle à son père étorncl, et qu'il attend la réponse de son braclc Dieu rempliravotre vaisseau de son baumf i

(1) Onid Tobis Tldetor? Homo qoldam habebat dio* nilos; etarreJeosad primum, dixit : FUI. xade ho^^* operare In vlneam nicam. IIIh nuteni re^pondros, a'^ * Noli); po9»eà aiiteni pa-nlteniift motus, ahiit. Arcedf*** auiem ad alterunï. diilt slmillrcr. At Ule respondens.fll' ' Eo, domine; et non Ivil. yuls ex duobus fecU rolunlal** patrist Dlcunt el ; Prinius. Ma.tth.. c. xxi t 'B **• 80*181.

(i) On appnllA nymphcn les abcllleii nouvelleœr^^ érloitn» et non déTelufip^os : quand elles ont leurs all*^* S. François do Sales les (.ppello avette»^ du mot ta*** apicula.

(3) Audi, nita , et Tidi , et Inrlin.! aurem loam ; el obl'^ Tlscero populuro tuum, et dumuui palris lai. Pt. xun, f, ^^

DE S. FKKJHÇMS DE SiiLES.

il le verra vide des parfums de ce I ; et quand vous serez humble , il nltera. Mais, ma tK*s-chère fille, ne AS comme le jeune fils de cet homme : ravailler, qu^avec un ferme désir d'y

»a8, c'est la vérité que j*ai écrit une fols à N. qu'une aumône vouée , et (livrée, pou voit être en quelque sorte §rée d*un lieu auquel elle étoit destin un autre d'égale piélé ; mais qu*éouée, délivrée et exécutée, on ne it plus s'en dédire, puisqu'une audélivrée n'est plus à celui qui l'a mais de plein droit et très-certaineappartient à celui qui l'a reçue , et t quand il l'a reçue sans condition , c une condition qu'il est prêt de son exécuter.

3 que je me sois plaint de vous, , je ne l'ai jamais fait , ni n'ai nulleinculpé mon avis , qui est l'avis do !S théologiens. Voilà cependant qui lieux du monde, que vous le veuillez , nonobstant ce que le monde vouire : aussi vous est-il égal de donner ou là, puisque le Dieu du monastère est le Dieu du monastère do N., et utes les deux maisons sont également ^s-sainte Vierge et à vous , ma trèsfille , que je conjure de persévérer à er constamment en notre Seigneur, > très-invariablement je suis à jamais i réserve vôtre , et ne cesse point de ;rla très-sain te Vierge, la plus aimée ju ciel et de la terre , qu'elle vous t vous rende toute bien-aimée de }, par les continuelles inspirations vous impétrera de sa majesté divine.

, etc.

LETTRE CCCCXXÏX.

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