FRANÇOIS DE SALES , A UNE SUPÉRIEURE DE LA VISITATION
Manière de combattre Tamour propre. C'est une tentation dangereuse pour une religieuse de prérércr des dévotions particulières à celles qui sont de régie. Comment une telle religieuse doit être traitée par sa supérieure. Le bien et le mal ne dépendent pas du sentiment, mais du
consentement
ik janvier 1610.
Je VOUS écrivis avant-hier (4), ma trèschère fille , et répondis à vos deux lettres précédentes. 0 ma fille véritablement toute bien-alirée de mon cœur 1 faites bien ainsi ; ne permettez pas à votre esprit de considérer ses misères : laissez faire à Dieu , il en fera quoique chose de bon. No faites guère de réflexions sur ce que votre nature mêlera avec vos actions : ces saillies de Tamour-propre doivent être négligées ; pour les désavouer deux ou trois fois le jour, on en est quitte. 11 ne faut pas les rejeter à
(1) C'Ml la lallra da il Jaaflar préeMaat.
force de bras , il suffit dédire on petitM Vousavez raison ; une fille qui estjlDiai ne doit penser à la réputation; oelaestli pertinent. Quant àmoi^ dit David fjem abject et méprisé :je n'ai point pawrcé oublié vos justifications (4) Que Dieu faa et de notre vie, et de notre esUw et de notre honneur à soa gré « poisqi tout est à lui. Si notre abjection sert ai gloire , ne devons-nous pas être ^oriei d'être abjects? Je me glorifie^ dâoit ri pétre, en mes infirmités, afin que ta ver de Jésus-Christ habite en moi (S). Qod vertu de Jésus^hrisll rhumilité, tm quiescement à Tabjection.
J'écris à cette pauvre cnère fille. Je i vis jamais une tentation plus manifesta connoissable que celle-là : elle est presqi sans fard et sans prétexte.
Rompre des vœux , pour jeûner ; prén mer d*étre bonne pour la solitude, flu être bonne pour la congrégation ; vouk vivre à soi-même , pour mieux vivre à Die vouloir avoir l'entière jouissance de propre volonté , pour mieux suivre la v lonté de Dieu : quelles chimères 1 Qu'a inclination , ou plutôt fantaisie et imagin tion chagrine , bigearre , dépiteuse , dui aigre , amèro , tctue , puisse être une i spiralion: quelle contradiction! Cesser* louer Dieu , et se taire de dépit es o£k que la sainte Église ordonne , parce qu'< ne le peut louer en un coin selon son inte tion : quelle extravagance 1 Or sus , j'fl père que Dieu retirera de la gloire de to ceci , puisque cette pauvre chère fille soumet en tout à ce qu'on lui commander et qu'elle révère votre présence.
Commandez-lui souvent , et lai ImptN des mortifications opposées à ses indin tiens , elle obéira ; et , bien qu'il semble que ce soit par force , ce sera pourtant oi lement , et selon la grâce de Dieu. Héla ma chère fille , il est vrai , vous ne dev nullement faire différence entre votre ai et la mienne en la confiance que vous dei avoir avec moi : et prenez bien courage faire les actes d'union et d'acquiescemi à la volonté de Dieu , par la partie et poii supérieure de l'esprit , sans vous étoni nullement de quoi vous n'avez point
(1) AdoleiceDlus mm c^u et cooiemplas, JuUSetlb tiuf Don tam oblitai. f*. cxtiii. t. Ul. (t) filoriabor in Innmilialibux mels. ut InkaMMIi ^ «IrtM Ckrtflll. II. CoB , «. su, V. t.
fientiments de dévotion pendant vos langueurs , puisque les consentemens et au bien et au mal peuvent être sans les sentimens , et les sentimens sans les consentemens.
On ne doit pas être variable à vouloir dianger , sans grande raison , de confesseur; mais on ne doit pas aussi être tout i fait invariable , y pouvant survenir des causes légitimes de changement; et les évéques ne se doivent pas lier si bien les mains, qu'ils ne puissent les changer quand il sera expédient, et surtout quand les scBurs y-d'un commun consentement, le requerront , comme aussi le père spirituel. Je n'ai nul loisir. Vive Jésus, en tout et partout, et surtout au milieu de nos cœurs ! Amen.
LETTRE CCCCXXXIV.