‹ Œuvres complètes; nouvelle édition collationnée et augmentée des lettres de Sainte Chartal, des lettres inédites de l'auteur, du portrait de lui et d'autographes (volume 3)Chapitre 248 sur 450 · DB · texte numérisé non relu

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pierva trouver vos yeux, pouV sar leur entremise votre cœur trësu mien, ma très-chârc 611e. 0 ce cœur 1 je le vois tout alangoun à la ue vous m'écrivîtes le 12 déceme je reçus fort tard ; mais je parle isypenser, ma Irès-clièreflile :ce is votre cœur qui est alangouri, tre corps ; et à cause de la liaison 3Dlre eux, il semble au cœur qu'il il du corps. Mon Dieu 1 ma rillc, ne nez nullement chargée de souiTrir

faut que vous souffriez, c'est pour Kiinte volonté de Dieu, qui a donné I et cette mesure à votre état corpois l'amour sait bjut et fait tout ; il I, ce me semble, médecin, ie grandparlisandeâ infirmes, et ai i peur que les incommodités quo

reçoit n'excitent un esprit do pruansles maisons, par lequel on tâi'en déchaîner sans congé de l'esibarité, sous lequel notre congrégaité fondée, et pour lequel on a fait la distinction des sœurs qu'on y I favorise donc le parti de votre init pourvu qu'elle soit humble, et se lisse obhgée à la charité, il la fouavoir, la pauvre fille; ce sera un tercice continuel pour la dilection

très-chère S Ile 1 demeurer en pais; , amusez poial A vos imperfections ,

nez les yeux hauts et élevés en l'io-

finie bonté de celaf qui , pour nous conte" nir dans son humilité, nous laisse vivre

dans nos infirmités. Ayez toute votre confiance en sa bonté; et il aura un soin do votre ame , et de tout ce qui la regarde , que jamais vous ne sauriez penser.

Je servirai en ce que je pourrai mon.

sieur N. , mais il faut avouer qu'en mati^n de négociation et affaires', surtout DMRf daines, je suis plus pauvre prêtre que je ne fus jamais, ayant, grâce A Dieu, appris à la cour à être plus simple et moins mondain.

Demeurez en paix , ma très-chère fille , et vives loute en Dieu. Je salue très-cordialement nos chères sœurs, et suis infiniment vôtre , ma très-chère fille. Notre mère abien de la besogne taillée en France, pour la multitude de maisons qu'on demande. Vive Jésua, et son nom soit béni es siècles des siècles. Amen, Vous êtes ma très-chère fille, et Dieu veut que j'aie de la consolation à le dire.

LETTRE CCCCXXXIX.

B. FBAKCeU DE SALES , A H. AtfDaé PsillIOT, IKCBETfonB DI BOUKCII, riIWiT O'AgUltAlHE,

IComminiqsta ft' ■. *'

'Il

Honstenr, enfin il ae faut consoler ; rien n'est si agréable ni si salutaire en celte vie mortelle que de bien aimer Dieu, et pour Dieu le prochain ; je le vois , certes , et je sens que vous m'aimez cordialement, et que vous y avez bien du plaisir. Et croyez aussi , je vous prie , que de mon câté j'ai un contentement nonpareil en l'extrême affection que notre Seigneur m'a donnée pour vous. Et puis voilà la trèschère «sur qui de même ne respire presque que la bienveillance de son beau-frère, et aime filiaiement ce chétif père spirituel, de qui Dieu lui a donné une si entière et parfaite amitié, qu'elle ne se peut exprimer, et s'il faut que je voua te dise , mon cher frère (et ne voulez-voua pas ce titra cordial f], que cette pauvre me fait un peu de pitié (f), comme la voyant là es champs nr uniiiiiiiiiiMii ÉiUTtimiiii liai.

un peu trop tristement solitaire. Mais c'est | son calice , ne faut-il pas qu'elle le boive? et puis je m'imoî^ine que vous lui écrivez souvent, et allégez son tendre cœur par la communication des sentimens du vôtre.

Mais n*attendez pas , mon cher frère , que je vous fasse le rcmercicmenl que je devrois de votre boite toute pleine de parfums sacrés : seulement je vous assure que j'estime plus ce présent que Tor et la topaze , car il vient de votre dilecUon , et ne rend que dévotion.

Je me ressouviens fort bien que j'allai (4) visiter une demoiselle, grande amie de madame l'abbesse do liaumo , et elle sera bien donc la mienne, puisqu'elle est la vôtre; car les cœurs qui sont unis à un cœur , ne peuvent qu'ils ne soient unis ensemble (2).

Mon frère ne se peut déprendre de la cour, où le service et les faveurs de Madame (3) l'attachent : mais je puis bien répondre pour lui, qu'il est grandement votre serviteur très-humble.

Il faut que ju m'arrête , puisque le porteur me presse. Vivez toujours uniquement en Dieu, mon très-cher et très- véritablement toujours plus cher frère , et aimez continuellement mon ame, laquclU^ souhaite mille et mille consolations et prospérités saintes à la vôtre , vous chérit , et vous honore invariablement.

Monsieur mon très-cher frère , c'est la véritable profession de votre très-humble , etc.

LETTRE CCCCXL.

s. FRANÇOIS DE SALES, A UNE DAME.

lonsolalions h une dame au sujet de la maladie de son mari. Que Thu milite et la paUence sont nécessaires dans les afflictions.

17 féTTler 1610.

i vous , ma très-chère fille , il no faut point de cérénvsnie : car Dieu ayant rendu

roieot au ruabourg Salnt-MIchel, elles eurent benncoup à souffrir, même Uu gùU du oëce«Mire. irouTeot elkt a'êvoient do la nourriture qu'a dAni : les habits, le linge et Iw mealiles leur manqaolent : plusieur- élulenl rcduUes à s'asseoir a terre et à souffrir le fruid W. plus ngoureui, faute (l'avoir du boi»et des couwrlurvs l.t uuii; plusieurs couchoirnt liaus les f reniera sur un ia?« ilc tagolê ; il arrltoit quelquefois qu'en se levant elles éloteot coavertes de ti<!ife.

(1) Eu isos, pondant on voyage de Bourgogne ot de Franche-Comté.

(1) Qus sunt eadem anl tertio, sont eadsm iator ao. AÙoas ftB raiLOSovMiK.

W U prUiMaM de FMaoni.

mon cœur si fortement seiré^au vAtre, il n'y a point d'entre^leux , ce me semble. C'est pour dire que je ne vous écris que ces deux mots , réservant le loisir pour écrire à d'autres à qui il faut faire réponse

Mais que sont-ils ces deux motB? hnmi lité et patience. Oui , ma très-chère fille, et toujours, certes, plus chère 6Ue, von êtes environnée do croix, tandis que le cher mari a du mal : or, l'amour sacré vous apprendra qu'à l'imitation du grand amant , il faut être en la croix avec humilité, comme indigne d'endurer qveH|i» chose iK)ur celui qui a tant enduré pour nous , et avec patience , pour ne pas v(n^ loir descendre de la croix qu'aprèa la OMort, si ainsi il plaitau Père étemel.

0 ma très-chère fille, reconunandez-moi à ce^ivin amant crucifié et crucifiant, afin qu'il crucifie mon amour et toutes mes passions , en sorte que je n'aime plus que celui qui, pour l'amour de notre amour, a voulu être douloureusement , mais amoureusement cnicifié.

Mon frère de Boisy, votre hôte , s'en ta être évêque pour me succéder , Madane l'ayant ainsi désiré , et son altesse séré^ nissimc voulu , sans que jamais ni directement ni indirectement, je l'aie recherché. Cela mo fait espérer un peu do repos, pour écrire encore je no sais quoi du divin amant et de son amour, et pour me préparera l'éternité.

Ma très-chère fille, je suis incomparablement votre serviteur très-humble, cl de monsieur votre mari , et de M. C*, mais surtout de votre chère ame que Dieu bénisse. Amen.

LETTRE CCCCXLI.

s. FRANÇOIS DE SALES , A UNE DAME.

Le Saint lui mande qu'il accepte une pauvre fliti pour être religieuse, è sa recommandaUon. U l'exhorte à mettre sa conflanoe en Dieu.

17 févrlor MMi

Cette fille me sera chère , venant de la main de la providence de Dieu , et surtout par votre recommandation , ma très-chère fille , qui m'est de très-grande estime en toute façon. Plaise ù cette même bonté céleste de répandre ses grâces sur nous, afin que nous suivions tous les sacrés attraits de la sainte vocatiOB. Je n'ai point encore

DE S. FRAii|Bei« pE SALES.

(tturlé ÛQ luousieur N. \ mais à vua da pays ê ne laisse pas do vous dire , ma tr^ ilére fille ^ que vous teoicz la tâto haute* p/m^ reievéeen Dieu, et les yeux dans l'éemité bienheureuse qui vous attend.

rQu'^sHîe qui peut nuire aux enfants du Vm éteroel , qui ipnt conûance en sa dé- Mtfmaireté? En toi , Seigneur, j'ai mis Mm espérance (4) : disons bien ceci , ma ite-cfaère fille, mais disons-le souvent, di- Mlfirle ardemment , disons-le hardiment, l ce qui s'ensuit nous arrivera : Je ne sem point confondu (2).

Non, ma fille, ni pour cette vie, ni pour a future, jamais nous pe serons cqnfopjlu^ : spërons en Dieu ; faites bien et continuez os exercices; aimez les pauvres, et deneurez en paix : pour moi, je chéris votre csur de plus en plus, je le bénis d€[ plus D pluSy et suis en vérité de plus, votre, etc.

{JSTTRE CGGCXLn.

. FHAIfÇOIS DE SALES, A UNE SUPéRIEURB DE LA VISITATION.

(M reUKicatet ne doiftnltller «a ptrioir qae s'U . I M néct'iMté. Ut 11) ni lip) ici té do leurs pceiiquet ■e réduit à Tunique eiercice de It charité. Conduite que doit tenir une maîtresse des novices à régtrd d'one fille qui ertinl de s'assuJeiUr aux txercicfii 0e If iii«i«0D.

n férrier leto.

Or sus , je vous dis , ma très-chère fille , [ue si j'ai dit en quelque entretien, douze leures dans la maison pour une au partir , j'ai dit ce qui seroit désirable , s'il loit praticable. On dit souvent de telles HTopositions qui se doivent entendre com- Bodément, c'est-à-dire quand les choses e peuvent bonnement faire, selon les lieux, os personnes, et les affaires que l'on a. )emeuroz donc en paix , et faites valoir ce locument sagement, prudemment, non lurement, ni rigoureusement, ni ric-à*ric. . Le directoire de noviciat propose quanilé d'exercices , il est vrai . et il est encore RIO et convenable pour le coiflmencement le tenir les esphls rangés et occupés : mais [uand , par le progrès du temps, les âmes e sont un peu exercées en cotte multifrfiilé d'actes intérieurs , et qu'elles sont faonnéeft, dérompues et désengourdies, iors les exercices s'unissent à un exercice

(1) Ib te, Domine, ipeniTL Pi. zxx, v. i. (I) Mmi oonCeadir tA «liriMiaii.

de plus grande simplicité , ou à l'amour de complaisance, ou à l'amour de bienveillance , ou à l'amour de confiance , ou de Tunion et réunion du cœur à la volonté de Dieu , de sorte que cette multiplicité se convertit en unité.

Et de plus , s'il se trouve quelque ame , voire même au noviciat , qui craigne trop d'assujettir son esprit aux exercices marqués , pourvu que cette crainte ne procède pas de caprice, outrecuidance, dédain, ou chagrin , c'est à la prudente maîtresse de les conduire par une autre voie ; bien que pour l'ordinaire celle-ci soit utile, ainsi que l'expérience le fait voir. Vivez toute à Dieu , en ptfix, en douceur, courageusement et saintement , ma très-chère fille. Je suis en lui parfaitement vôtre tout à fait.

LETTRE CCCGXLIU

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