TEXTE
Ce n'est ici qu'une lettre d'attente, ma très-chtre nile , pour seulement vous dire <)u'au premier Jour je répondrai par le Qenu à toutes ct;lles que vous m'avez fait la consolation de m'écrire Jusqu'alors.
Vous pourrez cependant répondre à monseigneur l'évêque que ces bonnes filles de ktoulins , comme vous aussi n'êtes là que pour le service do la fondation, et que, quand lemuMiiïtëre sera établi, vous pourtez... en vos maisons de profession , ou rece.... et que partant il ne faut rien débander pour ces. ... là à la maison de Uou-
res, et enverrai les miens vieux à la prc« mière commodité. Ma irès-chère Cllo, je suis très-parfaitement tout à fait v6tre, et comme à ma chère fille... et comme à ma sœur Marie-Aimée.
Ce n'est ici qu'une lettre d'attente , ma très-chère fille, pour vous dire seulement qu'au premier jourje répondrai en particulier à toutes celles quo vous m'avez écrites jusqu'à présenl.etdontj'ai reçu une grande consolulion. Vous pourrez cependant répondre à monseigneur l'évêque que ces bonnes filles do Moulins , aussi bien que vous, n'êtes là que pour faire le bien de lafond)itlon,etque, quand le monastère sera établi, il vous sera libre de ristourner en vos maisons de profession ; que par conséquent il ne faut rien demander pour ces filles à la maison de Moulins, qui demeure obligée A les recevoir quand elles retour* neront.
Il me semble aussi qu'il n'est pas convenable de presser notre sœur Marie-Aimée deHorville, puisqu'elle laisse d'elle-mêmB ei librement les dix mille francs.
Ne laissez point abattre votre courage, ma trèi-chère fille, mais soutenez-le par une sainte confiance en Dieu et par la sainte humilité.
A l'égard des filles qui sont ineptes, assurément elles ne doivent point être reçues A la profession; et quand on les connott («Ues, avant qu'elles soient wlmiaes A la
LETTRES
véture , il ne faut point les y admettre. Mais je vous dirai coin en détail.
Vous pouvez employer au service du dehors les sœurs qui doivent être domestiques, etquin*ont pas encore urisThubit, en quoi elles mériteront de plus eh plus qu'on leur accorde cette grâce par la suite.
Je vous remercie de vos beaux hréviaifës : je vous enverrai mes vieux â la pfeftiière commodité. Ma très-chère fille, JO 8UÎS très-parfaitement tout à vous, comme à tna très-chère ûile N. et à ma sœur Marie-Aimée.
LETTRE CCCCLXVn.
8. FRANÇOIS DE SALES , A LA MÈRE PAULE- HIËRONYME, SUPÉRIEURE A NEVERS.
Les rHipieuses qui vont faire des fondations doi- ., retii y flHor sans aucune inquiétude sur leur rfiour. Atis sur l'usage qu'elles peuvent faire do» touriéres, faute de sœurs converses. Le senriment des tonlalions doit être mc^prisc !>'il n'y a point de consentement. Importance de la clôture : à quelles cundilions on doit recevoir des tilles; il ne faul pas comuiuniquer indiscrètement les consUtutions aux séculiers. Re»- |»eci dû aux évéques. Avis sur la réception ries personnes difformes, riches et pauvres; sur les ■ssocices sur des choses de bienséance. On ne doit pas se hàler d«î recevoir des sujets , ni trop entreprendre, mais agir eu tout avec prudence.
16 novembre 1610.
Ma très-chère fille, il n'y a nul mal de demander aux novices comment elles se portent : mais quand elles marqutmt des maux de nulle conséquence, il ne faut pas les attendrir, ains seulement leur dire : f Vous serez bientôt guéries, Dieu aidant; » puisqu'à la vérité le sexe est merveilleusement enclin à se plaindre ou à désirer cTétre plaint, et c'est la vérité que ces tendretés prennent leur source de paresse et amour-propre. 0 mon Dieu ! que S. Bernard dit ufte chose étrange et remarquable des reli«^ieux malades! Mais je vous le dirai un jour. Vous avez donc fuit grandement Lien pour lu fille N., trop amie de soi-même , de l*eiercer et occuper extérieurement.
Ma chère fille, il ne faut pas que vous autres qui fondez des maison:^, fassiez ces pensées, si vous reviendrez ou non; avant qu'il en soit temps. Or, il n'en est pas temps au cominencenieiit de votre besogne. Écoute^ mafilUf etconêidére, et abaisse
ton oreille^ et oublie ta tnaixan; et le roi te désirera t car il est ton Dieu (<) ; c'està-dire il te fora reine, car il est bon. Faites bif'n ainsi : bandez tout à fait votre esprit avec fidélité et douceur à une magnanimité et force particulière.
Servez-vous à ce commencement des sœurs domestiques de dehors [t) , et cependant elles demeureront en leur habit modestement s(Vulier. Nous n'avons point encore pensé s*il faudra les garder une année ici ; mais nous y penserons bientôt.
Vous avez bien fait touchant ce sentiment , puisqu'il n'y avoit nul consentement ni arrêt volontaire : cela doit être négligé et méprisé, sinon qu'il y eût quelque violence tout â fait extraordinaire.
Je trouve bon l'avis donné à notre sceor de Lyon , sur ta réception d'une fille tout à fait bonne , et nullement fantasque , ni bigearre , mais d'un esprit tout à fait grossier. Il ne faut pas remplir la maison de telles filles ; mais prenez celle-là » car lise trouve si peu de personnes en ce sexe sans fantaisie et malice et bigearrerie , que quand on en trouve on les doit recueillir.
Je dis ceci pour ma très-chère fille N. , que j'aimo cordialement. Si quelquefois elle Cbtdillicilo à traiter en ses incommodités corjwrel les, petit a petit ct>la passera: Tesprit humain fait tant de détours sans que nous y pensions, qu'il ne se peut qu'il ^( no fasse dos mines ; celui pourtant qui en fait le moins est le meilleur.
Il n'y a nul danger , ains il est expédient de faire dextroment bien concevoir au père j spirituel l'importance de la constitution de / la clôture, toute tirée du saint concile de Trente ; et de même à monseigneur l'évé' que. Il ne faut pas donner promesse à point de filles de les recevoir, sinon en cette façon: «Nousvousrecevonscncequi vous regarde, mais il faut que monseigneur l'évêqueli trouve bon ; » et faut toujours conférer avec le père spirituel , car il saura toujours bien les défauts, s'il y en a.
11 faut éviter de prêter vos constitutions, en disantqu'àla première impression beaucoup de fautes se sont glissées, pour la hâte de ceux qui les ont transcrites , que
ff) Andl. Alla, et vide, et inclina aurem liiaa;«l obN* vifcere populom tuum . et domum palnt tul : et eotcapi»(cet rex decorem taoïn ; qnoniam IpM eal Peta law.
PS. XLIV, T. il.
(1) Ceat-è-tflre IM toarlèrat.
>n corrige , ci que bientôt on les fera im- *fMéf , et qu'alors Totls les communiquet volontiers. Mais les personnes étant M^rètes et de condition, en les avorlissant l'ce défaut, qui â la vérité est grand, fis pourrât, selon votre prudence, les ètef.
tl fie Vbns fëut pas laisser peindre , si )nseigneur Tévèque ne le demande , ou ire père apiriluel , auquel vous pourrez éir en cela , comme es autres choses iniBérentea, c*est-à-dire qui ne sont pas ntre votre institut. J'en dis de même des très sœurs, auxquelles il faut pourtant in donner des fcmèdes contre la vanité ,
laquelle toutefois il n'y a pas grand su- ; d*ètre pei'.t sur de la toile, puisqu'il n'y
doit point avoir d'élre peints en notre rsonne à Timage de Dieu.
Il faut à la vérité bien révérer Té vèque ibli supérieur en rÊglise par le sacrement i Mn ordre , c'est-à-dire par le Saint-E:^ il, comme dit S. Paul , et par la fêgle opre y et par des constitutions : et Dieu mira votre obéissance , qui est Tancienne »éis9once des religieux anciens.
11 ne faut pas dire au Confiteor : et bea- \m jÉuguttinum ; parce que votre con- "égation est sous le titre de Sainte-Marie ) la Visitation , quoique sous la règle de . Augustin.
U n'est pas nécessaire de donner les mstitutions aux prétendantes , qu'en les ur expliquant.
La philosophie des bains de /Cette bonne le est gracieuse. En somme, «il n'y a rien u'im esprit foible ne glose : on ne peut ïAiédicr à telles niaiseries qu'avec la pa- Boce d'inculauet* la vérité, t^our ces ûlles indisposées à être de la nlgré<;ation, il faudra suivre le conseil 38 eegos et spirituels , après un peu d'essai 3 correction. En somme , ce sont des cho- » que le Saint-Esprit , le conseil et l'œil jtis feront disce^^e^.
La Glle au bras court (4) doit être feçue, elle n*a pas la cervelle courte ; car ces ifformités extérieures ne sont rien devant
>ieu
Seioti Votre sentîmetit et le mien , il ne lut pas recevoi^ les riches au chœur parce ii'clles sont riches , mais parce qu'elles nt le talent d'y servir : et si elles ne l'ont
(1) CMt-kp4lft la B4MhotU.
l>as , qu'elles soient des associées , si elles sont foibles , ou Vieillèd , ou maladives ; si elles sont fortes, on les pourra empioyjcr au service de la maison , ou dumoins â coo- {lércr aux domestiques (1). Si quelque considération les fait mettre parmP les associées , comme seroit leur délicatesse , ou la bonté de leur esprit, cela les tiendroit habiles à servir des supérieures , ou aux autres offices , hors c«Iui d'assistantes.
Et les pauvres ne doivent être rejetées , puisque notre Seigneur a tant aimé la pau** vreté, que de tous les apôtres la plupart étoient pauvres de condition : mais pourtant il faut avoir quelque égard aux charges de la maison, autant que la sainte prudence et la grandissime confiance en Dieu le dicteront. En votre chtipello, vos fenêtres doivent être voilées, nOn qu'on ne vous puisse pas voir distinctement ; mais avoo cela il faut ouïr le sermon le voile de vos faces levé.
On peut recevoir associées les femmes et filles qui ne savent pas lire ; car tout ce qui est dit de la lecture s'entend de celles qui savent lire.
Vous aurez les indulgences de tout Tordre de S. Augustin ; car le bref de votre institution vous les donne , vous pemiettiint do les avoir imprime>es.
Ne recevez pas légèrement des filles; mais , selon que la prudence vous enseignera t ou de différer , ou de hâter , faitesle; et si elles s'en vont ailleurs, Dieu les veuille conduire, et en soit loué.
N'entreprenez que doucement , selon la petitesse des moyens que vous verrez vous pouvoir arriver , et pour les choses nécessaires. Dieu ne vous abandonnera point.
Notresœur m'écrit une lettre toute sainte, et dit qu'elle donnera toutà fait les dix mille francs à Nevers sans contredit.
Or sus, ma très-chère sœur , tenez vos yeux sur Dieu et sur son éternité de réoimpense, et sur le cœur de la très-sainte Vierge , et marchez toujours humblement eloourageusement,età jamais sans réserve je suis tout vôtre , et votre père , et votre serviteur. Vive Jésus. Saluez monseigneur révèquo, votre père spirituel, et le père Lallemant.
(1) Alix MMtfi tramML
LEITBB CCCCLXVra.