‹ Œuvres complètes; nouvelle édition collationnée et augmentée des lettres de Sainte Chartal, des lettres inédites de l'auteur, du portrait de lui et d'autographes (volume 3)Chapitre 256 sur 450 · DE BELLE Y · texte numérisé non relu

DE BELLE Y

Le Saint témoi'^ne sa joie de ce que son ami instruit bien son peuple, et il l'encourage à ftoulTrir les peines et les dé(;ortis aUactics à ce ministère.

7 mars 1621.

Monseigneur, je me réjouis avec votre peuple , qui a le bien de recevoir de votro houche les eaux salutaires de l'Évansiie :

(1) Charl<*.«-Einnniini]el de Bullon . ir«niilhoinine te la «liunihre du duc de i'aToie, ( '.ha rleK>Enj manuel 1er, et «on «DilMMed^aren France et en E»pefne.

^ Peal f •

et m'en réjoulrois bien daTantage , i recevoit avec Taffection et reconnal qui est due à la peine que voua pre les répandre si abondamment.

Mais, monseigneur, il faut bec souffrir des enfans , tandis quMls s bas âge ; et, bien que quelquefois il dent le tètm qui les nourrit , il ne fa pourtant le leur ôter. Les quatre m grand apôtre nous doivent servir thème (4) pour fortifier notre cœur poriunè , importunéy in omnt pal et doctrinâ (2). 11 met la patience mière , comme plus nécessaire , et s quelle la doctrine ne sert pas. Il vei que nous souffrions qu'on nous trou portuns, puisqu'il nous enseigne d* tuner par son importuné. Continue lement à bien cultiver, car il n*est p terre si ingrate que Tamour du lab ne féconde.

J*attendrai cependant les livres vous plaît me promettre , qui tiendi mon élude le rang convenable à ï que je fais de leur auteur, et à Tamo fait avec lequel je lui porte et p toute ma vie honneur, respect et rév( Je suis , monseigneur, votre , etc.

LETTRE CCCaXXVL

s. FRANÇOIS DE SALES , A UNE RELl DE LA VISITATION.

Le Saint demande grâce pour une fille devoit renvoyer d'un monastère de a Il explique à la supérieure ce que c'e»t q autant qu'une créature en est capable

Annecy, s avril

Je ne me saurois déterminer, m chère fille , sur la demande que v< faites de l'opinion que j*ai, sMl est pos qu*on retienne ou qu'on renvoi fille , parce que je no la connois pas bien crois-je que l'on pourroit lui encore un peu de temps , comme maines , et lui dire ouvertement l'on requiert en son esprit et en s duite, afin qu'elle vaquât sérieuseï

(1) L'épithème est une espèce de fomentâU* tneiiiic, et an remède extrrne qu*on applique fi gtoiis du cœur et du foie puui let foriifier on lei de quelque liilemperie.

(i) AunoDcez In pnrote, pressez les hommes à conire-ienips ; reprcnex, menacez, supplies. « quer Jamab de pellence. et sans cosker de les i U. Ti«., c iT, V. t.

oqiiérir ; et , si elle se rendoit souple, on pourrait garder : car véritablement elle in extrême besoin de demeurer en la vie ligieuse; son esprit , ce me semble , ne avant que courir fortune de beaucoup détraquemens au monde. Cest pouroi il faut par charité faire ce qu'il se urra bonnement faire pour son salut, le si de son côté elle ne coopère pas en lumiliant , se soumettant , renonçant à 1 esprit , et suivant celui de Tinstitut quel elle aspire , ce sera son dam et sa iilpe seule.

Quant à l'autre demande que vous me tes , il est impossible d'y répondre enrement, non-seulement à moi , mais aussi X anges et aux chérubins ; car Dieu est -dessus de toute intelligence : et s'il y oit une intelligence qui pût comprendre parfaitement dire ce que Dieu est , il odroitque cette intelligence fût Dieu ; car budroit qu'elle fût infinie en perfection. yyez , je vous supplie , les trois premiers «pitres du II* livre de V Amour de Dieu; ais surtout voyez le premier chapitre , et icore les IX, X, XI, XU, XIU, XIV,XVlapitres du m* livre de V Amour de Dieu ; ir cela vous donnera une sufiisante luière pour concevoir en quelque sorte ce ne c'est que Dieu : c'est-à-dire , vous éprendrez, autant qu'il est requis, ce qu'il I faut croire, et voici ce que pour le "ésent je vous en puis dire.

Dieu est un esprit infini , qui est la cause ile mouvement de toutes choses, auquel ;par lequel tout est , tout subsiste et a n mouvement. Il est par conséquent insible de soi-même , ne pouvant être vu l'en l'humanité de notre Seigneur, qu'il unie à sa divinité. Il est infini , il est irtout, il tient tout par sa puissance ; rien ) le tient pour le comprendre; ainsi il mprend et contient tout , sans être connu de chose quelconque.

En scHoune, ma fille , comme notre ame t en notre corps sans que nous la voyions, ou Dieu est au monde sans que nous le lyions ; comme notre ame tient en vie ot notre corps tandis qu'elle est en icei , ainsi Dieu tient en être tout le monde, ndis qu'il est en icelui ; et si le monde BOit d'être en Dieu , il cesseroit tout autôt d'être; et comme , en certaine fa- B, notre ame est tellement en notre

corps qu'elle ne laisse pas d'être hors de notre corps, n'étant pas contenue en ice* lui, puisqu'elle voit , elle entend , elle oit , elle fait ses opérations hors de notre corps et au delà de notre corps, ainsi Dieu est tellement au monde, qu'il ne laisse pas d'être du monde, et au delà du monde, et tout ce que nous pouvons penser : et pour fin , Dieu est le souverain Être, le principe et la cause des choses qui sont bonnes , c'est-à-dire qui ne sont point péché.

0 ma fille ! c'6st un abime ; c'est l'esprit qui vivifie tout, qui cause tout, qui conserve tout, duquel toutes choses ont besoin pour être ; et lui n'a besoin de nulle chose, n'ayant jamais été que très-infini en tout ce qui est, et très-heureux, ne pouvant ni commencer d'être , ni finir, parce qu'il est éternel, et ne peut n'être pas étemel. A lui seul soient honneur et gloire. Amen.

Je n'ai pas dit ceci pour vous dire ce que c'est ; mais pour vous faire tant mieux entendre que je ne le puis , ne sais dire , ci que je ne sais que confesser que je suis un vrai néant devant lui , que j'adore trèsprofondément , comme aussi l'humanité de notre Sauveur à laquelle il s'est uni , afin qu'en icelle nous le puissions aborder et le voir en nos sens et senlimens au ciel , et en nos cœurs et en nos corps ici en terre au divin Sacrement de l'Eucharistie. Amen.

LETTRE CCCCLXXVn.

LA COMTESSB DE DALBT , A LA MÈIUI DE CHASTBL ,

SUPÉRIBDRK DU MONASTÉtB DB LA VltlTATlOR ,

A CREIfOBLB.

(Tirée d« It fto de U mèr« Pr«ehoMt, ptr It mkn de

ChiBgl.)

Elle M plaint de It dureté de sa mère poar elle , parce qu'elle tToit fait Tœa de fonder an monastère de la TisiUtion.

ATantlstSafrilistl.

Oui, ma très-chère mère , il est vrai que j'ai eu l'honneur d'être battue et flagellée pour ma bien-aimée vocation ; mais, certes, de tous les outrages que notre Seigneur permit m'être faits par celle à qui je dois le plus au monde , et pour laquelle aussi j'avois plus de respect , nul n'a été égal à la honte de m'avoir chassée de ma propre maison à coups de pierres et de poings sur ma personne et sur mes pauvres petits en-

LETTEE9

fans. Si vctro charité n'a jamais vu de ces gueuses qui ont eu des enfans à leur cou et en leurs bras , j*étois on cet équipage : \iais, ma très-^.hère mère, 6 que nousavons un Dieu plein de miséricorde 1 II permit bien en ce rencontre que mes sens fissent quelque révolte à cause de mes pauvres petits enfans ; néanmoins , mon ame étoit en une si grande tranquillité , paix et joie , que, n'osant chanter extérieurement À cause de la bienséance , je chantois mentalement plusieurs versets des psaumes de David, que Dieu me mettoit au cœur, et je faisoisdes actions de grâce très-ardcntcsà la divine bonté de m'avoir donné de si belles occasions de lui témoigner mon amour; et je ne me souviens pas d'avoir Jamais eu des sen timons pareils

Une pauvre paysanne me reçut, lorsque ma mère m*eut ainsi chasî^ée , et me prêta deux de ses couvre-chef , dont je fis des coifies de nuit pour moi et pour mes pauvres 'enfans. Elle me quitta son lit , où je couchai mes quatre petits ; et quant à moi , j'avois tant de choses à dire à mon Dieu , que je ne me couchai point cette nuit-lâ.

LETTRE CCCCLXXVIII.

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