FIANÇOIS DB 8ALB8 , A UlfB SUPÉUBUBE DB LA TISITATION
La prudence humaine est fort à craindre dans les cnoset spirituelles : elle est opposée é la etaarite y A la eonfianeo en Dieu y é l'éiakliatement des maisons religieuses.
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0 ma très-chère fille 1 quelle pitié déconsidérer les effets de la providence humaine en ces âmes dont vous m*écrivez , le mien et tien régner d*autant plus puissamment es choses spirituelles qu'il semble être un mien et tien spirituel ; et cependant il étoit tout à fait non-seulement naturel , mais charnel. 0 combien tout cela est éloigné de cette pure charité , qui n*a pas dejalomte ni (^émulation » et qui ne cherche. ce qui lui appartient (^) ! Ma fille, cette prudence est opposée à ce doux repos que les enfans de Dieu doivent en la providence céleste.
On diroit que l'érection des maisons religieuses et la vocation des âmes se fait par les artifices de la sagesse naturelle , et je crois que, quant aux murailles et à la charpenterie , l'artifice en peut être : mais la vocation, l'union des âmes appelées , la multiplication d'icelles , ou elle est surnaturelle , ou elle ne vaut rien tout à fait. Nous avons trop de considération d'état et trop de finesse mondaine en ces choses que Dieu fait par une spéciale grâce. Toujours les pauvres rejetiés ont eu la bénédiction et la multiplication, comme Lia, Anne et les autres.
Mais, ma très-chère fille, il faut demeurer en paix, en douceur, en humilité, en dilection non feinte , sans se plaindre , sans remuer les lèvres. 0 si nous pouvons avoir un esprit d'une entière dépendance de
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LETTRES
soin paternel de notre Dieu en notre congrégation, nous verrons multiplier avec suavité les fleurs des autres jardins, et en bénirons Dieu, comme si c'étoit es nôtres. Qu'importe-t-il à une ame véritablement amante, que le céleste époux soit servi par ce moyen ou par un autre? Qui ne cherche que le contentement du bien-aimé, il est content de tout ce qui le contente.
Croyez-moi, le bien qui est vrai bien ne craint point d'être diminué par le surcroît d'un autre vrai bien. Servons bien Dieu , et ne disons point : Que mangerons-nous, çue boirons-nous (4)? d'où nous viendront des sœurs? C'est au maître de la maison d'avoir cette sollicitude , et à la dame do nos logis de les meubler; et nos maisons sont à Dieu et à sa sainte mère. Dissimulez avec amour toutes ces petites tricheries humaines , ma très-chère fitle. Donnez , tant que vous pourrez l'esprit d'une véritable et très-humble générosité à nos chères sœurs, que je salue de toute mon ame. Vous êtes toujours plus ma très-chère fille tout à fait bien-aimée, et je suis votre, etc.
LETTRE CCCCLXXXVI.