‹ Œuvres complètes; nouvelle édition collationnée et augmentée des lettres de Sainte Chartal, des lettres inédites de l'auteur, du portrait de lui et d'autographes (volume 3)Chapitre 273 sur 450 · PKaM^OIS bt &ALES, À tA HftBB DE ilEAUMOÎît [i · texte numérisé non relu

PKaM^OIS bt &ALES, À tA HftBB DE ilEAUMOÎît [i

SUPdAIlHAS MLA VltlTATlon, àUI SAlUt-ARTeiRa

A PARlSi

Il l'etborte à «upporter m charge avec eoiirafo, l'assurant de la proleclion du Seigneur. Il lui Recommande l'humilité, la douceur, et l'amouf BMlerncI 4 regard de ses filles.

«I janvier iiH.

Ma très-chère fille , je vous souhaite d^ tout mon cœur une grande humilité dedans un grand courage , afin que votre courage soit tout à fait en Dieu , qui par sa bonté vous soutienne , et on vous la sainte charge que l'obédience vous a imposée. Je l'espère, nia très-chère fille, et quo vous serez comme l'ancienne Anne (i), laquelle , avant qu'elle fût mère , cliangeoit souvent de visage , comme touchée de diversité de pensées eî d'ap^éhensions ; maisétantdovenuemère) dit l'Ecriture sacrée , sa face ne fut plus variante ni diversifiée (3) , parce cjuc , comme je crois , elle fut accoisée en Dieu » qui lui avoit tait connollre son amour, sa protection et son soin sur cil e.

Car ainsi , ma très-chère fille , jusqu'à présent le souci de votre conduite , et l'appréhension de votre future supériorité , .vous a un peu agitée , et vous a souvent fait varier en pensées : maintenant que vous voilà mère de tant de filles , vous devez demeurer tranquille , sereine , et toujours égale , vous reposant en la Providence divine , qui ne vous eût jamais mis toutes ces chères filles entre les bras et dans votre sein , que quand et quand elle no vous eût destiné un secours, un aide , une grâce très-suffisante et abondante pour votre soutien et appui.

Le Seigneur , disoit Anne , mortifie et vivifie t il mêht awù ef^feri , et il en ra* mène; le Seis^ieurrerïdpauvre et riche, il abaisse et soulève (4). 0 disons, ma trèschère fille , comme une autre Anne , Le

(1) Li mère A. C. de Beanroont ett calla qal •occéJa ImmédlaleDient a la blenbeoreuse mère de Chantai dans la aopérlorlté do prenitar monaatère de Paris, lars^aêeeue oiere en partit pour s'aa retourner an Savaia, irols ans après la fundatiuà.

(S) Mère do Samoel.

(3) Valtusque lllioa non suntampllus In dlvena mnlatl. I. Rec, u. I. T. IS.

H) Dominas dtoriiflcat et vlrificat. dedocll ad inferos. •( redecft; Dominas patoperem ffeclletdllàt. hamillat et •aklerai. C'anf. 4fiii*. I. Ilh. Rcc, c. h. t. • et 7.

isniiES

Seigneur chargé et décharge. Il est vrai, CUV quand il impose quelque chose à une de ses filles , il la renforce tellement, que, soufflant la charge avec elle, elle est comme déchargée. Pensez-vous qu'un si bon père comme Dieu voulût vous rendre nourrice de ses filles , sans vous donner abondance de lait , de beurre et de miel ? Or de cela il n*en faut point douter ; mais prenez seulement garde à deux ou trois mots que mon cœur va dire au vôtre.

Rien ne fait tant tarir le lait des mamelles que les regrets , les afflictions , les mélancolies, les amertumes, les aigreurs.

Vivez en sainte joie parmi vos enfans ; montrez-leur une poitrine spirituelle de bonne vue et de gracieux abord , afin qu'elles y accourent en gaieté. C'est cela que le Cantique marque en la louange des mamelles de l'époux : Tes tétins sont meilleurs que le vin odorant des parfums précieuxl^).

Le lait , le beurre et le miel sont sous ta langue (2).

Je no dis pas , ma fille , que vous soyez flatteuse , cajoleuse et rieuse , mais douce, suave , aimable , affable. En somme , aimez d'un amour cordial , maternel , nourricier et pastoral , vos filles : et vous ferez tout ; vous serez tout à toutes; mère à chacune , et secourable à toutes. C'est la seule condition qui suffit, et sans laquelle rien* ne suffit. Ma fille, je me confie que Dieu , qui vous a choisie pour le bien de plusieurs, vous donnera les secours , la force , le courage et l'amour pour plusieurs. Â lui soient à jamais honneur , gloire et bénédiction. Amen.

Je suis invariablement vôtre , et je me confie quavous n'en doutez nullement.

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