‹ Œuvres complètes; nouvelle édition collationnée et augmentée des lettres de Sainte Chartal, des lettres inédites de l'auteur, du portrait de lui et d'autographes (volume 3)Chapitre 275 sur 450 · LETTRE DXV · texte numérisé non relu

LETTRE DXV

s. FRANÇOIS DE SALES , A LA MÈRE FAVRB , SUPéRIBURE DU MONASTÈRE DE LA VISITA- TION DE MONTFERRAND.

(Tirée da montilère de la Visitation de U Tille de

Meaox. )

K Tévéque do Clermont , sur le diocèse daqacl étoit Uoniferrand , et les magistrats de ladite ville, firent bien des difficulté? pour la laisser sortir et aller gouverner le monastère de Dijon , qoe madame de Chantai établit quinze jours après cette lettre. Le Saint lui envoie avec son obédience deux lettres pour M. Tévéque de Clermont, Tune de lui-même, et Tautre de M. le président Favre, pour vaincre les difficultés en question. Il parle de la fondation de Cbambéri , 4 laquelle on destinoit la mère Favre ; de la retraite de madame la comtesse de Oalet, fonda- Irïce du monastère de Mon tfcrrand; de la remise de ses enfans entre les mains de ses parens; de quelques points qui regardoient le gouvememenl et l'état de quelques maisons; enfin d'un eonseil qu'il donne à une demoiselle fort ricbe.

M avril leii.

Tenez, ma très- chère fille; voilà deux kttres pour monseigneur de Germent , Tune du bon monsieur votre père , Tautre de moi , qui tendent à même fin ; vous les 7errez toutes deux , et s*il vous platt les cacheter , et après que le cachet sera sec , vous les lui rendrez. Voilà votre obéissance sans date , voilà encore la lettre que monsieur votre père vous écrit , et celle qu*ii m*écrit à moi, par lesquelles vous verrez comme tout se dispose à la fondation d'un monastère à Cbambéri ; et tandis que pour le commencement on fera préparer les logis , notre mère pourra y être , et vous à Dijon ; afin que comme en passant vous établissiez cette maison-là avant que de venir établir celle de Cbambéri : et ainsi sera vrai tout ce que nous écrivons à monseigneur de Clermont.

Je ne vois nulle sorte de difficulté en Fafiàire de la bonne dame de Dalet, et me semble qu'il n'est point nécessaire d'employer le temps à voir comme réussira la remise de ses enfants entre les mains de U. et madame de Blonfan ; car il suffit de bien pourvoir à la personne et au bien maintenant , et d'avoir une très-probable conjecture que tout ira bien. Dieu n'est-il pas bon, ma très-chère fille, d'avoir ainsi explané ou aplani le chemin de la retraite à cette chère amc , laquelle , comme vous savez , je ne connois pas , mais j'ai certain

secret instinct pour elle , qui ne se peut dire combien elle m'est chère. Je suis bien aise que vous la soulagiez de votre présence en cette affaire : notre mèrecependantsera votre avant-courrière à Dijon et puis à Chambéri.

En la visite on pourra bien se dispenser es points moins essentiels : vous pourrez même , si vous le jugez à propos , procurer dextrement que Ton commette quelques personnes qui aient le loisir et la volonté entière , comme seroit quelque bon père jésuite , ou quelque père de l'Oratoire , ou quelque bon ecclésiastique. Je me réjouis de quoi cette maison-là est pleine de bonnes filles. Celle qu'à mon avis vous voulez laisser en votre place , m'a écrit, et je lui réponds.

Je réponds aussi à madame Bonnefoy , et lui désire une très-bonne charité. C'est la vérité que son esprit étant de la condition que vous me mai^uez, elle doit moins faire de considération à se retirer et mettre à l'abri. Je fais chercher la lettre de madame de Chazernon , pour l'envoyer. Hier j'eus ici une demoiselle de grands moyens, nullement propre au mariage; et néanmoins je ne sus jamais lui conseiller la religion à laquelle elle avoit pensé, qui étoit la Visitation , ni aucune autre ; ains la renvoyai au mariage , et aujourd'hui je ne puis conseiller le mariage ni à madame Dalet, ni à madame Bonnefoy, ains suis tout à fait tiré à leur proposer la religion. 0 que madame Dalet est heureuse d'avoir un esprit si ferme au désir de la perfection du saint amour ! Je la salue très-cordialement et toutes nos sœurs ; mais votre chère ame, ma fille bien aimée, je la salue de toute l'étendue des affections de la mienne , qui suis votre , etc.

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