‹ Œuvres complètes; nouvelle édition collationnée et augmentée des lettres de Sainte Chartal, des lettres inédites de l'auteur, du portrait de lui et d'autographes (volume 3)Chapitre 293 sur 450 · FRANÇOIS DE SALES, .XCH PbAtSS · texte numérisé non relu

FRANÇOIS DE SALES, .XCH PbAtSS

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Mon cher fils , la vraie science de Dieu MUS apprend sur [oute« choses que sa volonté doit ranger notre cœur â son <Mis- MDCe , et A trouver bon , comme en effet il «t trèa-bon, tout ce qu'elle ordonne sur Im eufansde son bon plaisir.

Vous serez , je m'asaure, de ceux-là , et , •riun ce principe , vous acquiescerez doucement et humblement , quoique non eam ■aliment de douleur, à la miséricorde doat il a usé envers votre bonne mère , qu'il a retirée dans la sein de sa bienheui éternité , ainsi que les dispositions Uentes nous donnent tout sujet de troire, avec autant de certitude que noua •B pouvcns justement prendreen tel sujet. Oraus, c'est fa t, voilà ceque j'avois à vous dire. Pleurei maintenant, mais modérez VM pleurs, et bénissez Dieu ;cur cette mère vous sera propice, comme voua devez espérer , beaucoup plu^ où elle est , qu'elle a'eilt su l'être oii elle éloit. Re^^ardez-la donc là avec les yeux de votre foi , et accoisex en cela votre ame.

« Totro bon père se porte bien et se comporte encore mieux. Il y a environ un mois qo'il porte son deuil entremêlé de tristesse ,etde consolation selon les deux portions , da son ame. Eturlioz toujours de plus en ' plus en esprit de diligence et d'humilité ; et je suis tout vôtre.

Ml calomnlt.

Monsieur, trois jours avant l'arrivée m cette ville de ce ton frère ermite , quo je trouve bien à mon gré, j'eus déjà quelques avis do cette fàcheuso affaire , qu'il m'a communiquée de votre {lart; et comme après avoir eu une bonne impression d'uno personne qualifiée , j'ai beaucoup de dilïïcullé à m'en dépreudre, je ne permis pas à cette relation si mauvaise d'entrer dans mon esprit; ains je l'arrêtai à la porte, suivant l'ancien avis :

CvIdI que iTop rullenoit Par la ulomDie on aacbanM, Ou bicD II ail MDf joiicnieDt, Ou bien il a l'amc mtchanle.

Néanmoins la chute de Salomon , que J'ai si souvent en la pensée, me mil, je vous assure, grandement en peine, et fus grandement soulagé quand ce bon frère m'eut parlé , et que j'eus vu le lémol|;nage, plus grand qu'aucune exception , de monsieur l'archidiacre, duquel le témoignage est digne de très-grand respect. Or sus , Dieu soil loué : voici mon avis.

Premièrement, puisqu'ainsi, me dit ce porteur, et que votre lettre me signifie, la calomnie n'est pas encore entrée dans la foule du peuple, et qu'au contraire \ea plus apparens et les plus dignes juges des actions humaines de ce pay»-là sont loul à fait résolus en l'opinion de votre probité, jepréfére la dissimulation au ressentiment, car nous sommes aucasde l'ancien sage : Sprela exotete\tnt : ti iratcare agnita viâenlur(t). Et, comme j'ai ai-coutuméde dire, si la barbe n'est ni arrachée, ni brûlée,)

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Je voudrois que la dissimulation fût si franche, et comme doivent être les actions héroïques qui se pratiquent pour l'amour de Dieu, sans se plaindre, sans témoigner de grandes répugnances au pardon ; car la condeur du CŒur qui pardonne, fait tant

LETTRES

plus coimoitre le tort de Tinjuriant. Nénn- ! moins il faudroil ôtor de devant les yeux ! des malins tout ce qui les peut provoquer, ; et qui n'est pas du service de Dieu. Votre ' très-humble, etc.

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