PBANÇOIS DE SALES , A MADAME DE CHANTAL
Éloge de Tinsliiut de la Visilaiion et des veriui des religieuses. Prélats persécutés, digues de respect. ;
Ma très-chère mère , Dieu qui a disposé ' (le nos amcs pour n'en faire qu'une ù sa j dilection, soit à jamais béni 1 Je salue votre ' cœur , qui m'est plus précieux que le mien propre. Eh ! je désire que notre vie ne vive pas en nous, mais en la vie de Jésus-Christ notre Seigneur ! et que puis-je désirer de , mieux pour notre cœur ?
Pour la grande fille (la mère Favre) , je
lui écrirai au premier jour ; car je vols bien que nous sommes en une saison en laquelle il faut que les pères commencent à faire leur paix. Hélas, il est pourtant vrai que mon cœur n'a point de tort; car j'écrivis innocemment , et tout à fait sans fiel , quoique avec un peu de liberté , et Contre les sentlmens de cette fille : la haine irréconciliable que j'ai aux procès, aukoontMtioitt et aux tracas , me fit écrire ainsi. J'approim grandement que vous loi dontiiez la «Miae qu'elle désire; puisque celd est plnsoM* forme à la douceur que noire Selgdeor uh soigne à ses enfans. Enfin, iapaizeetiM sainte marchandise qui mérite d*ôtre achetée chèrement.
Oui , je dis quMl faut tenir boh dans rondos de nos règles et de notre institut (4); car Dieu ne l'a pas produit pour ntkint, ni ne l'a pas fait désirer en tant de lieux poar être changé. L'édification que les maisons donnent tous les jours fait foi de l'intention du Saint-E?prit ; car c'est merveille COrtbion la réputation de la vie dévote s'agrtth dit par la communication de nos sœoh, lesquelles je vois aussi profiter tous les jours , et devenir plus affectionnées à la pureté et sainteté de vie.
Je fus une lieure et demie au parloir; j'ai vu trois de nos sœurs , et je fus fort consolé do voir comme la vraie lumièrcleur fait voir la vérité des grandes et profondes maximes de la perfection . qui plus , qui moins, mais toutes à mon avis avancées; et plusieurs dames étrangères qui les ont vues s'en sont allées les larmes aux yeux et avec des goûts extrêmes.
Ma très-chère mère , je salue votre cœur de tout le mien , qui est tK's-parfaitemcnC et irrévocablement vôtre en notre Seigneur, notre unique amour. Je salue toutes aos sœurs, et vous supplie de saluer très-humblement monseigneur notre archevêque, que je ne puis assez dignement honorera mon gré , depuis qu'il a été i)ersécuté de la façon des anciens évèqucs de TËglise. Jo voudroisbien lui pouvoirmanifestor le senti mont d'honneur et de respect que j'ai pour lui. Je suis de plus en plus, ma très-chère mère , tout uniquement vôtre en notre Sei« gncur.
(1) On fooloUalon porter altelole à riaktilat d» kTfiltativn, ea procarant la el6tare, conM le •aln da (oodatear.