rftANÇOIB DB 8AIJ» , A
DB cnAirrAL.
MADAMB
H toOMMèf* de la TtolttUMi U la Titta de Saomor.)
9 Stint consent d« remellre «ne affaire à on autre tempi.
Ma très-chère fille , à ce que vous më lies, je Tois qu*il sera mieux do remettre iBqu*à lundi : vous seriez trop précipitées <utoB, et eux aussi, comme je pense, et je nrai bien aise de ne point rompre Tassi* lation aux bonnes sœurs de Sainte-Claire, ■i ont demain leur ^andeféte, ni au caichisme de Notre-Dame, où il faut que je ûa catéchiste , étant invité il y a dix ou Mze jours à mon gré la vaille de Notre-
LETTRE MJCVm.
a. flâMÇOIS DB 8ALBB, A MAIkAMB OB CBANTAL.
b tant ne Veut pa» que l'on eohiblie la prod«iM de le ebeir dftni le choit des filles (fui doi- Teni cempoter ae coofrégaiMiii, oi qu'on en eièloe lee peraoniies iufirmes et difformes.
Ma très-chère mère , sur cet article que otis nn'écrivex de la réception des filles,
y a un extrême danger qu'on no se jette pop sur la prudence humaine , qu'on ne B fonde sur la nature, et trop peu sur la race de Dieu. J*ai peine d'empêcher qu'on e considère la foiblesse de la complexion t les infirmités corporelles. On voudroit u'ao festin il n'y entrât ni borgne, ni boi» îux , ni maladif. En somme , on a bien sine de combattre contre l'esprit humain ouf l'abjection et pure charité.
J'ajoute donc ce mot, ma très-^chère 1ère , pour vous dire que selon votre orre j'ai écrit à notre sœur de N. amoureunnent ; et je vous assure, ma très-chère 1ère, que c'est de tout mon cœur, car aime cette pauvre fille d'un cœur parfait.
Mais c'est grand cas ; il n'y a point d'ales au monde, comme je pense, qui chéissent plus cordialement, tendrement, et, our le dire tout à la bonne foi, plus amouîusement que moi ; et même j'abonde un eu en dilection , et es paroles d'icelle, iirtout au commencement.
Vous savez que c'est selon la vérité et la ariétédeoe vrai amour que j'ai aux âmes;
car il a pitt à Dieu de fairemon cosur ainsi. Mais néanmoins j'aime les âmes indépen • dantes, vigoureuses, et qui ne sont pas femelles ; oar cette si grande tendreté brouille le cœur, l'inquiète, et le distrait de l'oraison amoureuse envers Dieu, enqièche l'entière résignation et la parfaite mort de l'amour-propre : ce qui n'est point Dieu n'Ost rien pour nous.
Gomme se peut-il faire que je sente ces choses , moi qui suis le plus a£fôctif du monde, comme vous savez, ma très-chère mère ? En vérité je le sens pourtant : mais c'est merveille comme j'accommode tout cela ensemble; car il m'est avis que je n'aime rien du tout que Dieu, et toutes les âmes pour Dieu. Ué I Dieu Seigneur, faites encore cette grâce à toute mon ame, que ce soit en vous seulement.
Ma très^ère mère^ ce discours est infini . Vivez joyeuse , toute pleine de Dieu et de son saint amour. Bonsoir, ma très-chère mère.
LETTRE DLXOC.
s. FRANÇOIS bB SALBS , A MADAME DB CHANTAL.
Parfaite résignation da daint. Il ne vent tivre que de la foi. Bon indiflMrenee A la maladie on â la aanté. Il a vu le directoire de ses religieuses. Il revoit les constitutions.
Ma très-chère mère , vous verrez en la lettre de ce bon père le déplaisir qui cartes m'a un peu touché ; mais cette nouvelle m'ayant pris dans le sentiment quej'avois d'une totale résignation en la.conduite de la trèSMBainte Providence , je n'ai rien dit en mon ccsur , sinon : Outy Père céleêiet car tel $$1 voire bon plaisir (4 )• Et ce matin à mon premier réveil, il m'est venu une si forte impression de vivre tout A fait selon l'esprit de la foi et la pointe de l'amoi que,^ malgré mon ame et mon cœur, je veux ce que Dieu voudra, et je veux ce qui sera de son plus grand service, sans réserve ni de consolation sensible, ni de consolation spirituelle; et je prie Dieu que jamais il ne permette que je change de résolution.
J'ai eu depuis Pâques de perpétuelles incommodités ; mais je n'y voyais aucun remède ni aucun danger; elles sont tout à fait passées, grâces à Dieu, que je supplie de me les renvoyer quand il lui plaira.
(1) ita, P«t«r, qaoalam tle fait ptedlOB aate le. MàTvn a, SI, T. M.