FBANÇOIS PB SALBS , A LA MÈBB FAVBK
Le Saint blâme l'attachement de quelques rellgienses A leurs emplois, et rinconstance d'ane antre qui ne se plaiioit pas dans le lieu où elle étoiL
Je ne puis penser, ma très-chère fille, que monseigneur Tarchevéque (4) apporte aucun surcroit de lois à votre maison, puisqu'il a vu que celles qu'on a pratiquées sont, grâces à Dieu, bien reçues. Que s'il loi plaisoit de faire quelque notable changement, il le faudroit supplier qu'il lui plût de rendre ses ordonnances compatibles à la sainte correspondance que ces maisons doivent avoir toutes ensemble en la forme de vivre; à quoi cesmessieiu^ que vous saves vous assisteront de leurs remontrances et intercessions.
Car, à la vérité, ce seroit chose, à mon avis, de mauvaise édification, de séparer et disjoindre l'esprit que Dieu a voulu être un en toutes ces maisons. Mais j'espère en notre Seigneur qu*il vous don nera la bouche et la sagesse convenable en cette occasion (2), pour répondre saintement, humblement et doucement. Vivez toute en cette sacrée confiance, ma trèschère fille.
J'écrivis l'autre jour à nos sœurs de Valence; et la chère petite douce fondatrice est bien heureuse d'avoir à souffrir quelque chose pour notre Seigneur, qui, ayant fondé l'Église militante et triomphante sur la croix, favorise toujours ceux qui endurent la croix ; et puisque cette petite créature doit demeurer peu en ce monde, il est bon que son loisir soit employé à la souffrance.
J'admire ces bonnes sœurs qui s'aflfec^ tionnent si fort à leurs charges. Quelle pitié, ma très-chère fille! Qui n'affectionne
(1) M. rtrcheTéqne de Lyon.
(t) Dabo fobit of «t Mplentlam, col non poterant resitlera M coairtdlMTt ommu UfanarU v«firi. Loo., «. ail, T. 18.
que le mattre le sert gaiement, et presque également en toutes charges. Je pense que ces filles ainsi faites n*euseent pas été bonnes pour célébrer le mystère d'aujoard'hui (4) : car si Notre-Dame leur eût donné notre Seigneur entre leurs bras^jamais elles ne l'eussent voulu rendre , inais S. Siméon témoigne bien que sekxi son nom (2), il avoit la parfaite obiissanoe, recevant cette douce charge ai doucement, et la rendant si joyeusement.
J'admire bien encore cette autre aœv qui ne se peut plaire où elle eat. Ceux q« ont la santé forte ne sont point sivete à l'air; mais il y en a qui ne peuvent aubsisler qu'en clmngeant de climat. Quand sera-ce que nous ne chercherons que Dieu 1 0 que nous serons heureux quand noue seraoe arrivés à ce point-là ! car partout nous aurons ce que nous chercherons, et cherolierons partout ce que nous aurons. Dieu vou fasse de plus en plus prospérer en son per amour, ma très-chère fille, avec toutes rei chères sœurs, que je salue, etc.
LETTRE DXGIV.
s. FIANQOIS DB SALES, A LA nioiB FAVU,
•008 II NOM D'imi DAMB.
Le Saint l'encourage A faire an bon usage de sei infirmités et traverses.
Ma très-chère fille, je ne vous puis dire autre chose sur ce que vous m'écrivex, sinon que Dieu fera plus que les hommes ne peuvent penser pour cette congrégation, spirituellement ettemporellement; etnen avons-nous pas d'assez bons gages jusqu'à présent?
Ma très-chère fille, votre cœur tient un rang dans le mien, qui me fait faire sans cesse mille souhaits pour votre consolation et prospérité intérieure. Ehl mon Dieu, puisque vous avez tire ce cœur de nu grande fille à vous, pcrfectioonez-le en to* ire saint amour. Il le fera, ma fille vraiment chère et bicn-aimée, n'en doutez point; mais recueillez souvent les sainte^ afToctions et résolutions que nous avons prises.
Ne vous troublez aucunement de vos in-
(1) La Présentation de notre Selrnevr ev tenpto. (S; SlaéoB e»t «■ loa «ni, «i ■oliv JtiinM, tlgall» 0i* pertoAM qui éeenie» om penonne iibétoMali^
imités, qid ne vous sont données que Qpur DUS affermir. Je compatis grandement à Dtre peine, quoique je ne doute pas qu'elle e soit agréable à votre esprit : qu'il l'aoîpte , comme venant de ce Père céleste, (quel donne les tribulations avec un amour ompareil aux enfans de sa providence.
Duffrez toute votre fièvre en Dieu, et la >uffrance vous sera heureuse , ma trèslèrc grande fille.
Je désire que le zèle de la plus grande ioire de Dieu arde et règne conlinuellclent en votre cœur , et qu'en toute occaon il paroisse par modestie, douceur, hu- JUté et dévotion. Croyez-moi , ma très- 1ère fille, je vous chéris très-précieuselent, et ne manque deux fois le jour de lire oraison spéciale à votre intention. h I que cet amour est doux, qui nous fait spirer les uns pour les autres au ciel? ieu vous bénisse à jamais, ma très-chère llel
LETTRE DXCV.