‹ Œuvres complètes; nouvelle édition collationnée et augmentée des lettres de Sainte Chartal, des lettres inédites de l'auteur, du portrait de lui et d'autographes (volume 3)Chapitre 323 sur 450 · FRANÇOIS DE SALES, A UNE SUPÉRIEURE DE LA VISITATION · texte numérisé non relu

FRANÇOIS DE SALES, A UNE SUPÉRIEURE DE LA VISITATION

M surprises d«s ptSi<oM sont inéfi tables en cette ▼ie. L'amour-propre ne meurt jamais. Vertu de nndffTerence dont la partie sensfbte de notre «me est incapable. Manière de remédier aux bâtes contre l'indifTérence.

Oh 1 je vois, ma très-chère fille, dedans )tre lettre, un grand sujet de bénir Dieu >urvoti% ame, en laquelle il tient la sainte différence en e(Tet , quoique non pas en ntiment.

Ce n'est rien , ma très-chère fille , que ut ce que vous me dites de vos petites iliies.

Ces petites surprises de passions sont évitables en cette vie mortelle ; c<ir pour la le grand Apôtre cric au ciel : Hélas! mvre homme que je suis {i)î je sens îux hommes en moi , le vieil et le nou- »au; deux lois, la loi des sens et la loi de sprit ; deux opérations, de la nature et »ûi grâce: Eh! gui me délivrera du ^rpê de cette mort ? Ma fille , l'amour- "Opre ne meurt jamais qu'avec nos corps;

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il faut toujours scnth* ses attaques sensibles ou ses pratiques secrètes, tandis que nous sommes en cet exil : il suffit que nous ne consentions pas d'un consentement voulu , délibéré , arrêté et entretenu ; et cette vertu de l'indifférence est si excellente, que notre vieil homme, et la portion sensible , et la nature humaine, selon ses facultés naturelles, n'en fut pas capable, non pas même en notre S<^neur, qui, comme enfant d'Adam, quoique étant absent de tout péché et de toutes les appartenances d'icelui , en sa portion sensible, et selon ses facultés humaines, n'étoit nullement indifférent, alns désira ne point mourir en la croix; l'indifférence étant toute réservée, et l'exercice d'icelle, à l'esprit, à la portion suprême, aux facultés embrasées de la grâce , et en somme, â lui-même , selon qu'il étoit le nouvel homme. Or sus, demeurer donc en paix.

Quand il nous arrive de violer les lois de l'indifférence es choses indifférentes, ou par les soudaines saillies de l'amour-propre et de nos passions, prosternons soudainement, sitôt que nous pouvons, notre cœur devant Dieu, et disons en esprit de confiance et d'humilité : Seigneur ^ miséricorde! car je suis infirme (4). Relevonsnous en paix et tranquillité , et renouons le filet de notre indifférence ; puis continuons notre ouvrage.

Il ne faut pas ni rompre les cordes, ni quitter le luth, quand on s'aperçoit du désaccord ; il faut prêter l'oreille pour voir d'où vient le détraquement, et doucement tendre la corde ou relâcher, selon que l'art le requiert.

Demeurez en paix , ma très-chère fille, et écrivez-moi confidemment, quand vous estimerez que ce soit votre consolation : je vous répondrai toujours fidèlement et avec un plaisir particulier, votre ame m'étont chère comme la mienne propre.

Lettre dxcvi.

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