PUNÇOIB DE BAIES , A VSB KUIOIKUSE
In lirraci àt U dttoliau ne lonl pii de commande : n<ian pour laqDcNc Dlea naai en prïie. Il Iiut lairg umkc du bouquet ipirilual ■prti II mtdlMlion , c'eic-à-dire collecliau âe q»lqDCf-Dnc> du penitt
iB doitant polol
Hon Dieu , ma chère Bile , je ne trouve nullement étrange que vousdéiriez de mes lettres; car, outre que Dieu le veut bien ( qui est le grand mot de notre commerce ), je sens tant de consolation do votre communication , que je sens aisément que voua en avez un peu de la mienne ; et ne faut point attendre d'autresujet, ni pour vous ni pour moi , que celui d'une sainte conversation spirituelle entre nos âmes, et de la contriDulion que nous nous devons les uns aux autres de nos consolations.
Je ne dis rien , ma bonne fille , de votre cœur, en ce que vous n'avez pas de larmes : non, ma Glle; car le pauvre cœur n'en peut mais, puisque cela n'arrive |>as iuuto do résolutions et vives afTuctions (l'aimi?r Dieu , mats faute de sensible passion , laquelle ne dépend point do notre cœur, mais d'autres sortes de dispositions que nous ne pouvons procurer. Car tout ainsi , ma chère Glle , qu'en ce monde il n'est pas possible que nous puissions faire pleuvoir quand nous voulons , ni empêcher qu'il pleuve; aussi ncsl-ll pas à noire pouvoir de pleurer quand nous voulons par dévotion , ni de no pleurer pas aussi quand
Pour tout, ne souhaitez pas dee perséctn lions pour l'exercice de votre infidélité; car il vaut mieux attendre celles que Dieu vous enverra , que d'en désirer : et cetta votre fidélité â mille sortes d'autres exercices , en l'humilité , douceur , charité au service de votre pauvre maladie, mais service cordial, amoureux et aHectionné. Dieu vous donne un peu de loisir pour faire vos provisions do patience et de vigueur, puis le temps viendra de les employer.
0 ma fille, ôtei bien toutes les robes de votre captivité par des continuels rcnoncemensàvos affections terrestres; et ne dites point que le roi ne vous en donne de royales pour vous tirer à son saint amour. Vive Jédus ! ma très-chère fille ; c'est le mot intérieur sous lequel il nous faut vivre et mourir, et avec lequel je proteste d'âtro toujours tout vdtre.
LETTRE DCXXVn.
s. FBANÇOrS DB SàLBS , A DHE K
EiboctitioDA kpniiqMduitcrlui.
Servez Dieu avec un grand courago, et le plus que vous pourrez par les exercices de votre vocation. Aimez tousics prochains mais surtout ceux que Dieu veut que voui aimiez le plus. Ravalez- vous aux actes desquels l'écorce semble moins dij^e, quand vous saurez que Dieu le veut ; car de quelque façon que la sainte voloaté de Dieu se fasse, ou par desbautes ou par des basses opérations , il n'importe. Soupirez souvent à l'union de votre volonté avec celle de notre Seigneur. Ayez patience avec vousmême en vos imperfections. Ne vous empressez point, et ne multipliez point des
li»^lu»,liD™ ■.,«!; <»laDe,..n pas J,^-^^ ^^ ^ aclio.s qui ïoo.^nl iode noir. r.uK 1. pi™ «.«.enl , ma» d. I. „^ ^^ ^l,j„ ^ ^^^.^^
providsocdeDicu ,«,DO«!v™i «m .ir. K,„,„j„„i ^^^ douccmcnl; ùmM
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notre chemin par terre et par désert, et non par eaux, et veut que nous nous accoutumioDH au travail et à la dureté.
Tenez votre bouquet en main : mais s'il se présente quciqu'aulre odeur souê've et profitable par rencontre, ne laissez pas de l'odorer avec action de grâce ; car le bouquet ne se prend , sinon que pour ne vous laisser le long du jour sans confort et plaisir spirituel. Tenez bien ferme sur cotle posture, que voire cœur soit entièromeutà Dieu ; car il n'y en a point de meilk'jre.
bon Dieu vous fait courir, il dilatera votre
cœur; mais de notre cûté arrêtons-nous à
cette unique leçon : ■ Apprenez de tno:
que je suis débonnjire et humble de
cœur (1). »
[Il DJieili t na qgla kHIi nb M biallli corda. Hm,
&6fi
LBTTBB DCXXVffl
«. rUMCOta DB SALES , A DNK AtU wr U dtrallM.
Ua très-chère fille, ei vous savoorei Toire point en l'oralBon, c'est un signe que Dieu veut que vous suiviei celte méthode , du moins alors. Que si néanmoins Dieu Qous lire , au commencement de l'oraison, à la simplicité de sa présence, et que nous BOUS y trouvions engagés, ne la quittons pas pour retourner à notre point, étant mie règle générale que toujours il faut suivre Bes attraits, et se laisser aller où son esprit noujmène. Lesbouillonnemens etditotemens du cœur ne peuvent quelquefois ôlre évités; mais quand on s'aperçoit de leur Tenue, il est bon d'adoucir ces mouvemens et les apaiser, en débandant un peu l'at- (enlion et les élans, d'autant que l'oraison plus elle est traaquilla, «mple et délicate, c'est-à-dire plus elle se fait en la pointe de l'écrit, plus elle est IroctuMise.
uerntB dcxxdc.
PS UU9, A un
uconsun-
LETTBES
Ha'nm 1 Cprouie.
Ma chèrefille, mais vraiment trètchère Bile , ma cousine , il la faut certes retirer, cette pauvre ame du hasard ; car la molle tafon de vivre du lieu où elle est, est tellement péri lieuse, que c'est merveille quand on échappe de la mêlée. Hélas ! ma pauvre fille , vous avez raison do vous élenner qu'une créature veuille offenser Dieu ; car cela surpasse tout é Ion nement : mais pourtant cela se fait, comme par malheur on voit [ouslcs jours, et I ' in fcrtu née beauté et bonne grâce que ces pauvres filles fainéantes se font accroire d'avoir, parce que ces misérables le leur disent, est cola qui les perd; car elles s'amusent tant au corps, qu'elles perdent le soin de l'âme. Or sus , ma fille, il faut faire ce qui se pourra, et demeurer en paix.
Et pour voire regard, ma chère cousine, ma lille, il ne faut pas perdre courage ; car vous devez être si amoureuse de Dieu , qu'encore que voua ne puissiez rien foire
auprès de lui et m n prAornoe , tcw m laissiez pas d'être bien aise de vous y met tr«, pour seulement le voir et nptéi quelquefois : et quelque peu avant que d'al 1er en l'oraison , mettez votre cœur en paii et en repos, et prenex espéraiu» de liti foire; ctiru TOasyalte«BaiiBe^)éfinBBei déjà tonte dégoûtée , vous aurez peine d( vous remettre ea appétit. CoangodooCDs petite eottsiM; dites à notre Seigneur que vous ne laisserez jssiais , encore qnll ae vous communiqueroit jamaia aucune douceur : dite»4ui que vous demeurera devant lui jusqu'au qu'il voua ait bénie (IJ. Quand votre GŒur s'égarera ou se dstraira, rtmenetz-le tout doucement à eoo point, ranetlei-le tendr«nent auprès de son maître : et quand voua ne feria auln chose tout au long de votre heure que à» reprendre tout beUemenl votre cœnr et l« remettre auprès de notre Seigneur, tt qu'autant de Cois que vous l'y remettnet. ii s'en détoumerùt, voue heure soit bien employée ; et ferez un exercice fort agréabloà votrecberËponx, auquel je vousrecommande de même csaur que je suis tooi vétre.
LETTRE DCXXX
s. PHÀKÇOIS DB SALES , A UNB BJSLIQIEl'SÏ. UStiilw]il)tlbiDprtid'«lta<*r*piBlan^'u
■Toil qu'il nuWi procnrtr U cIMnM it tn
monulèrc.
n m'est avis que je vois votre a
n cadran qui est posé au soleil, et qt
e remue point , :
is demeure immobile,
tandis que l'aiguille et la calamité qui est dedans s'agîto incessamment, et par de conliouelles inquiétudes s'élance du rid de sa belle étoile , car ainsi votre cœur demeurant immobile , votre voionlé tend par de bons mouvemena àson Dieu. C'est etlt qui emmi la mêlée de» passions crie toojours intelligiblement , Vive Jésus 1 Vouï avez donc bien raison de demeurer en paix; oui, demeurez en pais, m» trè»-chére tiJIe, et priez notre Seigneur qu'il lui plaiso * s'asseoir sur mes lèvres comino sur eob trdne , pour de là bien faire entendre ta volontés et ordonnances à mes auditeurs pendant ce carême.
11 faut que je me réjouisse avec vous di
cette petite cooflaoce avec la chère petite I en peu de paroles» pttisqu*aussi|j||en sais*
cousine, que vraiment mon cœur aime tendrement comme vous : j*espère que notre Seigneur la rendra fort sa servante.
Il faut que Je vous dise ce mot sur l'opinion qu*on a prise que je procurois d'enfermer votre monastère. Quiconque me con- QOttra dira aussitôt qu'il ne faut pas croire de Hioi des duplicités. Si j*avois cette pensée de procurer votre enfermement , je Tauroisdit, je m*en serois déclaré, non pas à vous, qu'en vraie vérité j'estime correspondre à mon affection , mais à madame l'abbesse et autres, qui m'ont parlé confidemment , tant je vais loyaument en semblables occasions.
Je vous veux un jour tout dire ce que son altesse m*a communiqué de son des»
sein pour cela, et ce que je lui ai répliqué : vous verrez si je suis doux en cela , et si c'est vous loger au sépulcre. Non, je n'ai pas voulu, en un monastère ou j^avois toute autorité, les enfermer , parce que les filles n'y avoient pas inclination, et ai toujours dit que ces grands traits dépendoient de rinspiration, et non de l'autoritié extérieure, laquelle peut bien faire des enfermées, mais non pas des religieuses.
Soyez bien ferme à ne point mécroire de moi, ma bonne fille, et soyez toute certaine que je suis tout ouvert de cœur avec vous, et pour les autres. Dieu les assistera s'il veut que je les serve, et s'il ne le veut pas, sa volonté soit faite : pourvu que sa majesté soit glorifiée en elles , comme je m'assure qu'elle sera toujours, je serai très-satisfait et renoncerai de bon cœur au contentement spirituel que j'espérois avoir d'être utile à leur bien. Mon Dieu! ma chère fille , non-seulement pour celuilà, mais pour tous les autres encore, je renonce et résigne tout mon intérêt au profit de la gloire de Dieu, et prie Dieu qu'il me rende tout purement résigné moi-même à son amour.
LETTRE DCXXXl.
s. FBANÇOIS DE SALES , A UNE RELIGIEUSE.
H faut se supporltr Beinnéme avec humilité, reiioovelcr toujours la résolution de se corriger, el élre doui envers le prochain. La fidélité dans les petites ehoses nous obtient la grâce d'être fldéles dans les grandes. On doit fuir la mauvalse tristesse.
je ce que vous m'eussiez dit par votre lettre, comme si je vous eusse ouïe parier de bouche : car enfin c'est que vous êtes toujours celle-là que vous m'avez dit les années passées : à quoi je vous répondrai premièrement que vous vous devez doucement supporter » en vous humiliant beaucoup devant Dieu, sans chagrin ni découragement quelconque.
Secondement, vous devez renouveler tous les propos que vous avez ci-devant faits de vous amender ; et bien que vou;^ ayez vu que, nonobstant toutes vos résolutions , vous êtes demeurée engagée en vos imperfections, vous ne devez pas pour cela laisser d'entreprendre un bon amendement, et l'appuyer sur l'assistance de Dieu : vous serez toute votre vie imparfaite, et il y aura toujours beaucoup a corriger ; c'est pourquoi il faut apprendre à ne se point lasser en cet exercice.
Tiercement, travaillez pour acquérir la suavité du cœur envers le prochain, le considérant comme œuvre de Dieu, et qui enfin jouira , s'il plait à la bonté céleste» du paradis qui vous est préparé : et ceux que notre Seigneur supporte, nous les devons tendrement supporter , avec grande compassion de leurs infirmités spirituelles.
Acceptez de bon cœur cette petite visite que la divine bonté vous a faite. Il faut es petites occasions se rendre fidèle pour impétrer la fidélité es grandes.
Demeurez fort en paix , et repaissez votre cœur de la suavité de Tamour céleste, sans lequel nos cœurs sont sans vie, et notre vie sans bonheur. Ne vous relâchez nullement à la tristesse, ennemie de la dévotion. De quoi se doit attrister une fille servante de celui qui sera à jamais notre joie ! Rien que le péché ne nous doit déplaire et fâcher ; et au bout de ce déplaisir du péché, encore fàut-il que la joie et consolation sainte y soient attachées. Je vous salue mille fois, et suis sans fin, ma chère fille, votre, etc.
LETTRE DCXXXn.
s. FRANÇOIS OE SALES , A UNB RKLIGUlUSB.
Effets de l'amour divin dans les cœurs. Recommandation du silence tfansles peines. La —^ ^~
Ma très-chère fille, je vous répondrai | jésascruetOépeaienranooMniapsIir
^clulcl
a dini Doir«
Dieu vous est donc bon , ma cbèrc Tiile, n'est-il pas vrai t mais à qui ne l'est-il pas, ce souverain amour des cœurs? Ceux qui le goûlert ne s'en peuvent assouvir , et ceuï qui s'approchent de son cœur ne peuvent contenir les leurs de le bénir et louer à jamais.
Gardez ce saint silence que vous mo dîtes, car vraiment il est bon d'épargner nos paroles pour Dieu et pour sa gloire. Dieu vousa tenue de sa bonne main en votre aUlictioD. Orsus, chère fille, il faut donc faire toujoiirs ainsi. «Mon Dieu, di-
> soit S. Grégoire à un évéque allligé, » comme se peut-il faire que nos cœurs,
> qui sont meshui au ciel , soient agités ■ des Bccidens delà terre? ■ C'est bien dit : la seule vue de notre cher Jésus crudné peut adoucir en un moment toutes nos douleurs, qui ne sont que des Deurs en comparaison do ses épines. Etpuis notre grand rendez-vous est en cette éternité, au prix de laquelle que peut sur nous tout ce qui se finit par le temps I
Continuel, ma fille, à vous unir de plus en plus à ce Sauveur; abîmez votre coeur en la cborilé du sien, et disons toujourj de tout notre cœur : Que je meure, et que Jésus vive ! Noire mort sera bien heureuse BJ elle se fuit en sa vie : Je vis. dit l'apùtre ; mais il s'en ropenl ; non , je ne et» plut en moi , mais mon Jénu vit en moi (1).
Bénio soyez-vous, ma chère fille, de la bénédiction que la bonté divine a préparéeaux cœurs qni s'abandonnent en proie n son saint et sacré amour. Et coura^, chère fille, Dieu nous est bon; que tout nous soit mauvais, que nous en doit-il chaloir? Vivez joyeuse auprès de lui ; c'est on lui que mon ame est tout dédiée à la vôtre. Les années s'en vont, et l'éternité s'8[iproclie de nous. Que puissions-nous [fillpment employer ces ans en l'amour divin, que nous uyons l'éternité en sa gloire! Amen.
LETTRE DCXXXm.
s. FfiAMÇOtS nE BALBS, A UltK
IlMtplui Dtilc dedèconMlrl'ttttdeMnaoHlt banehe qui pir écrit. Koi iniiifatKi IdcIUw- Uont KrTeDl i Exercer notre Bdélilt.
Une autre foie il vous but bien tenir votre c(Fur ouvert , et sans aucune aorte d'appréhension ; car il aéra bien plus utile de confesser bouche à bouche que par
Ces inclinations que vous avez sont précieuses occasions que Dieu vous donne de bien exercer votre ridélilé en son endroit, parle soin que vousaurezde les réprimer.
Faites aboutir vos oraisons et affections, qui leur sont contraires; et soudain que vous sentirez d'avoir fourvoyé, réparez 11 faute par quelque action contraire de douceur, d'humilité et de charité envers lu personnesausquellesvousavez répugnance d'uhcir, de vous soumettre, de souhaiter dubien, etd'aimer tendrement: car enfin, puisqim tous connoissez de quel cdié vos ennemis vous pressent le plut, il vous faut roidir et vous bien fortifier et tenir en garde en cet endroit-là. Il faut toujoun baisser la tite , et vous porter au rebours do vos coutumes ou inclinations , recommander cela à notre Seigneur, et en tout et parlout vousadoucir, ne pensant prtôque à autre chose qu'à la prétention dp celle victoire.
Do ma part , je prierai notre Seigneur <tu'il la vous donne et le triomphe de sun saint paradis. 11 lu fera, ma chère fîllo , si vous persévérez à la poursuite deson saint aiiiOur, avec le soin que vous avez de viviv humblement devant lui , amiablenicnt envers le prochain, l't doucemenlenvers vousmême. Et moi, je serai toujours cordialement votre, etc.
LKTTIIE DCXXXIV.
s. PRA^ÇOIS DE SALES , A UNE ItELIGIEUSb Il l'ciliorlc i }* praliniif ilss terlus, spéciilenicil
Vous me dites, ma trùs-chère nilc, qu'pi votru maison on faisoil particulière profrssiondcréRnlilé d'esprit ;iKnir Dieu, je voiu en conjure , tiichi'ï di- bien i:[:.li;ii- cl ciiril-lii eu luul, luoi' ci'lui do lu douci-i;r
et humilité réelle. Je regarde meshoi votre maison comme une pépinière de plusieurs autres : c*est pourquoi il faut songer d'y enraciner les grandes et parfaites vertus de Fabnégation de son amour-propre, Tamour de son abjection , la mortification des humeurs naturelles, la sincère dilecUon , afin que notre Seigneur et sa très-sainte mère soient glorifiés en nous et par nous.
Nous avons ici la cour j cela m'ôte beaucoup de mon loisir d'écrire à mon gré : mais ma grande fille se contentera bien aussi de lire dans mon coeur de loin que je suis parfaitement sien , en celui qui , pour être nôtre , et afin que nous fussions sieçs, voulut bien mourir pour nous. Vivez toute à Dieu , ma très-chère fille , donnez tous les momens de votre vie , avec un grand soin , à' celui qui vous prépare son aimable éternité. Je suis tout vôtre.
LETTRE DCXXXV.
8. FRANÇOIS DB SALES , A MADAMB L*ABBBSSB DB MONTMARTRE , ORDRE DB 8. BENOIT (4 ).
Il lai reeommande de procéder A la réforme de ton raoDastére sans précipitation, et avec douceur et iranquilHié, selon la conduite de Dieu même, et de prendre avis de personnes spirituelles, avec la soumission nécessaire à son •exe.
Madame , j*ai reçu double consolation de la lettre que vous m'écrivîtes il y a quelques mois ; car elle me témoigne votre bienveillance , que je désire beaucoup , et me
(l)Madan« Marie àm BMUTlIlen, flile de CUode de B«êaTlllerfl, comte de StIaUAIfiian , naqolt l'an 1S74, an châtMa de U Fertè-Hobert, en Solof ne, et fat élevée par ■ae de tes taatet, abbeue de Beaamont. qal la rendit capable de devenir un Jour «tile à l'ordre de S. Benoit. Maria aroU pris rhabU de cet ordre à l'àfe de dovae ans (an isaS). mais elle ne Ol profession que quatre ans après {Bn liSO). H. de Fresne lai flt donner l'abbaye de Mont- ■Mrtr«(ealSQ6),donl les bulles ne furent expédiées qu'au eoromenreaient de l'année 1598. lorsqu'elle étolt dans la vlnKl*qualrlèfne année de son àfe.
Celle abbaye n'avolt alors que tdOO livres de revann , al elle en detolt lO.OOO. La grange étolt saisie, la crosse engagée, et 11 ae s*j trouva point de meubles pour garnir U cbanbre de Tabbesse ; chaque religieuse vlvolt da ce que ses parens ou amis Tooloient bien lui envoyer cbaqae Jour. H. de Fresne flt meubler un appartement pour l'abbesse, et lui fournit sa noarrilnre, dont elle faisolt part à sae religieuses.
La dérèglement des filles étolt encore plus grand que la pauvreté du monastère ; Il n'y avolt plus de clôtura.
Marie ayant entrepris de faire cesser d'abord au moins •ne partie des désordres, fut exposée à tout oa que la fnreur peut Inventer pour perdre sas ennemis. On aeuya eonire elle le po'«on Jusqu'à deux fols; et, comme oa oa réussit pM, on résolut d'y employer la far. Ella f saroli perle , si l'un da eaux qui étalant chargea da
donne avis des grâces que Dieu fait à votre monastère qui me sont des nouvelles les plus chères que je puisse recevoir, d'autant que j'honore et prise extrêmement celte maison , par une certaine inclination que Dieu m'en a donnée.
J'espère qu'en nos jours on verra votre mont sacréparsemé de fleurs dignesdu sang dont il a été arrosé, et que leur odeur rendra tant de témoignages à la bonté de Dieu, que ce sera un vrai mont de martyrs.
La faveur que le roi vous fit dans l'octave de votre grand apôtre , quittant la nomination, en est un bon présage, mémement étant accompagné de la bonne volonté de CCS vertueux esprits qui concourent avec le vôtre au désir d'une entière réformation. Je présente souvent à l'autel ce saint dessein à celui qui l'a dressé, et qui vous a donné Taffection de l'embrasser, afin qu'il vous fasse la grâce de le parfaire.
U m'est avis que j'en vois la porte ouverte : je vous supplie seulement , madame (et pardonnez à la simplicité et confiance dont j'use), que , parce que cette porte est étroite et malaise à passer, vous preniez la peine etla patience de conduire par icelle toutes vos sœurs l'une après l'autre ; car de les y vouloir faire passer à la foule et en presse, je ne pense pasqu^il se puisse bien faire , les unes ne vont pas si vite que les autres.
U faut avoir égard aux vieilles; elles ne peuvent s'accommoder si aisément, elles
l'assassinat ne loi eAt découvert oe qui sa tramolt coatra sa via.
La difllculté qu*ll y avolt à faire rentrer dans la devoir des personnes qui s'en éloleut cl fort écartées , ne flt qu'augmenter son sèle : elle y employa toute son Industrie et tout le crédit de son beau-frère, mais sans user de vlalenca; et enfin elle y réussit peu à peu , mais non sans las plus grandes diflDcnltés.
Au mois de Juillet 1598, le roi donna le brevet de l*abbaje de Salnt^Plerre de Lyon à M. de Fresne pour une de ses sœurs. La compassion quMl eut pour madame da Montmartre la lui flt offrir; mais elle la refusa généreusement, lui disant, pour le consoler, qu'elle préférerolt l'abbaye la plus pauvre auprès de lui, à l*sbbaye la plus rMM du monde en étant éloignée.
Ce fut en iBOf que S. François de Sales, qui élolt à Paris, les docteurs Duval et Gamacbe, et mademoisella Acharle, depuis fondatrice des carmélites réformées aa France, sous le nom de scenr Marie de rincaroaUon. aoaamencérent à fréquenter madame de Montmartre et les réllgknseeda son parti, ce qnl les mit ea réputation ; at on ne roogissolt plus d'être lié d'amitié avec elles.
Pendant prés de soixante ans que madame de BeaavHlers fut abbesse à Montmartre, elle donna l'habit à deoi eent vlngt-»ept religieuses. Après avoir passé par toutes sortes d'épreuves, avoir essuyé des travaux Immenses, et porté les vertus religieuses à un très-baut degré da perfaotloB, alla maarat la il avril iflVî, àféa 4a «aatra^viagtliala
LRTTAES
ne sont pai souplet ; ctr hê nerfii de leurs etprits, oomme ceux de leurs corps , ont déjà fait contraction.
Le soin que tous devet apporter à ce saint ouvrage > doit être un soin doux , gracieux , compatissant , simple et débonnaire. Votre âge , œ me semble , et votre propre oomplexion le requièrent; car la rigueur n'est pas séante aux jeunes. Et croyez-moi , madame , le soin le plus parfait , c'est celui qui approche de plus près au soin que Dieu a de nous, qui est un soin plein de tranquillité et de quiétude, et qui , en sa plus grande activité , n'a pourtant nulle émotion, et n'étant qu'un seul, condescend néanmoins et se fait tout à toutes choses.
Surtout , je vous supplie , prévalez-vous de l'assistance de quelques personnes spirituelles , desquelles le choix vous sera bien aisé à Paris , la ville étant fort grande ; car je vous dirai , avec la liberté d'esprit que je dois employer partout , mais particulièrement en votre endroit : Votre seie veut être conduit, et jamais en aucune entreprise il ne réussit que par la soumission ; non que bien souvent il n'ait autant de lumière que l'autre , mais parce que Dieu Ta ainsi établi. J*cn dis trop, madame, puisque je ne doute point de votre charité et humilité ; maiâ je n'en dis pas assez selon rextrémc désir que j'ai à votre bonheur, auquel seul vous attribuerez, s'il vous plaît, cette façon d'écrire ; car je n'ai su retenir mon esprit de vous présenter naïvementce que cette affection lui suggère.
Au demeurant , madame , ne doutez point que je ne vous communique et applique beaucoup de sacrifices que notre Seigneur me permet de lui présenter Je vous supplie de les contre-cbarger de vos prières et plus ferventes dévotions : vous n'en donnerez jamais part à personne qui soit de meilleur cœur, ni plus que mol, madame, votre très-humble, etc.
LETTIIB DCXXXVI.
s. FBAlfCOIS DB SALES, A LA MÈRE ANGÉLIQUE ▲RNAULD , ABBB3SB DB PORT-ROYAL.
Le Saint rcxhorle à tainero ses mauvaises inclinations, et à no s'en point troubler, parce que c'est la condition de cette vio. Il Ta ut Tuir TaiTectation dans les conversations. Les fauicii vénielles ne nous privent point du fruildenos réioln'ions. Il ne Taut ni s'eicuser ni s'accuser ntr»v(*t- *us-
cfet» On iM ëtftpei Cr«p mÊmfÊÈt ■■■ fM^, tfla dt viqBtr nitiu à tes •iirchii spirilMii et A robserratlon de set réglei.
Je vois clairement cette ftninnîlièradlaclinations que l'amour-propre nourrit et jette sur votre coeur, ma très-chère fille, et sais fort bien que la condllioa de votre esprit subtil , délicat et fertile , contrilmà cela; mais pourtant^ me tffèi-«hèra filla, enfin ce ne sont que des inclinatioiiB , desquelles puisque vous sentes rinpoituuté, et que votre oosur s'en plaint, il n'y e pei de l'apparence qu'elles soient aooeplte par aucun consentement délibéré. Noi, ma très-chère fille ; votre chère ame ey«t conçu Je grand désir que Dieu luia in^iiré de n*étre qu'à lui , ne vous rendes pes aisée à croire qu'elle prête son consentement à ces mouvemens contraires. YotrecoBorpett être trémoussé par le mouvement de sei passions ; mais je pense que raremefet fl pèche par le consentement.
Omotmis^roè/tfJtoiHmtffdisoîtlegraiid apôtre , qui me délivrera du corps de cetU mort (4 )? Il sentoit un eoifps d'année eodposée de ses humeurs , aversions , habitudes et inclinations naturelles, qui avoit conspiré sa mort spirituelle ; et pareo qu'il les craint, il témoigne qu'il les hait; et parce qu'il les hait , il ne les peut supporter sans douleur; et sa douleur lui fait faire cet élan d'exclamation, à laquelle il répondit lui-mômo que a la grâce de Dieu par » Jésus-Christ le garantira, » non delà crainte , non de la frayeur, non de lalarme, non du combat, mais oui bien de la défaite, et l'empêchera d'être vaincu.
Ma fille , être en ce mondeet ne sentir pes ces mouvemens do passion sont choses incompatibles. Notre glorieux S. Bernard dit que c'est hérésie de dire que nous puissions persévérer en un même état ici-bas , d'autant que le Saint-Esprit a dit par Job, parlant de rhomme , que , jamaiê il n'eêt au même état (2). C'est pour répondre à re que vous dites de la léi;èreté et inconstance de votre ame , car je le crois fermement, qu'elle est continuellement agitée des vents de ses passions , et que par conséquent elle est toujours en branle ; mais je crois husà
(i) Infrlli ego honoi qait me llberablt de rerpofi nortU hujasf Cratla Del pcriesum Chrlsium. Rom., c TU. T. t*.
(S) RamqaàtD 1b eoétta tUti pemunet. fot. , e. ttt, f. t.
DE S. FIUngOB ftE SALES.
Ml
que la graœ de Dîett , et la réao* le vous t donoée , demeure conit eo la pointe de votre esprit, rd de la croix est toujours arboa foi , i'eapéraoce et la charité toi^jours hautement : Fwt
mgj ma fille, ces inclinations e vanité, de Tamour-propre, sa lout, et fourrent insensiblement lent leurs sentimens presque en actions ; mais pour cela ce ne ( molife de nos actions. S. Berentant un jour qu^elles le fâidis qu'il prèchoit : c Retire-toi Satan, dit-il, je n*ai pas com- )ur toi, et ne finirai pas pour
e chose ai-je à vous dire, ma ille, sur ce que vous m'écrivez ^mentez votre orgueil par des
en discours et en lettres. Es *tes quelquefois l'aiTection passe lement qu'on ne s'en aperçoit \ ; mais si pourtant on s'en apert soudain changer de style :
res, à. la vérité cela est un peu, )up plus insupportable ; car on ce que l'on fait, et si on s'aperlotable affection, il faut punir la I écrite, lui faisant écrire une
d'autre façon.
ma très-chère fille, je ne doute armi cette si grande quantité . de retours de cœur, il ne se û, par-là, quelques fautes véis pourtant, comme étant passa- \ ne nous privent pas du fruit 3lutions , ains seulement de la 'il y auroitde ne point faire ces [is, si l'état de cette vie le per-
oyez juste : n'excusez ni n'aci qu'avec mûre considération 'e ame, de peur que si vous l'exfondement, vous ne la rendiez it si vous l'accusez légèrement, ; abattiez le courage, et la réanime.
simplement, et vous marcherez Bnt(4).
lut-il que j'ajoute en ce bout de
at simpIlelUr, aaboUt CMB^eottr. Pmt..
papier ce mot important. Ne chargez point votre foible corps d'aucune autre austérilé que de celle que la r^gle vous impose; gardez vos forces corporelles pour en servir Dieu es pratiques spirituelles que souvenV nous sommes contraints do laisser, quand nous avons indiscrètement surchargé celui qui avec l'ame les doit exercer.
Ëcrivezrmoi quand il vous plaira, sans cérémonie ni crainte ; n'employez point le respect contre l'amour que Dieu veut être entre nous , selon lequel je suis à jamais invariablement votre très*humble frère et serviteur, etc.
LETTRE DCXXXVn.