LETTRE DCLIV
s. FRANÇOIS DE SALES , A UXB OOCStNI.
(CoDterTiê dans le monastère de la TlsItaUon de 11
ville d'AIx.)
Le Saint lui marque les avis qu'il a donnés A vae demoiselle sur sa conduite par rapport toi hommes. ,
Ma très-chère fille, je salue votre cœor de toute mon ame : j'ai dit à ce porteur ce qui m'a semblé à propos, qui est qu'il regardât à trouver parti tout à loisir afia de sortir de ce service, auquel il est plus convenablement.
Ma lille N. doit être bien sur ses gardes, pour ne donner aucun sujet aux hommes de soupçon, par aucun dérèglement de contenance ou amusement, ni sujet de jalousie à l'époux céleste, qui est à la vérité jaloux des âmes qu'il favorise, afin qu'on ne distraie de son amour aucune afifectioo, pour l'appliquer à la créature.
J'ai vu la sœur de Bons à Chambéri, et elle a fait fort dévotement et confîdemment sa revue, lorsque je l'ouïs en confession en son abbaye.
Dieu vous comble de ses bénédictions, ma cousine, ma fille 1 et je salue votre sœur de N. et toutes nos autres sœurs.
LETTRE DCLV.
8. FRANÇOIS DE SALES, A MADAME LA SÉNA- TRICE DE LA VALBO'NE, SA MKCE (I).
(Conservée dans le monastère de la Visitation do Saint-benis.)
Le Saint déplore le malheur d'une personne qui
(I) Elle avnil ^;mu5té M. de la Valbonne, »énaleard« Cbembéri, DU aîné do M. Favre.
étoit tombée dans l'hérésie. Il engage sa niéce à IraTatlIer avec douceur à ta conversion.
Je VOUS écris subitement, ma très-chère nièce, sur le sujet que vous me touchâtes lemièremcnt, parce que, n*ayant pas eu le porteur d'assurance, je n'avois pas voulu bire réponse à ce point-là.
Cette pauvre misérable Belot a une ame pii ne veut point être corrigée par censures ; car elles ne lui ont pas manqué au x>nmiencementde ses vanités, cause de sa -uine ; et la bonne mère de Chantai n'a rien épargné de ce qu'elle pouvoit penser btre propre pour l'en retirer, prévoyant )ien que cette humeur vaine la porteroit plus loin que pour lors elle ne s'imaginoit.
Néanmoins on ne sait pas les conseils de Dieu, et ne faut jamais cesser de coopérer lu salut du prochain en la meilleure façon que l'on peut : si donc vous pouviez parler à cette chétive créature, la prenant un peu doucement et amoureusement, lui remontrant combien elle seroit heureuse de vivre en la grâce de Dieu, l'enquérant si, quand elle a vécu lorsqu'elle vint en cette ville, elle n'étoit pas plus aise que maintenant ; et passant ainsi tout bellement à lui représenter son malheur, je pense que cela la pourroit toucher : mais il faut témoigner que vous êtes portée d'amour envers elle, et que vous n'avez point eu horreur de son malheur. Or, quand vous ne feriez que lui faire faire un bon soupir, Dieu en sera glorifié.
Mais je crois bien que vous aurez de la peine à trouver la commodité do faire à propos cet office , qui requiert beaucoup de loisir; car on nous dit qu'elle est gardée fort soigneusement. 0 que de miséricordes Dieu fait aux âmes qu'il retient en sa trèssainte crainte et en son divin amour 1 mieux vaut le moindre brin de ce trésor, que tout ce qui est au monde. Vivez toujours toute à ce souverain bien, ma trèschère fille; c'est la prière ordinaire de votre, etc.
LETTRE DaVI.