FRANÇOIS DE SALES , A UNE DAHE
il est permis de pleurer ies morts, poonro que ce loitavec modération et résignation. Les longues maladies sont avantageuses en ce qu'elles servent à nour. pré|>arer A la mort. Avis sur la variété dei désirs et sur là manière de former ses résoiniions,ele.
Or sus, ma très-chère fille, on me vient
de dire que la chère sœur est partie, nous laissant encore ici-bas avec les passions ordinaires de la tristesse, qui a accoutumé d'attaquer les demeurans en telles séparations. 0 Dieu! je n'ai garde, ma très-chère fille, de vous dire : Ne pleurez pas : non ; car il est bien juste et raisonnable que vous pleuriez un peu ; mais un peu , ma chère fille, en témoignage de la sincère affection que vous lui portiez, à l'imitation de notre cher maître qui pleura bien un peu sur son ami le Lazare ; et non pas toutefois beaucoup , comme font ceux qui , colloquant toutes leurs pensées au moment de cette misérable vie , ne se ressouviennent pas que nous allons aussi à l'éternité, où, si nous vivons bien en ce monde, nous nous réunirons à nos chers trépassés, pour ne jamais les quitter.
Nous n^ saurions empêcher notre pauvre cœur de ressentir la condition de cette vie, et la perte de ceux qui étoient nos délicieux compagnons en icelle ; mais il ne faut pourtant pas démentir la solennelle profession que nous avons faite de joindre inséparablement notre volonté à celle de notre Dieu.
Qu'elle est heureuse, cette chère sœur, d'avoir vu venir petit à petit et de loin cette heure de son départi car ainsi elle s'est préparée pour la faire saintement. Adorons oette providence divine, et disons '■ Oui, vous êtes bénie, car tout ce qui vous plaît est bon. Mon Dieu 1 ma trèschère fille, que ces petits accidents doivent être reçus doucement de nos cœurs; nos cœurs , dis-je , qui meshui doivent avoir plus d'affection au ciel qu'en la terre I Je prierai Dieu pour cette ame, et pour la consolation des siens.
Ne vous mettez pas en peine de votre oraison, ni de cette variété de désirs qui nous viennent ; car la variété des affections n'est pas mauvaise, ni les désirs de plusieurs vertus distinctes.
Pour vos résolutions , vous les pouvei .bien particulariser en celte sorte : Je veux donc plus fidèlement pratiquer les vertus qui me sont nécessaires, comme en telle occasion qui se présente ; je me prépare à pratiquer telle vertu ; et ainsi des autres.
Il n'est pas besoin d'user de paroles, môme intériouros : il suffit d'élancer sc^:i cœur, ou tic h reposer sur notre Sri;:nonr ;
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il suffit du regarder amoureusement ce divin amoureux de nos âmes, car entre les amans les yeux parlent mieux qne la langue.
Je vous écris sans loUtr et en la présence du laquais. Bonsoir donc, ma trèschère fillo : fondez et versez le trépas do la sœur en celui du Sauveur; ne regardez point cette mort de la sceur qu'en celle du Rédempteur. Qu'à jaifiais sa volonté soit formée! ÂDion.
Votre trËs-humblo serviteur, etc.
LETTRE DCLTII.
8. FMHCOIS DE BALEB, A Dm PËHSOKRB MHT U UIRT «TOIT «OWUi LA riL|.IAD lirTËHI.
(T1rt«MBsiaiitndel4 VI>1uilM<aUn>4ilH.)
Je loue Dieu de l'heureuie arrivée de cette belle fille que vous m'avez accordée pour filleule : madame sa mère sera un jour récompensée , je dis même en co monde, des travaux qu'elle a soufferts pour la produire, quand elle la verra , pleine de vraie vertu , lui rendre mille sortes de contentemens. Mes foibles prières ne lui manqueront pas â rette intention , ni à vous, monsieur et madame sa mère, pour votre longue postérité, que je «ou ha itérai toujours avec prende affceiion. Votre commodité fera toujours naltro la mienne, pour l'honneur que je désire do pouvoir aussi véritablement me nommer votre plus humble compère , comme je suis sincèrement , monsieur, votre très-affectionné, etc.
LETTRE DCLVIII.
t. nlNCOIS DB BU.KS, Â UNE DAMS.
BibatUtion t la prallqat dci TerlDi.
Ma très-c-lière mère , si faut-il que je vous salue le plus souvent que je pourrai. Je suis en peine de vous , à cause de ces maladies qui courent , qui sont populaires. Hon Dieu I ma bonne mère, que cette vio est trompeuse, et que l'éturnito est désirable 1 Que bientieuroux sont ceux qui la désirent.
Tenons-nous bien à la main miséricordieuse de notre bon Dieu , car il nous veut tirer après soi. Soyons bien débonnaires et
humbles de cceur envers tous, mais wrlont envers tes nétres. Ne nous empressons point, allons tout doucement, nous supportant les uns les autres ; gardons biti que notre cœut ne nous échappe, t Hélatl > dit David , mon cœur m*a laissé (t). > MaisjamaisDotrecœurne nous abandonne:
si nous ne l'abandonnons point : tenons-la toujours en nos mains comme sainte Catherine de Sienne, et saint Denys sa léte. Jésus-Christ soit à jamais en votre cœur, ma chère mère. Je suis en lui voire, etc.
UETTBE DCUX.