FRANÇOIS DE SALES, A UNE DAME
Il l'exhorle à un généreux mépris , el à an dépouiUenienl entier des créatures.
C'est la vérité, madame ma très-chère fille , qu'entre les souvenirs que j'ai des âmes que Dieu m'a fa^t aimer, celui de la vôtre m'est de très-grande consolation; car j*ai vu un certain dépouillement des créatures et de leurs vanités, qu'il m'est impossible de n'aimer pas passionnément.
Tenez bien , je vous supplie , voire cœur haut élevé comme cela , ma très-chère fille : qu'il ait tout à fait son soin attaché à la belle éternité qui vous attend. Les enfaos du monde confessent ordinairement en mourant, que cette vie n'est pas ccasidérable que pour l'éternelle ; mais les enfans de Dieu touchent toute leur vie cette vérité.
Vivez comme cela , parmi toute cetH multitude de fâcheuses occupations, que votre condition vous oblige de voir ctd*avoir ; et comme ceux ({ui s*acheminent à leur patrie n'espèrent le repos qu*aprè& "t être arrivés, ainsi prétendez toujours
(1) Pater, non met Tolontas, sed toa Oat. Luc, a. zzu f. *!.
(*; Jnm non propter inam lo<|aelain eradlnu; Ipti Mi0
autJ.Hruu» et «cimut. JoAN., u. it, t. 4i.
cette paix perouraDle à laquelle vous allez et ardez, travaillez et marchez; je suis consolé de quoi petit à petit vous faites votre chemin très-aisé. Dieu soit à jamais au milieu de nos esprits , qui est le souhait continuel , madame , de votre , etc.
LETTRE DCLXXXU.