‹ Œuvres complètes; nouvelle édition collationnée et augmentée des lettres de Sainte Chartal, des lettres inédites de l'auteur, du portrait de lui et d'autographes (volume 3)Chapitre 358 sur 450 · PRANÇOIS DE SALES , A MADAME BRULART · texte numérisé non relu

PRANÇOIS DE SALES , A MADAME BRULART

fCoanraBlqnée par ■. Gossin , tiré« da nontilère d« U VUlutloD d« la Tille d« Troyes.)

n approuve on changeraenC de confessear fait pour de bonnes raisons. Avis sur la commHoicaliOD et le commerce avec les hériiiquea.

Et puisque vous trouvez de Favancement et de la consolation ail changement jque TOUS avez fait, je ne puis que je ne l'approuve; m*as8urant que vous l'avez fuit avec telle discrétion , le précédent n'en auroit reçu aucun mécontentement.

Je ne vois encore rien devant mes yeux qui me puisse promettre le bonheur de vous voir cette année ; et quant à ce que vous me touchez de m'avoir de deçà , il ne me semble pas que ce soit chose bien aisée à faire , ni point être convenable de quelque temps, eu égard aux lieux avec lesquels Dieu vous a attachée de delà ; mais si la providence de Dieu Texigeoit pour sa gloire et votre salut ,' elle saura bien faire naître les occasions encore que nous ne les voyons pas , et les fera sortir de quelque lieu auquel nous ne pensons pas , il est requis en cela d'une entière résignation au bon plaisir de Dieu : pour ma part , croyez-moi , je vous supplie , je n'ai pas moins de désir de vous revoir, et à loisir, que vous sauriez avoir encore votre main, il faut savoir qui est le plus expédient et à propos. Monsieur Viardot pourra fort aisément suppléer à ce que je pourrai faire de loin , il en est fort capa l)ke(4).

Les médecins m'ont fort défendu d'écrire de ma main au sortir de cette maladie : c'est pourquoi j'ai employé la main d'autrui jusqu'ici , ajoutant de la mienne que vous irous ressouveniez de ce que je voys ai tant lecommandé , et que le faisant vous ferez diose qui agréera plus à Dieu que si , sans

(1) Celle leur* ay«nt été écrite sons la dictée de S. Franf»to de Sales, )• trriba a tant doate omis quelques mots, ee q«l reod en partie cet alinéa inintelligible.

le faire , vous donniez votre vie au martyre ,• parce que Dieu veut l'obéissance beaucoup plus que le sacrifice. Notre doux Sauveur . vous donnera , s'il lui plaît , la lumière pour suivre ce bon chemin auquel vous êtes : ayez seulement bon* courage.

Je suis bien consolé de voir combien vous estimez le bien de servir Dieu, car c'est signe que vous l'embrasserez étroitement. Je le suis autant dti contentement que vous donnez aux vôtres, de la gaieté avec laquelle vous vivez; car Dieu est le Dieu de joie. (Continuez et persévérez ; car la cou- * ronne est pour ceux qui persévèrent.

0 ma très-chère dame , ma bonne sœur, cette vie est courte ; les récompenses de ce qui s'y fait sont éternelles : faisons bien, adhérons à la volonté de Dieu ; que ce soit l'étoile sur laquelle nos yeux s'arrêtent en cette navigation , et nous ne saurions que bien arriver. Je prie Dieu , notre Sauveur, qu'il vive et règne en vous , et vous en lui.

J'ai reçu maintenant votre lettre précédente , à laquelle je ne puis répondre. Je vous dirai seulement que le commerce des huguenots n'est pas absolument défendu à ceux qui sont mêlés avec eux ; mais la vérité est qu'il faut s'en abstenir le plus qu'on peut, car il a accoutumé de refroidir la dévotion. Quanta prendre leur marchandise, si elle est meilleure que celle des autres , il n'y a nul danger. Je vous souhaite mille et mille bénédictions , et suis invariable ment, madame, votre , etc.

LETTRE DCLXXXIIT.

Page 1