‹ Œuvres complètes; nouvelle édition collationnée et augmentée des lettres de Sainte Chartal, des lettres inédites de l'auteur, du portrait de lui et d'autographes (volume 3)Chapitre 370 sur 450 · PBAKÇOIS DE SALES, A MiBUŒ DE CHAKTAL · texte numérisé non relu

PBAKÇOIS DE SALES, A MiBUŒ DE CHAKTAL

Sot 11 «le de le njliwnce de qoItb B«I|M Le grand petit enfant de Bethléem ïoiti

Ha trèfi-chfere fiUo , certes , s'il se pou- TOit, jevoudroislous les jours recevoir des Douvelit^ de votre ame , et tous les jours vous en donner tJ» la mienne ; car je m'imagine que vous ne vivez guère sans afflictions : si est-ce que par sentiment de mon cœur je connois que le vôtre seroit aucunement soulagé par le commerce spirituel qu'il pourroit avoir avec le mien , selon qu'il a plu à Dieu de me donner une affection toute singulière pour vous chérir de toutes mes forces.

Ha très-chère fille , vous savei très-bien que Dieu réierve le parWge de ses enfans pour la vie future, et que, pour celle-ci, il ne donne ordinairement à ses mieux aimés que l'honneur de souffrir beaucoup, etde porler leur croix après lui. Je vois votre cœur assis et affermi sur cette vérité ; c'est pourquoi, bien que, d'uncôlé,je ne puisse pas ni'empèclier de compatir avec vous, puisque vérilablemenl vous èlcs ma fille , d'autre part je me glorifie en la croix de notre Si'ii;neur, puisque vous êtes si heureuse que d'y par^ciper ; et ne cesserai janiais de prier le Saint-Esprit qu'il établisse de plus en plus le vfllre en son obéissance très-pure et très-saint amour.

Faites-moi ce bien , ma très-chère fille , ■ que par la première boune commodité qui se présentera , je puisse savoir quelque chose de l'état de votre cœur, et de toute voire chère petite troupe des petits enfans nue Dieu vous a donnés, afin que vous f us- Eiei leur mère selon l'e:iprit encore plus que vous ne l'êtes selon le cœur, et de notre frère N. etde notre sœur N., et surtout delà bonne mademoiselle votre mère ; el suis très-invaiiablcmenl votre , etc.

jamais les délices et les amours de notre lœur, ma très-chère mère , ma filleî Bêlas ! comme il est beau , ce pauvre petit poupon ! U me semble que je vois SalonXMi sur son grand trône d'ivoire, doréetonvragé, qui n'eut point d'égal es royaumes, comme dit l'Écriture ; et ce roi n'eut point dcpaircngloirenien magniBcenea. Mits j'aime cent fois mieux voir le cher petit enfançon on ia crèche , que de voir tous \a rois en leurs trônes.

Maissi je levois sur les genoux dewBicrée mère ou entre ses bras , ayant sa petite bouchette comme un petit bouton d6 rose, attachée au lis de ses saintes mamelles , ô Dieul je le trouve pluama,»ni- Bque en ce trône, non-seulement que Salomon dans le sien d'ivoire, mais que jamais même ce fils éternel du père ne le fut m ciel , car si bien le ciel a plus d'être visible , la sainte Vierge a plus de vertus et perfections invisibles; et une goutte du lait qui (lue virginalcment de ses sacrés sucherons vaut mieux que toutes lesaffluences des cieux. Le grand S. Joseph nous tasse partdo sa consolation ; la souveraine mère do son amour ; el l'enfant veuille a jamais répandre dans notre cœur ses mérites l

Je vous prie, reposez le plus doucement que vous pourrez iiu|)rÈs du petit céleste enfant : il ne laissera pas d'aimer votre cœur bicn-aimé tel que vous l'avez , sans tendreté et sans sentiment. Voyez-vous pas qu'il reçoit lliideine de ce gros bœuf el de cet ànc qui n'ont sentiment ni mouvement quelconque ; comme ne recevra-til pas les in-piralions de notre piiuvre cœur, lequel, quoiquenon tendrement, pour le présent , solidement néanmoins et farmement, se sacrifie à ses pieds pour être

a jamais servile

iviolablodu si

etde

celui de sa sainte mère , et du grand gou. verneurdu petit roi- Ha très-chère mère , c'est la vérité , j'ai

I uoe lumière toulc parliculicre qui me fait I voir qui: l'uiiiii' Uc ;iuiif i-iuur rai un vu-

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vrage de ce grand anisseur (4 ) ; et partant je veux désormais non-seulement aimer, mais chérir et honorer cette vérité, comme sacrée.

La joie et consolation du fils et de la mère soient à jamais Tallégresse de notre ame ! Je viens de prêcher tout revêtu de la main de ma tanl aimable et amiable mère, "il j'en ai été bien aise. Hélas ! ma très- !hèrc mère m*a fait tout couvrir de Jésus, Maria, Que ce doux Jésus et celte sacrée Marie me la conservent longuement , et tout le vêtement nuptial de son cœuri Amen. Votre, etc.

LETTRE DCCin.

s. PRAlfÇOlS DE SALES, A MADAME DB

CHANTAL

Sar U naiMance de notre Seignear.

Hé, vrai Jésus ! Que cette nuit est douce, ma très-chère fille! Les cieux , chante TÉglise , distillent de toutes parts le miel (i), et moi , je pense que ces divins anges qui résonnent en Tair leur admirable cantique, viennent pour recueillir ce miel céleste sur les lis, où il se trouve sur la poitrine de la très-douce Vierge et de S. Joseph. J'ai tpear, ma chère fille, que ces divins esprits ne se méprennent entre le lait qui sort des mamelles virginales, et le miel du ciel, qui est abouché sur ces mamelles. Quelle douceur devoir le miel sucer le laitl

Mais je vous prie, ma chère fille, ne suisje pas si ambitieux que de penser que nos bons anges de vous et de moi se trouvèrent en la chère troupe de musiciens célestes qui chantèrent en cette nuit! 0 Dieu!

s'il leur plaisoit d'entonner derechef aux oreilles de notre cœur cette même céleste chanson , quelle joie 1 quelle jubilation I Je les en supplie , afin que gloire soit au ciel , et en terre paix aux cœurs de bonne volonté (3).

Revenant donc d'entre les sacrés mystères, je donne ainsi le bonjour à ma chère fille : car je crois que les pasteurs encore,

(1) C*6tt aa terme que le Saint a loTeeté poor Imiter N artiftes, eomme od dit bruoissear, floUMor, fferala- «rar, etc.

(S) Hodie per totom maodnm melliflal factl sont cœU. f« Hiéponê du premier nocturne de Fogiee de Im nuit de ?ioéi.

(9) ClorU in altlMlmlf Deo, et la terrA pai bomiDibW benw vf^iuDiaii*. Lcc, c. ii, ?. ik.

après avoir adoré le céleste poupon que le ciel même leur avoit annoncé, se reposèrent un peu. Mais , 6 Dieu ! que de suavité, comme je pense , à leur sommeil I il leur étoit avis qu'ils oyoient toujours la sacrée mélodie dos anges qui les avoient salués si excellemment de leur cantique, et qu'ils voyoient le cher enfant et la mère qu'ils avoient visités.

Que donnerions-nous à notre petit roi, que nous n*ayons reçu de lui et de sa di« vino libéralité? Or sus, je lui donnerai donc à la sainte grand'messe la très-uniquoment fille bien-aimée qu'il m'a donnée. Hé ! Sauveur de nos âmes, rendez-la toute d'or en charité, toute de myrrhe en mortificalion, toute d'encens en oraison ; et puis recevez-la entre les bras de votre sainte protection, et que votre cœur dise ausien : Je suis ton salut au siècle des siècles (4). Amen. Votre, etc.

LEITRE DCCIV.

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