‹ Œuvres complètes; nouvelle édition collationnée et augmentée des lettres de Sainte Chartal, des lettres inédites de l'auteur, du portrait de lui et d'autographes (volume 3)Chapitre 371 sur 450 · FRANÇOIS DE SALES, A MADAME DE CHANTAL · texte numérisé non relu

FRANÇOIS DE SALES, A MADAME DE CHANTAL

Sur la naissance du di? in Sau? eur.

Ma chère fille, rien ne vous manquera, puisque vous serez en la présence de cet enfant sacré, duquel vous tiendrez l'idée en votre mémoire et imagination , comme si vous le voyiez naître dans la pauvre petite crèche de Bethféem.

Mon Dieu ! que cette naissance fait naître de saintes affections dedans nos cœurs, ains surtout de la parfaite abnégation des biens , des pompes , des soulas de ce monde 1 Je ne sais, mais je ne trouve point de mystère qui mêle si suavement la tendreté avec l'austérité, l'amour avec la rigueur, la douceur avec râpreté. Jamais on ne vit un plus pauvre ni un plus heureux accouchement, ni jamais une si somptueuse et si contente accouchée.

Certes, qui accouche du fils de Dieu n'a que faire de mendier du monde des consolation extérieures. Sainte Paule (2) aima

(1) IMe anlmm mem : Salos loa e; o mm. Pt xxxrr.

(t) Sainte Paole. Illottre dame mmairie. abandonna Rbme pour m reiirer à Beililéeni. • En cniront dans le » frotte où notre Réiiempleur a tuuIu naltro, dit S. Je* • rAme, elle assarolt en ma préMnre qu>llo Tujrult det » yenx de la foi l'enfant Jévns, nonToliemont cnTeloppé » de langes dans la cièrhe ot les mn^rs qui radoroieiit t m et. *"élant Uan^ la jr>lcexiraordiniiiri> qnVlle ttfnioit eo

hSA

mieux aussi vivre hospiluliorecn Belhléom que de denieuivr riilio Jjime î*i Hoiîîc, lui cUiiil a\ \è que jour el nuit elh* oyoit on son cher hoplLil les cris enfantins du Sauveur en la cièclie, ou, comme parkit S. Françx)it< du cher ent'unl de Bethléem , qui Tincitoil au mépris des grandeurs et all'ections mondaines, elTappeloi tau très-saint amour de l'abjeelion.

Ce cher petit Sauveur le sait bien, ma très-chère (ille, que dès ce matin mun cœur cric et rédamc Jésus pour le vôtre. Oui, très-doux Jésus, baume précieux quidonne toute suavité aux anges et aux hommes, entrez, possédez i'ame de celte très-chère Glle ; qu'elle jouisse pleinement de ces afflictions , afm que Todeur de ce lieu parfumé rejaillisse en toutes ses actions.

Hélas, ma Glle, vous m'éles toute chère, parce que vous n'avez rien de cher que Jésus, et qu'en lui et par lui je sais bien que je vous buis bien cher : que je le sois donc encore plus celte année , mais surlout (jue Jésus le doit de plus en plus, jusqu'à la tres-sainte élernitc. Amen. Votre, etc.

LETTRE DCCV

s. FRANÇOIS DE SALES, A l'.NE UELIGIErSE.

Sur la Tenue de Jësus-Christ.

Vous êtes bien , ma chère fdio , auprès de cette crèche sacrée ,Vn laquelle le Sauveur de nos amos nous enseigne laut de

• son aine, df s larmes de Juie, elle di»olt : • Je tou4 «alae,

■ BelhleeL'i ;mai>fiii du |Miu;. uu naiiull le pjiu >iiaut qui

• est dP«rmUo du ciel. ■

Apre» aroir parrouru tou<> If9 l'teai ronucriSs par les nystero^ de la «le o: de la iiMirl du >uuvtiir elle ic^int a Bethléem, ou elîo fit a wn jrj-iur F.He y fil hîitir un oionaatere et un iiûinul. dan* la même rue ou S J(i>vpii et la Virr^e ne truuu-ri'ut p<>iiil uiio l.f'iicic'ia uu l'on Toulùt les rere»olr. pnur j loper le» pi-lrrli.s qui Tf nuicnl alnri «ittuuiesiMirU vi«iierl.iTerr« faii.te. Elle oioil ai Inimble. que i'eux qui ne I.) c(itin()i«>oienl que p.ir «a rëpui.itmn de oiClé afoli'n» peinp a cnire. lursqUun la leur Diontrull, |M c« ïùi leiic iéiobre l'aole.

Elle fi)..d-i abs»i trui« m^naclvrcs do religieuses, el aunrut si pauire i}u'clle ue lalfsa rien à sa nile Eusloctaium.

S. Jerôrre fit >vn èpitaplie. dont Toici la substance : « Ci-pli celle qui , do rôie de sim prre . etoit l«sue do

• roi Aiaraeinnuu . et, du lOv Je sa mure. dejLi-en~

■ doit lie:! >ri|i,{iii9 ri di'it Or>«< <iui-» , riuirn:t.'e l'ouïe.

■ Elle élvit oiere ue la ^aiuto ticige Luiim iiiuui , et

• ta première du »ci!«t nini;>iii . el elle uut a Beili-

• laeia iniit.>r li piu\rtri« de Jr-»u»-i.br.»l. • Sur la porte de la frutle il u.t ic« i:i(.t> : ■ VnUi la »epuU

• Mie de «Aiiite Pnuie. qui l^t^i dau> Ituiiie ms eu.

• faii», "e* p.rcns el si-j r.ri;o-î>r« |iiiur 1 joiour de

• Jv>u*-ùliri:t. >«ia i-urps e^i i.oi..(u:e l'u lene. et sou

• aw« ert allée au ciel. ■ Cotte uxuut luuurul le M Jaiiflir404.

vertus par son silence : maisqu'esl-rcin'iv ne nous dit pas en se laisnnl? Son in^îit coeur pantelant d'amour i>our nousdcvrjii birn enflummer le noire. Mais vovti combien am(»ureu:=ement il a écrit votre nom dans le fond do son divin cosut , qui pjlpile là sur la paille, pour la passion affectueuse qu'il a de votre avancement, et ne jette pas un seul soupir devant son père, auquel vous n'ayez part, ni un seul trait d'esprit que pour votre bonheur.

L'aimant attire le fer, Tambre attire la paille et le foin ; ou que nous soyons fer par dureté, ou que nous soyons paille par imbécililé, nous nous devons joindre à ce souverain petit poupon qui est un vrai tirecœur. Oui, ma fille , ne ri*tournon> point en la région de laquelle nous sommes sortis, laissons pour jamais l'Arabie et la Chuldée , et demcuix^ns aux pieds do ce Sauveur ; disons avec la céleste épouse : J'ai trouvé celui que mon cœur uixnc , je le tiens, et ne l'abandonnerai (4).

Hélas ! ma chère fille , Tenvie que vous me portez (2) procèJe-t-elle de ce que jt» prêche au monde les louanges de Dieu?

0 (]ue c'est quelquefois un grand contontementau cœur de publier la bonté t\oc^ qu'un aime ! Maissi vous désirez do préi-lwr a\ec moi, Je vous en prie, fi»iteà-!e, mal! Je. toujours priant Dieu qu'il me clonno Je» paroles srlon ton cœur et selon vos s<iiîiiiils. Combien de foisarrive-t-il que m-iis disons de bonnes clv)ses, parce que quelque bonne ame nous le»iiiq>ètre! Ne prêche-tel le pas assi'Z , et avec cet avanla;;e que, ne sijchant rien, elle ne s>*enfle point ?

Nou> ressemblons aux orgues , où c»^!ui qui met le soufllo fait en vérité lelcut.ot n'emporte point la loiianse. Aspirez donc Sî'uvent pour moi, ma fille, et vous préchorez avec moi ; et moi , croyez-moi , je joins mon ame à la vôlre tous les jours par le lien du très-r;iint saciTinciil, que j».* ne rv^roi< point qu'avec vous el pour vois? Faites donc, ma fille, fuites mille ft-i- Ijour ros saintes aspirations à Dieu. pri..to*tant que vous éles tuule iol»ile::ii'nt à jamais et éternelîomcnt vienne. Vi\e Jé-fusf

(1) lefeni qncRi dillf it auliui nea ; leaui «ua . oec dlmitiac;. C.oi , •.. m. t. •.

(i. I.a rel.cieiioe a qui le Salut ociit lui at :: « .:i. uooie mai-dr qu'elle lui pui:uiieQiie. p^i-e qu iiaijuvjif >:iau ânes la veriié du Mïut. et les fasouil a It.eu.

DE S. FRAIHÇOl» DE SALES.

Page 1