FRANÇOIS DR SALES, A UNE DAMB
Sur U naissaoee de notre Seignear.
Ma très-chère fîUe , ces grandes fêtes Q0Q8 imposentsilence, d*autant que b'cllcs mêmes elles retentissent et parlent bivinoment du mystère qu'elles nous représentent. Je ne sais certes que dire autour de ce divin enfant; car il ne dit mot, et son cœur plein de ferveur pour les noires , ne se déclare point qu'avec des plaintes, des larmes et des douces œillades , sa sacrée mère se tait presque toujours, et admire ce qu*on lui dit. Mon Dieu 1 que ce silence me dit de grandes choses I il m'apprend à faire la vraie oraison mentale ; il m'ap prend la ferveur amoureuse d'un cœur qui est saisi d'affections, que nourrisseln ces douces pensées, et qui a peur b'en perdre la suavité, s'il les prononce.
Tenez-vous auprès de cette mère cependant , et ne l'abandonnez pas d*un seul moment, tandis qu'elle part de Nazareth et qu^elle va en Bethléem : tandis que, sans empressement, mais non pas sans ses drdens mouvemens,e lie attend d'heure à autre de voir éclos de son sacré ventre le bel oiseau de Paradis. Hélas 1 ma chère fille, vous la verrez cette belle dame, cette heureuse fille de Sion, que, telle qu'elle est. mère du roi de p;loire , elle va mendiant rhospitalité en Bethléem ; elle n'en a nulle sorte de honte, ains elle s'honore de cette sacrée et bienheureuse nécessité.
Je vous promets qu'en cette messe de la mi-nuit, en laquelle il me semblera voir une crèche sur l'autel, et le divin poupon faisant ses doux yeux , pleins de larmes plus précieuses que des perles , je Tofifrirai à Dieu son père avec le congé de sa mère , et le demanderai pour vous, afin qu'il soit à jamais le cœur de votre cœur et l'unique époux de votre ame. 0 ma fille ! tenez bien co divin enfant entre vos bras , et lui donnez vos mamelles; il mange le laitderhumilité et de la douceur cordiale.
Mon Dieu ! que ce mystère est doux 1 le premier ravissement de notre S. Bernard loi d'une vision d'icelui, et, par ce moyen ,
il rendit son cœur et sa bouche pleins du lait do la sainte Vierge et des larmes de ce doux petit enfant. Sitôt que vous verrez le grand petit enfant né en votre amc, dites* lui fermement que je lui i^aerifie la mienne avec la vôtre éternellement. Amen.
LETTRE DCCVli.
8. fBANÇOiS DE 8ALSS, A UNI DAMB tEUtl. Sur la fête de la Cifconci»ion
Ma fille, je suis tellement pressé que jo n'ai loisir de vou» écrire sinon le f^and mot de notre salui, Jésus. Cul, mu fiik^ que quissions- nous, au moins une fois pro« noncer co nom sacré do notre cœur l 0 quel baume il répandroit en toutes les quissances de notre esprit 1 Que neuf se« rions heureux, ma fille, de n'avoir en Ten* tendcmeni que Jésus, que Jésus en 1 imagination 1 Jésus aeroit partout en nous, el nous partout on lui. Essayons-nous-en, ma très-chère fille ; prortonçons-le souvent comme nous pourrons ; que Si bien pour le présent ce ne sera qu'en bégayant) à la fin néanmoins noua pourrons le bien pro noncer.
Mais qu'est-ce que le bien prononcer, ce sacré nom ? car vousmo dites que je vous parle clain
Hélas 1 ma fille, je ne sais pas; mais je sais seulement que pour le bien exprimer il faut avoir une langue toute de feu ; o'es^ è-dirO; qu'il faut que ce soit par le seul amour divin , qui sans autre exprime Je*" sus en entre vie, en l'imprimant dans la fond de notre cœur. Mais courage, ma fille ; sans doute nous aimerons Dieu car il nous aime. Tenez vous joyeuse pour cela, et ne permettez point à votre ame de se troubler d'aucune chose. Je suis, ma chère fille, je suis en ce même Jésus, votre, etc.
LETTRE DCCVffl.
s. FRANÇOIS OE SALES , A UNE RELIGtEtTSl DE LA VISITATION.
8oohail0 de bonne année.
Ma chère fille , quand rÉcriluro sainle veut parler d'une peréotme bonne, do««*e, innocenlo et dédiée à Dieu, elle dit : C'est un fils ou me fille d*unan(1}. llélas! ma
(1) nifû» 0Ald« aanl «rit SaAI, cfttti ngaètt copiiMt. i