FRANÇOIS DE SALES , A MADAME LA COM- TESSE DE SALES , SA MÈRE
11 la console sur son absence par l'espérance de la '
revoir bientôt.
Mal iset.
Je VOUS écris ceci, ma très-chère et bonne mère, en montant à cheval pour Chambéry . Ce billet n*est point cacheté , et je n'en ai nulle inquiétude ; car, par la grâce do Dieu, nous ne sommes plusen ce fâcheux temps (2) où il falloit nécessairement nous
(1) s. Prinçoit de Sales, toa oncle, qu'il appeloit bod ^re, et qu'il bunoroit comme tel.
(t) Ce fâcheux tempe éioit celui ou son père, pour le forcer d'abandonaer la mlstlon du Ctiablais. aTolt défend» de lui donneraucun tecoura. «( même de lui écrire; de sorte que aa mère éluit oblifrée de m cacher pour lui foire parve- Bir ce dont II af oit besoin, lui donner de ses nouvelles, et rerevoir de ses lettres-
Le duc de Savoie, qui venolt de reprendre ce pays sur les Bernois, aroil voulu faire escorter les missionnaires pardes troupes; mais François <ie Sales les refusa, disant que Luther et Calvin avoient planté leurs hérêtiet par le» armeê; maiê qu'à texrmple des apotns. tl fah toit les arracher par la seule parole. En cou.oéqurufc, ils'éloit ensaRé dans le Ctiablais, accompagne seulement d'sn de ses parens. qui élolt chanoine de GcneTC. et d'un domeetlqac. O y fut d'abord eiposé a toutes sortes d'in- •oltM, et UaaiOt eprèa 11 y eoural las pios granda dau-
cacher pour nous écrire , et pour coût dire quelques paroles d amitiéetdeconsolatioiL Vive Dieu , ma bonne mère ; il est vrai que le souvenir de ce temps-là produit toujours en mon amc quelque sainte et douce peu» sée. Conservez toujours la joie en notre Soigneur, ma bonne mère , et soyez assurée que votre pauvre fils se porte bien par ht divine miséricorde, et se préparc à vous aller voir au plus tôt , et à demeurer avec vous le plus long- temps qu'il lui sera possible, car Je suis tout à vous, et vous k savez, que je suis votre fils.
LETTRE DCCXXXIV.
s. FRANÇOIS DE SALES , TANTES.