‹ Œuvres complètes; nouvelle édition collationnée et augmentée des lettres de Sainte Chartal, des lettres inédites de l'auteur, du portrait de lui et d'autographes (volume 3)Chapitre 384 sur 450 · FRANÇOIS OB SALES, A UNB OAMB · texte numérisé non relu

FRANÇOIS OB SALES, A UNB OAMB

Le folonté de Dieu donne on grand prii aux iBoiDilres actions. U ne Caut rien aimer trop ardemment, même les Tertas.

10 Juin IMI.

Madame ma très-chère sœur, me voici dans la disposition do vous écrire ; muis je ne sais que dire , sinon que vous marchiez toujours gaiement dans ce chemin tout céleste où Dieu vous a mise. Je le bénirai toute ma vie des grâces qu'il voua a préparées ; préparez-lui aussi de votre o6té y en reconnoissance , de grandes résigoationSy et portez courageusement votre coBur à Tezécution des cbc^ que vous savez qu'il veut de nous , malgré tout ce qui pourroit s'y opposer.

Ne regardez nullement à la substance des choses que vous ferez , mais à Thonneur qu'elles ont , toutes cbétives qu'elles peuvent être, d'être voulues de Dieu, d'être dans l'ordre de sa providence et disposées par sa sagesse ; en un mot, étan t agréables à Dieu , et reconnues pour telles, à qui doivent-elles être désagréables?

Soyez attentive, ma très-chère fille, à vous rendre tous les jours plus pure de cœur. Or cette pureté consiste à estimer toutes choses, et à les peser au poids du sanctuaire, qui n'est autre que la volonté de Dieu.

N'aimez rien trop ardemment, je vous supplie» pas même les vertus, que l'on p^ quelquefois en passant les bornes de là modération. Je ne sais si vous m'enten^

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dez, mais je le crois : mon discours wgarde vos désirs et votre ardeur.

Ce n'est pas le propre des roses d'être blanches, ce me semble ; car les vermeilles sont plus belles, et de meilleure odeur; c'est au contraire le propre des lis.

Soyons ce que nous sommes, et soyons le bien pour faire honneur au maître dont nous sommes l'ouvrage. On se moqua du peintre qui , voulant représenter un cheval, fit un taureau accompli en toutes ses parties: l'ouvrage étoitbeau en lui-même, mais peu honorable à l'ouvrier qui avoit un autre dessein, et n'avoit bien fait que par hasard.

Soyons ce que Dieu veut, pourvu que nous lui soyons tout dévoués, et ne soyons pas ce que nous voulons contre son intention; car quand nous serions les plus excellentes créatures du ciel, de quoi cela nous serviroit-il , si nous ne sommes pas au gré de la volonté de Dieu?

Peut-être que je dis cela trop souvent; mais je n'en parlerai pas tant par la suite, parce que notre Seigneur vous a déjà beaucoup fortifiée sur cet article.

Donnez-moi la satisfaction de m'avertir do sujet de vos méditations pour l'année présente. Je serai charmé de le savoir aussi bien que le fruit qu'elles produisent en vous. Réjouissez-vous en notre {seigneur, ma chère sœur, et tenez votre cœur en paix. Je salue monsieur votre mari, et suis éternellement, madame, etc.

LETTRE DCCXXXIX.

s. FRANÇOIS DB SALES, A MADAMK LA PHÉ* SIDBIfTB BEULABT.

Gommeot on doii balr se» imperfections itne lo décourager ni se troubler.

lasTitrlMI.

Madame ma très-chère mère, votre lettre pleine de termes d'honneur , d*aiuour et de confiance , nte rendroit du tout à' vous , si dès long-temps je n'y étois tout \ dédié : mais , ma très-chère mère , vous ' m'épargnez un peu trop le nom de fils I qui est le nom du cœur pour me donner I un nom respectueux qui est bien aussi . nom du cceur, mais non pas du maternel qui est celui de mes délices.

C'est la venté, ma très-chère mère, que nous eûmes ici une grande assemblée à

LETTRES

notre jubilé; et, ce qui importe, qu*il s'y fit quelque fruit. J^eus dix mille consolations et point do peine , ce me semble. Seulement eussé-iebien désiré avoir Thonneur et le contentement de vous y voir, ma trè&Kïhère mère, et vous eussiez reçu rhommage que sept ou huit de mes frères et sœurs ne vous ont encore point fait en qualité de vos très-humbles enfans et serviteurs ; mais puisquMl ne se peut d'autre façon, je vous approcherai souvent en esprit , pour , avec vous conjointement, demander à notre Seigneur qu'il lui plaise consoler votre ame de ses bénédictions, la faisant abonder en son saint amour, et en la sacrée humilité et douceur de cœur qui ne soit jamais sans ce saint amour.

Pour vous parler selon votre conscience, ma très-chère mère , ne vous fâchez point, ni ne vous étonnez point de voir encore vivre en votre ame toutes les imperfections que vous m'avez contées : non , je vous en supplie, ma très-chère mère; car bien qu'il les faille rejeter et détester pour s'en amender, il ne faut pas s'alSiger d'une affliction fâcheuse , mais d'une affliction courageuse et tranquille ; ce qui engendre un propos bien rassis et solide de correction. Ce [)ropos ainsi pris en repos et avec maturité de considérations, nous fera prendre les vrais moyens pour l'exécuter, entre les(iuels je confesse que la modération des affections ménagères est grandement utile : je ne dis pas le total abandonnement, mais je (lis la modération ; car par cette modération nous savons trouver les heures franches pour l'oraison , pour un peu de lecture dévote , pour élever par diverses considérations notre cœur à Dieu , pour reprendre de temps en temps le maintien intérieur et la posture cordiale de la paix , do la douceur et humilité. Mais le grand secret en ceci, c'est d'employer toutes choses. Laissez sept ou huit jours pour bien as>eoir votre amfe , et lui faire prendre profondément ses résolutions. Surtout, mu très-rhèro mère, il faut combattre la haine et le mécontentement envers le prochain, et s'abîitenir d'une imperfection insensible, mais grandement nuisible, de laquelle peu de gens s'abstiennent, qui Q>{ , (juc s'il nous arrive de censurer le prochain , ou de nous plaindre de lui , ce qui nous dcvroit rarement arriver, nous

ne finissons jamais , mais recommeoçoai toujours;, et 'cépétoDS nos plaintes et doléancesisaù fin;, gui est signe d*un cœor piqué , .étiquil.nAa pas encore de vraie charité. L^ca|v&'ftrt8 et puissansne deuillent que pouc iJUs^rands sujets , eienoora pour ces gf8û[)fls.8ûJQt8, ne gardent guère le sentiment , :a«unei;is avec trouble et enpressement. Coumgo , ma très-chère mère, ces petites années que nous avons encoTB ici-bas nous seront , Dieu aidant , les meilleures et les plus avantageuses pour ^éte^ nité. Cependant je vous donne touslei meilleurs souhaits que mon ame peut fournir, et les présente à la majesté divine de notre Seigneur, afin qu'il lui plaise vous donner, avec la patience qu*il vous a départie il y a long-temps , le doux et trèshumble agrément de vos travaux , que les plus grands Saints ont eu à leur fin ; et que moissonnant beaucoup de mérites célestes en Tarrière-saison de votre âge , vous vous trouviez riche devant la divine face , quand vous la verrez. Croyez , je vous suivie , ma très-chère mère , que mon ame vous aime et honore spécialement, et que les foibles prières que je pourrai contribuera votre consolation , no vous seront point épargnées. Aimez-moi bien aussi, ma chère mère ; et pendant votre maladie tenez-vous à l'ombre de la croix, et voyez-y souvent le pauvre Sauveur languissant. Là , les maladies et langueurs sont salutaires et aimablés, oij Dieu même nous a sauvés parles langueurs.

Madame ma chère mère , je suis , etc.

LETTRE DCCXL.

s. FRANÇOIS DE SALES , A MADAME U PRÉSIDENTE BRULART.

Atis aux femmes mariées sur les devoirs du mariage, les aumônes, la confession, la comnanion, etc.

8 Juin isas.

Ma très-chèro dame ettrès-aimécsœnr, à l'arrivée de M. de Sauzéa , j'ai reçu mille consolations par le récit qu'il m'a fait do tout ce qui se passe de delà, parliculièrcment pour votre rej^ard. Allez toujours outre , ma chère fille , et ne vous détournez p»int ni à droite , ni à iiauche. Je suis dans une occupation qui me tient la bride si courte , ({ue je ne me puis guère échapper

s s. FRANÇOIS DE SaLBS.

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