‹ Œuvres complètes; nouvelle édition collationnée et augmentée des lettres de Sainte Chartal, des lettres inédites de l'auteur, du portrait de lui et d'autographes (volume 3)Chapitre 385 sur 450 · SB · texte numérisé non relu

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pour vous écrire selon mon souhait , ni à madame notre abbesse. Je répondrai donc brièvement à ce que vous me demandez.

Communiez assurément, selon le conseil de KM. de BéruUeetGalemant, puisque TOUS vousy sentez inclinée et congelée. Ne TOUS mettez nullement en peine do l'apparence qu'il y a de quelque irrévérence pour l'exercice de la condition dans laquelle vous êtes ; car, ma chère Glle , il n'y a nulle irrévérence, mais seulement uoeapparen «.

Cfit eiercice-là n'eat nullement déshonni^te ileTant les yeui de Dieu i au contraire , il lui estagréablo. ilest saint, il est méritoire, lu moins pour la partie qui rend le devoir St n'en recherche pas l'acte , mais seulesent y condescend pour obéir à celui A qui Dieu a donné l'autorité de se faire obéir Mur ce regard.

Harhëre fille, il ne fautpasjugerdes dtoses selon notre goût , mais selon celui le Dieu : c'est le grand mot. Si nous somnes saints selon notre volonté , noua ne le lerans jamais bien ; ii faut que nous le loyoDs selon la volonté de Dieu. Or la vomté de Dieu est que pour l'amour do lui fous fassiez librement ainsi , et que vous : limiezfranGhementl'exercicedevotreélat. j le dis que vous l'aimiez et chérissiez, non j XHir ce qui eat extérieur, et qui peut regarder la sensualité eu elle-même , mais pour 'intérieur, parce que Dieu l'a ordonné , parce que sous cette vile écorce la sainte volonté de Dieu s'accomplit.

Mon Dieu I que nous nous trompons souvent! Je vous dis encore une foie qu'il ne laut point regarderàla condition extérieure :leâ actions, maisà l'intérieure, c'est-à-dire li Dieu les veut ou ua les veut pas. Les □onceptions mondaines ^e brouillent et se mêlent toujours panni nos pensées. En la maison d'un prince , ce n'est pas tant d'être maillon de cuisine comme d'être gentilliomme de la chambre ; mais en la muison je Dieu , les souillons et souillardes sont teaplusdignes bien souvent , parce quecn- Borequ*îl8 te souillent, c'est pour l'amour ie Dieu , c'est pour sa volonté et son amour; 3t oelta TcdoDt^ donne le prix à nos actions , lun pas! l'extérieur.

Je ne confonds souvent en cette considécalîoa , me voyant en une condition si ex- Eellente au service de Dieu : faut-il que l'acliou qui est si basse en l'extérieur soit

si haute en mérite? et mes prédications, mes confirmations, si relevées en l'extérieur, soient «i basses en mérite pour moi , faute d'amour et de dilcctiou? J'ai dit ceci do la sorte, afin que vous sachiez que in communion n'est nullement incompatible avec l'obéissance , en quelque sorte d'action qu'où l'exerce. En l'ancienne Église on communioit tous les jours , et néanmoins S. Paul ordonne aux mariés qu'ils ne se défraudent point l'un l'autre pour le devoir du mariage [1)- Cela soit dit pour une foiâ, et qu'il vous siitTise que c'est la vraie vérité.

Mais la partie qui recherche pëche-t-ello point si elle suit que l'autre ait communié? Je dis que non, nullement, surtout quand les communions sont fréquentes. Ce que j'ai dit de l'Église primitive en fait foi , et la raison est toute claire. 11 y a plus; c'est que, si la. partie communiée recherchoit elle-même lejourde sa communion, le péché ne scroit que Lres-véniel et très-léger, â cause d'un peu d'irrévérence qui en rcviendroit : mais ne rcchorcbaot pas, ains condescendant, c'est grand mérite; la grace de la communion s'en accrût t, tant s'en faut qu'elle amoindrisse. C'ostassez.

Pour l'aumône, vous devei savoir si c'est l'intention du M. votre mari que vous en fassiez à proportion de vor. facultés et des moyens de votre maison. Bt , parce qu'il me semble que vom m'avez dit qu'oui , il n'y a nulle difficulté non-seulement que vous (a pouvez, maisquevous la devez faire. Quant à la quantité, cela ne se peut mieux juger que par vous-même ; il faut considérer vos moyens et vos charges; et sur cela proportionner vos aumônes selon les nécessités des pauvres : car, en temps de famine , la maison demeurant sobrement pourvue , il faut Être plus libéral à donner; en temp^ d'abondunf 0 , il est moins requis , et plus loisible de beaucoup épargner.

Pour écrire la confession, cela est indifférent ; mais pour vous , je vous assure que vous n'en avez nul besoin ; car je me ressouviens que vous fîtes exactement et bien la générale , mi^mi' sans l'avoir écrite : aint

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