‹ Œuvres complètes; nouvelle édition collationnée et augmentée des lettres de Sainte Chartal, des lettres inédites de l'auteur, du portrait de lui et d'autographes (volume 3)Chapitre 398 sur 450 · DE S. MMI^ DB SAUS · texte numérisé non relu

DE S. MMI^ DB SAUS

MHnltif tir,' t ttesWfk ^àê vtKii 0BOiHn%sez ctue l'air de M etiHir Hi Jpé^WitiM, \}M tingneàsèmènt de& ifrésërvdlifs. Héinft'M \)û> le mâtin, tjue Vbds h% pbtiiei éuh ië Sl^h un épiihbïhé du retlonvëlldnioht dé vài i è- SbldiibHs fait to {>rë^ncë de tiiéU. Oh! ^i le toi^ votis lisiez dOtllë ligttëàdiilîà^iiolcjiio lii-rét de détotidù, après âtoir fdit voii'' t)étite oraisdn, 6dr tela disâipèrblt les Qualités coniâgicuses que les reilCionthes du jour|K)Ufroiéht avoir jetées èulour de Votre ctBur; et vonâpurgëHhlôbuVenl p'«r |ë dothc et gMcleux sihip ntagisiral delà cofilWsldi), monsieur, j^s^iéroi^ (jtie vdUs dëh)ëdrt^M6z eotnihë hil célèbl^ Pii>âuste ërttré les fluftimes, sans endommager vos ailes (4). Quo bienheureuse est Id peiHe (pour grande qu'elle soit) qui nous délivre de la ficino étemelle! Qu'ailnable est le travail dUqdet la récompense est Infiniclllonsieur, je suis d'un cœur plus que paternel vtitre, elo;

a. nuivçon ba sALati 4 oioi ai ééb pjmairrM.

Il là MnÀôts de \à htbrt de sbh pM, et H^hè à M reroiliiitandalioli qU'ellé IttI ëfolt NUè d'ttn eccleftiasiiqùe poa^ «ne e«e. 0ft f raiiqat dadf la collation dea bènéOcet.

1« Mfiaibra siii..

Nous avons été ici, au main» nioi« ma très-chère flile, entre la crainte et Teepé-" rance (lour le sujet duquel j*ai su depuis peu que le seul déplaisir vousétoit demeuré. Et je puis dire en vérité que ia considération de votre ennui fut une des plus promptes appréhensions dont je fus touché à Tabord de 1 assurance du mal qu'on nous avoit présagé par les bruits incertains qui nous en arriveroienl.

Mais, or sus, ma très-chère cousinoi il faut pourtant accoiser votre cœur ; et pour rendre juste votre douleur, il la faut borner par la raison. Nous avons dû savoir que nous ne savons l'heure en laquelle quelque semblable événement nous arriveroit par le trépas des autres^ ou aux autres parle nôtre. QuH 61 hous n'y avons pas pédsé, nous devons avouer notre tort, et nouâ en repentir) car le nom ((ue nous portons tous de moN tels nous rend inexcusables.

(1) To«tn IM eoaparalfont que la sailt tait êê rwtf •alfa MiuraUe miiI prbat

LETTRES

Ne nous fâchons pas, ma Glle; nous se rons bientôt tous réunis. Nous allons ineessamment et tirons pays du côté où sont BOB trépassés, et en deux ou trois momens nous y arriverons ; pensons seulement à bien marcher, et à suivre tout le bien que nous aurons reconnu en eux. Béni soit Dieu, qui a fait la grâce à celui duquel nous ressentons Tabsence de lui donner le loisir et Incommodité de se bien disposer pour faire le voyage heureusement.Mettez votre cœur, je vous prie, ma très-chère fille, au pied de la croix, et acceptez la mort et la vie de tout ce que vous aimez, pour Tamour de celui qui donna sa vie et reçut la mort pour vous.

Au reste, rien ne me pourroit empêcher de vous rendre le contentement que vous désirez de moi, sinon le devoir que j*ai au service de notre Seigneur et de TÉglise ; lequel s'étant trouvé favorable à votre souhait, j*ai été extrêmement consolé de vous pouvoir donner satisfaction, comme je ferai encore en tout ce qui me sera possible.

Mais en la distribution des cures, je suis attaché â une méthode (4) de laquelle je ne peux me départir : si selon icelle je puis faire selon votre désir, ce sera mon contentement; si je ne puis en Toccasion présente, ce porteur ne perdant point courage, s'avançant aux lettres et en la vertu, comme je |)ense qu'il a fort bien commencé, il ne manquera pas d'autres occurrences où il trouvera votre recommandation utile.

Au demeurant, je ne vous assurerai pas de mon service fidèle en cette occasion : il vous a été dédié une fois pour toutes fort entièrement; et je vous supplie de n*en jamais douter, non plus que du soin que j'aurai d'assister des sacrifices que je présente à Dieu rame de ce digne chevalier , les mérites duquel je veux à jamais honorer avec tout ce qu'il a lai.ssé de plus cher ^ici-bas. Dieu soit au milieu de votre cœur , ma très-chère cousine , ma fille , et suis de tout le mien votre , etc.

(1) La pratiqa« da Sciot éloit, «fin qDe toos lai pr4(r«t •*Hppiiqufl»seoi a l'éiuUe Bérieuftement, de ne donner les hénéncM. el lurtout lei cures, qu'an concuuri , oA l«t ptu» habile» «t le< plus rertueux étbienl les seulg faroriMtf (M piéré'é», »Aiis qu'aucune rerommandaiion lui pAt laire clmuifer rei ordre Mon»fif;iieur I>eii]rs-Simond« Marquemoiii . archevêque de Lyon, ayant une fols honoré son coucour» de »h pré»euce . vit refuser une cure à %a candidat qui menaça le saint de» priocea lAmporelc éont U ai «it apporté ûu leltrei.

LETTRE DCCLXXXU.

s. FRANÇOIS DE SALES , A MADAME LA PRÉSIDENTE BRULAET.

GoMolation sur la mort de son flls, qui était mort tax Iodes «a servioe du roi.

n Btiisit.

Que mon ame est en peine de votre cœur , ma très^hère mère 1 car je le vois, ce me semble , ce pauvre ccBur maternel tout couvert d'un ennui excessif; ennoi toutefois que Ton ne peut ni blâmer , ni trouver étrange , si Ton considère combien étoit aimable ce fils, duquel ce second éloignement de nous est le sujet de notre amertume. l

Ma très-chère mère , î! est vrai , ce chv fils étoit un des plus désirables qui fût on^ ques: tous ceux qui le connurent, le reconnurent, et le connoissent ainsi. Mais n'est-ce pas une grande partie de la consolation que nous devons prendre maintenant, ma très-chère mère? Car en vérité, il semble que ceux desquels la vie est si digne de mémoire et d'estime , vivent encore après le trépas , puisqu'on a tant de plaisir à les ramentevoir et représenter aux esprits de ceux qui demeurent.

Ce fils, ma très-chère mère , avoit déjà fait un grand éloignement de nous, s'étant volontairement privé de Tair du monde auquel il étoit né , pour aller servir son Dieu et son roi , et sa patrie , en un autre nouveau monde. Sa générosité l'avoit animé à cela ; et la vôtre vous avoit fait condescendre à une si honorable résolution , pour laquelle vous aviez renoncé au contentement de le revoir jamais en cette vie , et ne vous restoit que l'espérance d'avoir de temps en temps de ses lettres. Et voilà, ma irèschcre mère , que sous le bon plaisir de la Providence divine , il est parti de cet autre monde , pour aller en celui qui est le plus ancien et le plus désirable de tous, et auquel il nous faut tous aller , chacun en sa saison , et où vous le verrez plus tôt que vous n'eussiez fait, s'il fût demeuré en ce monde nouveau , parmi les travaux des conquêtes qu'il prétendoit faire à son roi i et à rËglise.

En somme , il a fini ses jours mortels en son devoir et dans Tobligation de son serment. Cette sorte de fm est excellente, et ne faut pas douter que le grand Dieu ne la

îiiî ait rendue heureuse, selon que , dès le berceau, il Tavoit conlinuollement favorisé de sa grâce, pour le faire vivre trèsciirétiennement. Consolez-vous donc , ma Irèspchère mère , et soulagez votre esprit , adorant la divine Providence, qui fait toute chose irès-suavemcnt : et bien que les motifs de SOS décrets nous soient cachés , si est-ce que la vérité de sa débonnaireté nous est manifeste , et nous oblige à croire qu'elle fait toutes choses en parfaite bonté. Vous êtes quasi sur le départ pour aller où est cet aimable enfant. Quand vous y serez, vous ne voudriez pas qu'il fût aux Indes, car vous verrez qu'il sera bien mieux avec les anges et les saints , qu'il ne seroit avec les tigres et barbares. Mafis en attendant l'heure de faire voile , apaisez votre cœur maternel par la considération de la très-sainte éternité, en laquelle il est, et de laquelle vous êtes toute proche. Et au lieu que vous lui écririez quelquefois , parlez à Dieu pour lui , et il saura promptementtout ce que vous voudrez qu'il sache, et recevra toute l'assistance que vous lui ferez par vos vœux et prières (1), soudain que vous l'aurez faite , et délivrée entre les mains de sa divine majesté.

Les chrétiens ont grand tort d'être si peu chrétiens , comme ils sont , et de violer si cruellement les lois de la charité , pour obéir à celles de la crainte : mais, ma très-chère , il faut prier Dieu pour ceux qui font ce grand mal et appliquer cette prièrelà (2) à Tame de votre défunt. C'est l'oraison la plus agréable que nous puissions foire à celui qui en fit une pareille sur la croix , à laquelle sa très-sainte mère répondit de tout son cœur, l'aimant d'une très-ardente charité.

Vous ne sauriez croire combien ce coup a touché mon cœur : car enfin c'étoit mon cher frère , et qui m'avoit aimé extrême* ment. J'ai prié pour lui , et le ferai toujours, et pour vous, ma très-chère mère , à qui je veux rendre toute ma vie en particulier honneur et amour , de la part encore de ce frère trépassé , duquel l'amitié

(I) Le SaiDt ftU loi tllacioo aax voyages de long coart, •I m Moonn temporels que les parenU eiiToIent à leara ««tattU qal Mot dans les pays étranger*.

(1) Ceu« prière e»t celle que le Sauveur Ol sur la croix 9Mr ceux ^al le falsoient mourir : « Mon père, pardon- -lear cw Us m batcdI pas ce qu'ils foot. » Luc,

niK. M.

immortelle me vient solliciter d'être de plus en plus votre , etc.

LETTRE DCCLXXXÏIL

s. FRANÇOIS DE SALES, A MADAME DE CHANTAL.

Le Saint rend compte de l'assistance qu'il donna à madame de Trevernay dtns sa dernière maladie, ei de sa résignation.

UJuineiiiif.

Par cette première commodité , je vous rends compte de mon voyage , ma trèschère mère. Certes quand monsieur l'archevêque me laissa , il me témoigna beaucoup d'amitié. Or , je cultiverai la faveur que ce grand prélat me fait , le plus soigneusement qu'il me sera possible.

Nous vînmes donc ce jour-là à Saint- Prix , et toujours avec la bonne dame la présidente N. , qui m'ouvrit son cœur autant que l'occasion le lui permit , fort franchement. CVst un bon cœur en vérité , et auquel je souhaite beaucoup de vraie prospérité : elle a grand besoin d'être assistée et appuyée bien doucement , pour la multitude des travaux que la vivacité de son esprit lui donne qui ne cesse guère de lui fournir des motifs pour lui agrandir son mal.

Elle demanda congé à monseigneur l'archevêque d'entrer vers vous , lequel le lui accorda , et lui donna même espérance de lui permettre d'y coucher. Quand cela arrivera aidez-la bien , ma très-chère mère ; car elle le mérite, et en a besoin. Si elle vient ici l'année prochaine , comme elle en a fait le dessein , alors nous aurons plus de moyens de la bien consoler. Je vous écrirai un petit billet à part, afin qu'elle le voie , ayant bien du désir qu'elle sache que je la chéris et estime pour la plus grande gloire de Dieu.

J'arrivai samedi à Seissel , où je prêchai le dimanche matin , et vins coucher en cette ville , et trouvai à mon arrivée pour nouvelles , que madame de Trevernay étoit en l'article de la mort ; je partis hier de grand matin pour lui rendre mon dernier devoir , puisqu'elle étoit de mes Glles. Â mon arrivée , elle s'élança à mon cou avec une joie extraordinaire à son humeur mélancolique, elle qui jamais ne me fit aucune caresse. En somme , elle se remit tellement, qu'en-

rorc que je ne pense pas qu'elle la fasse loniijuo , si ost-re quo je pense qu'elle vivra encore plu-^icMirs jours.

Elh* se confessa derechef à moi pour sa '^onsclalion, et non par sa nécessite: car elle avoit reçu le jour précédent tous 6es sacrcmens, et même l'Iixlrémc-Onction , et fit la plus absolue indifférence que j*aie jamais vue : car ses domestiques et ses voisins la pressant de faire dos vœux pour guérir , jamais elle ne le voulut , mais dit que ce que Dieu feroit lui seroit plus agréable, et qu'elle ne voudroit pas, par le moindre désir du monde , demander à Dieu ni la vie ni la mort, lui laissant sans réserve sa vie entre le^ mains , pour en faire â son p;ré; et ce qui lui plalroit seroit aussi ce qu'elle voulcit.

Mais elle disoit cela si fermement, que je voyoisclairemonl quec'éloit tout de bon, que ce lui étoit tout un : et bien qu'elle dît que sa Françon, ma filleule, lui touchoit un peu le cœur parce qu'elle étoit encore petite , néanmoins elle ajoutoit , non-seulement avec force, mais avec tendreté , que si Dieu la retiroit, il sauroit bien ce qu'il feroit do celte fille, et que pour elle, elle ne voiiloil nullemen t désirer de vivre , sinon tuul ainsi que Dieu lo voudroit.

Kn somme je lui dis tout c^ que je sus et tout il son ^ré. Je la lais.-ai en paix swns 4îppîîrcnce de ninl, sans plîiinte, sans témoij^icr aucune scrle de passion sinon de re\()ir son mari, qui étoit la seconde chose qu'elle avoit désirée avant son trépas.

Ces petites histoires villageoises me plaisent et m'é;!i fient, et c'est pounjuoi je vous les rarente. J'écris à monsei;j;neur Tarche- \ùy\\\o par honneur. Ma Irès-chère mère , je suis, cfmmo vous savez vous-même, tout vôtre, sans réserve ni différence «pielconque. Vivez tout généreusement et noblement joyeuse en celui (jui est notre unique jcie. Je >aluedu fond de mon cœur ma trèschère fille, ma chère mère, mes chères filles, avec nos chères novices, entre lesquelles je chéris particulièrement ma sœur F. A., ma cousine, parce qu'elle est la cadelte.

Adieu, adieu, ma très-chère mère. Lo doux Jésus soit à jamais notre vie. Amen. Votre, etc.

LBTTRB DCCLXXXIV.

s. FfeANÇOn DS'SALCS, A CNB ftAMI.

Il faot praiH|aer1amortifiration avec Joie ;raniOBr de Dieu doit l'emporter aur la craiota.

ttdéeoakri lUL

Il est oertes vrai, ma chère fiUe,irQteoiisolationt me consolent grandamenl, nais surtout quand elles sont fondées aur une si ferme pierre, comme est celle de reiercici de la présence de Dieu. Cheminez donc toujours ainsi auprès de Dieu : car son ombre est plus salutaire que lo soleil.

Ce n'est pas mal de trembler quelquefois devant celui en la présenco duquel lei anges mêmes trémoussent , quand ils re»

gardent en sa majesté, à la charge toutefois que le saint amour qui prédomine en toutes ses œuvres, tienne aussi toujours le de^ sus, le commencement et la fin de vos coasidéralions.

Voilà donc qui va fort bien, puisque cei petits éclairs de votre esprit ne font plus leurs saillies si soudaines, et que votre cœur est un peu plus doux. Soyes toujours fidèle à Dieu et à votre ame. Corrigez-vous toujours do quelque chose, mais ne faites pas ce bon office par force, ains tâchez d'y prendre plaisir comme font les amateurs des exercices champêtres à émonder les arbres de leurs vergers.

Notre Seigneur suppléera sans doute à tout ce qui vous défaudra d'ailleurs, aGn que vous puissiez faire une plus parfaite retraite auprès de lui, pourvu que ce voit lui que vous rimiez, que vous cherchiez, que vous suiviez. Ainsi faites- vous, je lo sais, ma fille ; mais faites-le donc bien toujours et me recommandez à sa miséricorde, puisque de tout mon cœur je suis votre, etc.

LliTTRE DCCLXXXV.

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