‹ Œuvres complètes; nouvelle édition collationnée et augmentée des lettres de Sainte Chartal, des lettres inédites de l'auteur, du portrait de lui et d'autographes (volume 3)Chapitre 399 sur 450 · FRANÇOIS OB SALES, A UNE DE SES XIÈCll · texte numérisé non relu

FRANÇOIS OB SALES, A UNE DE SES XIÈCll

Le Saint lui prescrit la manière dont elle doit

tifre.

I mare Iflt.

Ne pensez pas, je vous prie, ma trè«chère nièce, ma fille, queç.'îiit été faute de souvenance ou d'affection, si j'ai tant tardé à vous écrire. Car à la vérité le bon déiir que j'ai vu en votre ame, de vouloir servir fort fidèlement Dieu, en a fait naître un extrême dans la mienne de vous assister

DE S. rnAHÇOIS DE SALCS.

nn

et aid^rde tout mon pouvoir, laiisant à part le devoir que je vous ni d'ailleurs , et rinclinalion que j*ui toujours eue pour votre cœur, à cause de hi bunni? opinion que j*en ai dès votre plus tcn:irc jounessc.

Or BUS donc, ma très-chîTe ni;<ce, il faut donc bien soigneusement cultiver ce cœur bieu-aimé, et ne rien épargner de ce qui peut être utile à son bonheur : et quoique en toute saison cela se puisse faire, si estce que celle-ci, en laquelle vous êtes, est la plus propre. Ah 1 que c'est une rare grâce, ma chère fille, de commencer à servir ce grand Dieu, tandis que la jeunesse de l'Age nous rend susceptibles de toutes sortes d*impreisions 1 et que l'offrande est agréable, en laquelle on donne les fleurs avec les premiers fruits de Turbre 1

Tenez toujours ferme au milieu de votre cœur les résolutions que Dieu vous donna quand vous étiez devant lui auprès de moi , car si vous los conser\'e2 en toute cette vie mortelle, elles vous conserveront en l'éternelle. Et pour non-seulement les conserver, mais les faire heureusement croître, vous D*avez pas besoin d'autre avis que ceux que j'ai donnés à Phiiothée , dans le livre de r/nfrodiic/ton que vous avez : mais toutefois* pour vous agréer, je vous veux bien spécifier en peu de paroles ct« que je désire principalement de vous.

4. Confessez- vous de quinze en quinze jours, pour recevoir le divin sacrement de communion : et n'allez jamais ni à l'un, ni à l'autre de ces célestes mystères, qu'avec une nouvelle et très- profonde résolution de vous amender de plus en plus de vos imperfections, et de vivre avec une pureté et perfection de cœur toujours plus grandes. Or, je ne dis pas que si vous vous trouvez en dévotion pour communier tous les huit jours, vous ne le puissiez fuiro, et surtout si vous remarquez que pur ce sacré mystère vos inclinations fâcheuses et les imperfeclions de votre vie s'aillent diminuant, mais je vous ai inarqué de quinze en quinze jours, afin que vous ne dilTériez pas da« vantage.

t. Fuites vos exercices spirituels courtement et fcrvemment, afin quu votre naturel ne soit point dilUcile de vous y rendre par Tappréhension de la longueur, et que petit a petit il s'apprivoise avec ces actes d9 piété. Par exemple, vous devez invio-

lablement faire tous les malins l'cxcrrice du matin qui e^t manpié en Vlntrodurtion: or, pour le fîire courlement . vous pourrez, en vous hahillont, remercier Dion, par manière d'oaison jaculatoire, de qn:; il vous a conservée cette nuit- là, et fair^ encore le deuxième et troisième point, no!isculement en vous habillant, mais au lit o\i ailleurs, sans différence de lieu, au d*8rlions quelconques : puis tout aussitôt que vous pourrez, vous vous mettrez h genoux, et ferez le quatrième {)oint, commonçonl à faire cet élan de cœur qui est marqué : 0 Seigneur ! voilà ce pauvre et misérable cœur. J'en dis de même de l'examen de conscience que vous pouvez faire le soir en vous retirant, partout où vous vous trouverez, pourvu qu'on fasse le troisième et quatrième point à genoux, tandis qu'aucune maladie ne vous en empêche.

Ainsi en TËi^lise oyez la messe avec une contenance d'une vraie fille de Dieu : et plutôt que de relâcher de cette révérence, sortez de rÉîj;liso, et vous en relirez,

3. Apprenez à faire souvent des oraisons jaculatoires, et des élancements de votre cœur en Dieu.

i. Avez soin d'être douce et affable & tout le monde, mais surtout dans le logis.

5. Les aumônes qui se font chez vous, soient aussi faites par vous, toujours quand vous le pourrez ; car c'est un grand accroissement de vertu que de faire l'aumône de sa propre main, quand elle se peut bonnement faire.

6. Visitez les malades de votre bourgade fort volontiers : C4<r c'est une des œuvres que notre Seigneur regardera au jour du jugement.

7. Tous les jours lisez une page ou deux de quelque livre spirituel, pour vous tenir en goût et dévotion ; et les fôtcs un peu davantage 7 ce qui vous tiendra lieu de sermon.

8. Continuez 6 beaucoup honorer votre beau-père , parce que Dieu le veut, le vous ayant donné pour second pèro en ce monde ; et aimez cordialement le mari, lui rendant avec une douce et simple bienveillance tout le contentement que vuus pour^ rez; et soyez sage à 8up{M)rter les imperfections de qui que ce soit, mais surtout de ceux du logis.

Je ne vois pas pour le présent que j'aio

LETTRES

à vous dire autre chose, Binon que lorsque nous vous reverrons, vous me direz comme vous vous serez conduite en ce chemin de dévotion : et s'il y a quelque chose à ajouter, jo le ferai. Vivez donc toute joyeuse en Dieu et pour Dieu, ma très-chère fille, ma nièce; et croyez que je vous chéris très-parfaitement, et suis infiniment voire, etc.

LETTRE DCCLXXXVI.

Page 1