I-ETTRE DCCXCIV
ê. I^RAffÇOlS DB 8ALBS, A U7f OElfTILnOllSIB.
Il faii l'éloge de» péret barnubiiet, et l'ènumértlion dci (oiiciiODi auiquclles ils soni propret
• noTtabro 1117.
Monsieur, Je n*ai point reçu de vos lettres depuis qu'il vous plut me faire savoir que vous désiriez des miennes |)Our ces messieurs en recommanda lion de vos droits; et je vous prie do croire que je vous ai néanmoins écrit plus d'une fois depuis, et que je suis marri quand je sais que vos adresses me manquent; car je fuis beaucoup d'état de vous écrire, en quoi je prends ordinairement et trouve une particulière consolation.
Mais disons un mot de nos pères barnabites, puisque je suis pressé, et ne puis pas m étendre. Ce sont des Rens de fort solide piété, doux et gracieux incomparablement, qui Iravaillenl incessiimment pour le salut du prochain; en quoi ils se rendent admi rôbles é,<;aleinent et infati{;ables.
Une chose leur manque, que nous supportons facilement, qui est qu'encore qu'ils aient d'excellents prédicateurs, nous ne pouvons pas encore jouir de leurs talents en cela, d'autant qu'ils n'ont piis encore un usage parfait du lan«;ag(; fian^ois, mais seulement autant qu'il faut pour se faire entendre es catéchisme , petites exhortations et conversations spirituelles ; mais ils la vont acquérant tous les jours, et il est arrivé encore ces jours passés un mal-
heur en la perte qu'ils ont faite 4*un père pariftien qui décéda.
Pour moi, je pense qu'iU feront nn jour de grands services à la Fri:nce ; car lU ne font pas seulement profit en rinslruclioB de la jeunes.'tc (aussi n'est-il pas si requit 01^ les pères jésuites font si exccllemnK}ni bien), mais ils chantent au cceur; conf^v sent, catéchisent et vont même aui vill^'ges où il^ sontcnvoyés prêchant; et, en somme, font tout cb qui se peut dire, et fort cordialement, et ne demandent pas beaucoup pour leur entretien. Voilà ce que je vous puis dire, et qui me feroil désirer leur introduction es lieux où le? jésuites ne sont pas. Votre prudenco discernera ce qui se pourra faire pour les attirer en TOtre Autunois.
Je vois cependant madame votre femme, que je chéris t la vérité tres-cordialemenl, sur la croix, entre les clous et les épines de plusieurs tribulations, qu'elle sent el que vous ressentez. Que vous dirois-je sor cela, mon très-cher frère? Interroges soih vent le cœur :]e. notre Seigneur, d'où cette affection prorMo , et il vous fera savoir qu'(*lle a son origine dans le divin omour. C'est bien tait de jeter notre pensée surit justice qui nous punit; mais c'est mipui fait encore do bénir la miséricorde qui nous exerce.
Toute cette année nous avons vécu parmi les adversités; et je crois que vous aurez su le trépas inopiné de mon frère et de ma sœur, que j'appelle inopiné ; car qui l'eût pensé? mais trépas très-heureux, pour le genre do mort, et la sainteté du pas-^jze; car particulièrement ma chère petite sœur fit son départ avec tant de gaieté et de suavité, qu'un médecin, qui la vit mourir, médit que, si les anges étoient mortels, ils désireroient cette sorte de mort. Mais m somme , que pouvons-nous dire en toutes ces occurrences? Il est mieux de ne ries dire que ce qui est écrit : OàmuttU, it fum aperui o$ meum, quoniam (Domine) /• fecisti(\); et à la vérité, pour piirlercœuf à cœur avec vous, je n'ai presque jamai? osé ajouter ce qui suit : Amove à m$pi^
(1) J« «aU demcan» daui leiilence, ei n'ai poiainvcrt la huurhp pour me pl<<lniJre. pirceqae c'est Tod» '^ifin'i qui m'a^fc fait purter le coup de cette aOutioi.
P». XZXVIM, T. lu.
s»int François de .Salai proDooça oes inéiiMa paxvleiA la murt de m mcro
gas Utas [K). Je prierai Dieu qu*il saDctifie Si) volonté ; qu'il soit votre consolation ot de madame, que je vous prie trouver bon que jo nomme ma rhùre fille. Sic state in Domino t charissimi (2). etdiligenUnhdi' ligite, Jo suis, monsieur, votre, etc.
LETTRE DCCXCV.