FBAlfÇOIS DE SALES , A UADAHE DE CIIAILLOT
Le Sainl U féUcite sur ton lieureux mariage.
'IT dérenlire 1617.
Mademoiselle (3), h'S nianincs d'une vraie vertu et piété que j*oi v»o.; en voire amc, ot Tcstime que je fais dv votre mérite, ne permettront jiiniîiis (pie j«* rî\- ^o de vous bonoier et ihérir parfaitement. C/estiiourquoî, bien que pur le:9 projets (le Punnéo passée, je dcvois m imaginer que vous n'étiez plus ici, si est-ce que je n'ui pu ni'empèclier que d*abord mon cœur ne vous cherchât autour de madame votre mère, et je ne vous ai cherchée que |)Our premièrement me réjouir avec vous de voire heureux mariage : car on m'en dit beaucoup do bien; que vous avez tant de contentement , et que vous en rendez tant ; que monsieur votro mari est si vertueux, et que le lien d'une sainte et forte amitié vous tient unis ensemble; en somme, que voui avez toute occasion de louer Dieu, qui vous a fait rencontrer si favorablement le soin de monsieur votre père et do madame votre mère. |
Et puis, me ressouvenant que vous avez été un peu ma fille spirituelle, jo vous supplia de vivre bien conformément à la grâce | que notre Seigneur vous a faite, et de correspondre fidèlement a la lumière qu'il vous B envoyée par tant d'instructions qu'il vous fe fait donner.
Souvenez-vous, mademoiselle, de vivre tous les jours en humilité, afin que Dieu TOUS l>éni8se en toute votre maison, puisqu'il est certain que Dieu résiête aux superbes et vains, et donne aux humbles sa grâce (i). Rien no vous honorera tant que
(I) Élnlgo*! f M pUlM de de«iai ami. ?t. siitiii, t. ii
(SJ l>vBtarci ainsi dao» le Seigneur, mti blen^inée, d Alan niai qal «•« aime. Philipi*.. u. 4.
(Si Oa appeloU aUn maâtmoiêtllë in rtoanae mf riéM. aiiiia dana lea raaiiiiea oubleh. qoi o'afoUal pu é» iiMddg Mmt OB dttgraadn clitrtn.
(4) JadM, iv,i.
cette humilité ; car Dieu exalte les humbles (I). Elle vous acquerra toutes sortes de benéiiiclions.
Suuvencz-voud encore de bien employer le U'nips; il n'y a rien qui fasse tant arriver d'honneur, de réputation et de bonheur sur nous, quo do ne point s'amuser.
Jo ne vous dis rien de la sainte dévotion, qui e:ït désirnblo en tout temps et en tous lieux ; car comme vous souriez, parmi les joies et conlentcmenls elle modère nos es« prits; entre les adversités elle nous sert de refu;;e et nous délasse; et quoi qu'il nous arrive, ello nous fait bénir Dieu, qui est meilleur que tout ce qu'on peut désirer. £llo rond la jeunesse et plus sage et plus aimable, et la vieillesse moins insupportable et ennuyeuse.
Voyez, je vous supplie, ce que {'ai marqué au livre do V Introduction à la vie dé' vole, de la douceur et suavité que l'on doit soigneusement noui'rir au mariage; et pour bien apprendre à pratiquer les enseignements que vous y trouverez, il faut commencer dès maintenant d'en essayer on faisant faire l'exercice du matin et du soir; et quand vous serez quelquefois en prières, priez, je vous supplie , un peu pour moi , qui do tout mon cœur vous souhaite, et à monsieur votre mari, que je veux honorer de toute ma forco, mille et mille bi^nédictions, demeurant, mademoiselle, votre, etc.
LETTRE DCCXCVI.