FRANÇOIS DE SALES , A UN GENTILHOMME
On ne p«ui avoir la vériiali'c inrHIIï^ence de rÉorilure uiaia boni d» l'I^Kliae.
tjainMiei9.
Monsieur, il est fort vrai qui' l'Érriture sacrée contient avec beaticdup (U^ clarté la doctrine requise pour votre salut, et ne pensez jamais le contraire.
11 est encore vrai que c'est une trèsbonne méthode d'interpréter l'Érrituro sacrée , de conférer les passr.ges d'icelle les uns avec les autres , et réduire le tout à l'analogie do la foi, et cela aussi Tai-je toujours dit. Mais toutefoi-^ je ne laisse pas de croire fort asT^urémont , et de dire constamment que, nonobstant cette admirable et aimable clarté de PÉcrilnre es chose» nécessaires à salut, rcsprit humain no trouve pas toujours le vrai sens d'icelle, ains peut errer, et d'effet (mto Irossouvent en rinlelligoncc des pass;ij;c- les plus clairs et les plus nécessaires à rétablissement de la foi.
Témoin les erreurs lulhériennes , les livres calviniste^ qui, sous la conduite des Pères (1) de la prétendue réfunnalion , demeurent vn une contention irrécnnciliablo surrinlelligencedes paroles de Tinslilulion de rEucluiriflie ; et se vunlant l'un et l'autre parti d'avoir soigneusement et fidèlement examiné le sens de ces paroles par lo rapport de la conférence des autres passaines de l'Écriture, et le tout ajusté à l'aniHogic de la foi , demeurent néanmoins ronirairesen l'inlelligence dtsparolei de si îirande im|>ortance. l/Écrilurc et donc claire es paroles; mais l'esprit de l'homme esl obscur, et comme une chouette ne peut avoir celle clarté.
La mélho.le susmentionnée Cj^t Irès-
(I) Lm prrirnJos r^furm^s «ppeluîonl Ainsi le clief do Uiir frxl, conima les e<ilhoIlque« disent Ir» Tèra» da ri-;;li««.
bonne ; mais Teitprithiiiiialii ii*«ii lalt pu
user. C'est l'esprit de Dieu, monsieur, qol nous en donne le vrai sens, et ne le donne au'à son Église, colonne et appui de vérité; E.u;:ise, pnr le ministère de laquelle cedivia esprit garde et maintient sa vérité , c'està-dire le vrai sens de sa parole; et l'Église, qui seule a l'infaillible assistance de l'esprit de vérité, pour bien, dnement et in* fuilliblement trouver la vérité en la parole de Dieu. Si que, qui cherche- la vérité de cette céleste parole hors de l'Église qui N est la gardienne , ne la trouve jamais : ei qui lu veut savoir autrement que par mm ministère , en lieu de la vérité, il n'époosera que la vanité ; et en lieu do la oe^ laine clarté de la parole sacrée , il suivit les illusions de ce faux ange, qui se tniofi figure en ange de lumière.
Ainsi firent jadis tous les hérétiques, qol tous ont eu prétexte de mieux entendre rÉcriture, et de vouloir réformer l'Église, cherchant enfin la vérité hors du sein de l'épouse à laquelle Tépoux céleste Favoil conHée , comme à une fidèle dépositaire et gardienne, qui lu distribueroit aux cher» enfants du lit nuptial , qui est et sera i J^ mais sans macule.
C'est donc cela que je vous dis en sub stance, mon-ieur, qui n'est ni de loin ni (le près contraire à la doctrine des saints IVns nlléctués par monsieur de Mornay {<), au livre qu'il vous plut m'envoyer hierau soir, et que je vous renvoie ce malin, a^er ren)erciement et protestation que je ùé^irerai conlinuellementde pouvoir, par quoique heureuse occasion, témoigner, monsieur, que je suis votre, etc.
(1) Philippe de Mornay, Micnenr da Piewis lirlf. embrassa la reliKioo pruieataoïe à Vhgt de n«ur oa '& ans.
Le roi Henri IV. aai lafoil attiré à M cour, le fit piivcrnour de Sniimur «t conseiller d'érat : il en icçui aofsi dos (lerTiOL-s impurtant^: apro» la (:uiiTer»iori du ni- . '* »icur Mornay se ri'llra de 11 ciiur. Alur* Il l>l sur i'EorbJri^(ir un craiiJ ouMnge qui lo rtMid.l i-uiiskuéitUili* i-«rai <eux de son paiil et qui (ni le »ujet de la vMuftfrciufM FoniaiiicbiR.iu, Inn KOO. emre le CAniliiril du Pirrrva M II* sieur du Plc^sis Olui-ci mérita par la . cl {i.ir lo str- Tires iju'il rendit aux proie>ianls. de porter p.trnit eol ^î titre dp pape des huiruenuts li ciimp'isa nu»«>i un iraiii de lii \vrito di> l:i n'IiRlnn rliréteniic ; un livre riitiiulé, L» mat/re d'xntquiié. cte .tic Le roi Luul» Xiil lyi«M le |:iMncriiri!:Ctii do >«uiijur ei lliieu'i.rn dun»lu birvuii de La rmiU. qui lui apparicnuit . uu il Ojouiui le H e> fcnibre ICî).
DE S. FRAIfÇOU DE SALES.
LBTTBBDCCC.
ft. FRANÇOIS DE 8AL89, A IHIB DAIIB.
c;9iiioUiiont ta? U mort d» son fils. Eiemplt dt ! la sainte Vierge au pied de la croix.
fSioOllSll*
Ayant mi 7«tre «tuatîon, ma irôa-chère mie, mon ame en a été touchée de la mesnre'de Tamour cordial que Dieu m*a donné pour vous ; car je voua vois, ce me semble, graiiciement assaillie de déplaisir, comme une mère qui est séparée de son ûls unique, et certes bien aimable.
Je ne doute pas pourtant que vous ne pensiez bien, et ne soyez très-aî*surée que cette séparation ne soit pas de longue dut^, puisque tous nous allons à grands pas où ce lils se retrouve entre les bras, comme nous devons espérer, de la miséricordo de Dieu. C'est pourquoi vous devez mitigeret adoucir, tant qu*il vous sera possible par la raison, la douleur que la nature vous
donne.
Mais je vous parle trop ré3ervément,ma trêfrchère fille. Il y a si long-temps que TOUS avetdéslré de servir Dieu, et que vous étea apprise à Técole de la croix, que nonaeulement vous acceptez celle-ci patiemment , mais Je m'assure , doucement et amoureusement, en considération de celui qui porta la sienne jusqu'à la mort , et de eelle qui n'ayant qu'un fils, mais fils d'amour incomparable , le vit mourir sur la crgiy avec des yeux pleins de larmes , 9t un cœur plein de douleur, mais de douleur tuave et douce , en faveur de votre salut et de celui de tout le monde.
Enfin, ma très-chère fille, vous voilà dépouillée et dénuée du vêtement le plus précieux que vous eussiez. Bénissez le nom de Dieu, qui vous Tavoit donné, et l'a repris, et sa divine majesté vous tiendra lieu d'enfant Pour moi, j'ai déjà prié Dieu pour ce défunt , et continuerai selon le grand désir que j'ai à votre ame , laquelle Je prie la bonté étemelle de notre Seigneur Youloir remplir la bénédiction, et je suis aena réserve tout vôtre, ma trèirchèro fille, el votre, ete»
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