PBANÇOia es SALES , A UNE UAMlt
QonsolaUons sur la mort de san neveu.
ABbebe , M itpieabre leif .
Que vous diraî-je, ma fille , vous voyant parmi cette amertume? 0 courage, je vous prie : l'époux que vous avez choisi , dès que vous fûtes séparée de celui qu'on vous a voit choisi , est un faisceau de myrrhe; quiconque l'aime, ne peut n'aimer pas l'amertume ; et ceux qu'il favorise deson plus étroit amour, sont toujours piqués de tribulu lions. Comme pouvoit-on serrer sur la poitrine notre seigneur crucifié , sans que les clous et Is épines qui le transpercent, ne vous percent !
0 le brave et bon frère que vous avez ici l Hélas ! le départ de son pauvre petit François ne l'a touché que comme un père qui voit partir son fils de sa maison, et s'éloigner de lui pour approcher un grand roi, et recevoir ses fiivours. Voilà, certes, comme il faut vivre en cette vie si pleine d'inconstances et d'événcmens divers. Mais quand ce frère a su votre maladie, et celle de notre sœur Marie, son cœur s'est attendri , et son sentiment a paru sur ses ^eux : et toutefois il demeure ferme et sans trouble ^ tant il est vertueux et vertueusement chrétien*
Et moi , ma très-chère fille, j'espère que Dieu ayant reçu en sacrifice de suavité l'acquiesc^^ment de ce père et le vôtre, et celui du grand-père et de la grand'mère, et des tantes , il ne permettra pas que la tribulution fasse plus de progrès : ainsi je l'en supplie , et qu'il vous fasse sainte.
Le grand S. Maurice, patron de la Touraine , dont on fait aujourd'hui la fête , vit tuer toute sachère légion devant ses yeux; et on peut dire qu'il souflroit autant de fois le martyre du cœur, comme il vit martyriser et meurtrir. Quand pour l'amour de Dieu nous voyons mourir, acquiesçons à la mort do ceux que nous chérissons. Or sus , que puis-je dire davantage? Celle qui vit mourir le plus aimable fils de tous les fils, vous enverra les consolations qui voua seront convenables , et à monsieur votre père , et à mademoiselle votre mère.
Je porte au milieu de mon cœur la mé- «K>oire de mademoiselle N. votre chère cou^
LETTRES
aine et ma très-chère fille, et voUdrois bien lui écrire; mais je ne puis parmi ces tintamarres de cette presse , qui à peine m*a pu permettre de vous écrire ces lignes. Saluez-la chèrement de ma part , je vous supplie, et rassurez que je ne passerai pas Bourges, où nous nous acheminons demain matin, sans que je lui envoie une de mes lettres. Aimez cette chère ame , et Tappuyez de votre conversation : afin que, selon ses inclinations bonnes et vertueuses, elle serve Dieu de mieux en mieux.
Je n'écris point non plus à mademoiselle ! votre mère, car je sais bien qu*elle se contente que ce soit à vous , à qui je dis que je suis finalement votre serviteur très- ' simple. Ma très -chère fille, demeurez ferme et forte en Famour de notre Seigneur, qui m*a rendu , sans que jamais je varie , parfaitement tout vôtre.
LETTRE DCCai