FRANÇOIS DE SALES , A UNE DAME
Sar la mort de son flls.
Aaatoj, 1 déMBbrt lit».
Le père confesseur de Sainte-Claire de Grenoble me vient de dire que vous avez été extrêmement malade , ma très-chère fille, après que vous avez vu passer le cher N., et guéri d'une grande infirmité. Je vois parmi tout cela votre cœur bien-aimé, qui , avec une grande soumission à la divine Providence, dit que tout cela est bon, puisque la main paternelle de cette suprême bonté a donné tous ces coups.
0 que cet enfant est heureux d'être volé au ciel , comme un petit ange , avant que d'avoir presque touché la terre ! Quel gage avez-vous là haut, ma très-chère fille I Mais vous aurez , je m'assure , traité cœur à cœur avec notre Sauveur , de cette affaire ; et il aura déjà saintement accoisé la tendreté naturelle de votre maternité , et vous aurez déjà plusieurs fois prononcé de tout votre cœur, la protestation filiale que notre Seigneur nous a enseignée : Oui, Père éternel ; car ainsi vous a-t-il plu de faire, et i( est bon quHl soit ainsi (4).
0 ma fille, si vous avez fait comme cela, tous êtes heureusement «lor^e en ce divin Sau.eiir avec cet enfant , et votre vie est
(1) MATTa.,XI,«.
cachée avec lui en Dieu ; et fuand laSmveur paraîtra^ qui cet votre vie, alors vous paroUrez avec lui en gloire ^i).
C'est la façon de parier du Saint-Esprit en rÉcriture.
Nous pâtissons , nous soa£frons , nous mourons avec ceux que nous aimons, par la dilection qui nous tient à eux ; et quand ils souffrent et meurent en notre Seigneur, et que nous acquiesçons en patience à leurs souffrances et trépas pour Tamour décelai qui , pour notre amour , a voulu souffrir et mourir, nous souffrons et mourons avec eux : tout cela bien ramassé, ma très-chère fille , sont des richesses spirituelles incomparables; et nous les connoitrons un jour, quand, pour cêè légers travaux, nous verrons des récompenses étemelles.
Cependant , ma très-chère fille , puisque vous avez été volontiers malade, tandis que Dieu a voulu que vous le fussiez, guérissez ainsi maintenant de bon coeur, pui^ qu'il veut que vous guérissiez. Aussi je le supplie continuellement, ma très-cbère fille , que nous soyons à lui , sans ré8er?6 ni exception , en santé et en nialadie, a tribulation et en prospérité , en la vie et ea la mort , au trépas et à l'éternité. Je salue votre cœur filial , et suis votre , etc.
LETTRE DCCCni.