‹ Œuvres complètes; nouvelle édition collationnée et augmentée des lettres de Sainte Chartal, des lettres inédites de l'auteur, du portrait de lui et d'autographes (volume 3)Chapitre 411 sur 450 · nUNÇOIS DB SALES, A UN GErniLHOMME · texte numérisé non relu

nUNÇOIS DB SALES, A UN GErniLHOMME

Au sujet de son mariage , dont il est parlé dans les trois (edres avant le 13 décembre I6i9« t|OtS03,S04ei80S.

Le f avril 1610.

Monsieur mon très-cher frère, ne prenez pas garde à ce que j\ni tant tardé de vous écrire : car vous auriez grand tort, si vous pensiez que pour cela j'ai jamais cessé de vous chérir et honorer tendrement et très-partialement : et d'autant plus certes, que je vous savois être en peine sous la persécution que l'on faisoità votre personne et à mon nom : mais j'avois quelque défiance que mes lettres n'eussent été ni utiles ni à propos, si l'on eût su que vous les eussiez reçues. Or laissons cette p.'nsée, et pour moi j'ai toujours espéré que votre mariage réussiroit grandement heureux en «on progrès, celte entrée ayant été si fâcheuse : car c'est une des ordinaires méthodes dont la providence de Dieu use, de faire naître les épines avant les roses.

On m'écrit que votre amitié nuptiale est si entière et si parfaite, que rien plus; et à'èst-ce pas là la véritable et certaine marque de la bénédiction de Dieu sur un mariage 1 Et ce que Dieu bénit, qu'importe-t-il que les hommes le censurent? Continuez seulement en cette bénédiction , et nourrissez soigneusement ce bonheur par une persévérante fidélité au service de la divine majesté et que tout le monde parle tant qu'il voudra. Mais on me dit que tous ces messieurs les parents commencent fort à s'i paiscr, et je le crois aisément, car en-

la volonté de Dieu doii Àtre adorée en tout ce qu'elle fait, et qu'elle a fait cette liaison de sa sainte main. Je unis donc, vous assurant que je suis sans fin, monsieur mon très-cher frère, votre, etc.

LETTRE DCCCVm.

s. FlLANÇOtS De sales, A HADEM0I8KLLB DE PfiOUVlLLB , A PAIUS.

Sur ta TOCtUoD.

81 mal 16».

Or sus, au nom de Dieu , ma très-chère fille, il est vrai. Dieu veut que vous vous serviez de mon ame avec une confiance tout entière , pour tout ce qui regarde le bien de la vôtre , laquelle pour cela il m'a rendue toute chère et précieuse son céleste amour.

Vous voilà donc hors de cette fâcheuse affaire, ma très-chère fille, avec une entière liberté , que la Providence éternelle vous a donnée ; et puisque vous le connoissez ainsi , bénissez du plus profond de voire esprit celte divine douceur : et moi , je l'en bénirai avec vous, destinant à cela les sacrifices très-saints que j'offrirai sur ses autels sacrés. Car plus grande action de grâces ne puis-je faire à la divine Majesté, que de lui présentercelui pour lequel, ( t par lequel tout lui est agréable au ciei et en la terre?

Mais, ma fille , que ferons-nous donc de cette liberté que nous avons ? Nous la voulons, sans doute, toute immoler à celui de qui nous la tenons. Car ci^tte résolution est invariable , que sans réserve ni exception quelconque, non pas môme d'un seul moment, nous ne voulons vivre que pour celui, lequel, pour nous faire vivre de la vraie vie, voulut bien mourir sur la croix.

Mais comment? en quel état'' en quelle condition de vie? De demeurer en l'état auquel vous êtes , ce seroit bien lo plu£ aisé en apparence , mais en vérité le plus difficile. Ce monde de Paris , et même de toute la France, ne sauroit vous laisser vivre en paix dans ce milieu. Ils ne cesse roient do vous pousser violemment hors des limites de la résolution que vous avez prise, et de se promettre une résolution si constante, qu'on ne pût rébranlcr et même renverser ; ce seroit se promettre un vrai

fin ils ouvriront les yeut , et verront que | miracle en cet âge , en cette forme da vl-

LETTRES

sage y entre tant d« subtils avocats et intercesseurs que le inonde et sa prudence iuiroit auprès de vous, qui sans merci ni rp!Ache quelconque, assailliroient qui d*un c6U\ qui d'un autre votre repos; et à force d*importunités , ou de déceptions et surprises , à la fin cheviroient de leurs entreprises et de votre force.

Et je vois bien que je ne dois rien dire de plus pour ce point ; puisque vous-même en c^onfessez la vérité , et connoissez qu*il y a de Timpossibilité. Reste donc pour un sujet de notre considération, le mariage ou la religion.

Mais, ma très-chère fille, il ne m*a pas été besoin d*une clarté extraordinaire pour discerner auquel des deux je vous dois conseiller de vous ranger : car ainsi que vous me le décrivez clairement, et que vous me Tavez déjà fait connottre, tandis que j*avois le bien de vous ouïr parler confidemment de votre ame à la mienne , le sentiment que vous avez contre le manage provient de deux causes , dont Tune presque suffiroit pour se résoudre à ne s'y point engager : une puissante aversion , un dégoût tout entier, une répugnance trèsforte.

0 ma fille , c'est bien assez , il n'en faut pas parler davantage. Hélas ! cesamesqui ont une inclinât ion toute partiale pour le mariage , pour heureux qu'il soit , y trouvent tant d'occasions de patience et de mortification , qu'à grand peine en peuvent-elles porter lo fardeau. Et comment feriez-voui^, y entrant tout à fait à contrecœur 1 Es autres conditions j'ai vu cent fois de l'allégement : en celle-ci, jamais.

Certes, les apôtres ayant ouï parler une fois notre Seigneur de l'indissoluble lien du mariage, lui dirent : Seigneur , 8*il en va de la sorte, Un est donc pas expédient de se marier? Et notre Seigneur, approuvant leur opinion, leur répondit : Tous ne comprennent pas ce mot : qui le peut comprendre le comprenne (4). Ma chère fille, et moi après vous avoir ouï parler, et vu votre lettre sur ce sujet, je vous dis : C'Ttcs, ma fille, puisqu'il est ainsi, il n*est pas cxi>éclient de vous marier : et bien que tous ne comprennent pas , c'est-à-dire n'embrassent pas, n'empoignent pas cette j)arole , n'en entendent pas le bonheur ,

(1) Matti, XIX, s et Mq.

ne s'en prévalent pas ; si est-ce que, qmi à vous, ma très-chère fille , yods vous en pouvez aisément prévaloir , vous pouvez facilement atteindre à ce bien-là, et comprendre et savourer ce conseil. Et feites^le donc.

Or je dis donc d'autant plus assurément ceci, que je vois en vous le mariage le plus périlleux qu'à une autre, à cause de œ courage prétendant que vous marqnei, qui vous feroit incessamment soupirer après les agrandissemens, et vous feroit nager continuellement dans la vanité.

Mais cette résolution étant prise , sans qu'il y ait sujet d'en avoir aucun scrupule, il est bien plus difficile de vous dire ensuite : Entrez donc en religion. Et néanmoins il faut par force vous le dire, puisque ni les mœurs , ni les humeurs de la France, ni les inclinations de vos parents, ni votre âge, ni votre mine, ne vous sanroient permettre de demeurer comme vous êtes. Je vous dis donc ainsi par force : Ma fille, entrez en religion ; mais en voos le disant , je sens une secrète suavité dans cette force , qui fait que cette force n'est point forcée , ains douce et agréable. Les anges contraignirent le bon homme Lot, et sa femme , et ses filles, et les empoignèrent par la main , et de force les tirèrent hors de la ville (4) ; mais Lot ne trouve point de violence en cette force, ains il dit qu'il connoît bien qu'il est en leurs bonnes grâces. Et notre Seigneur commande en sa parabole à son serviteur : Contrains-les d'entrer (2). Et pas un de ceux qui furent contraints ne dit : Laissez-moi , vous me blessez. Je suis forcé et je suis contramtde dire à ma fille : Entrez en religion; mais cette contrainte ne fâche point mon cœur.

O ma fille , parlons un peu cœur à cœnr ensemble; pensez-vous que Dieu donne toujours la vocation de la religion , ou bien de la parfaite dévotion , selon les conditions naturelles et les inclinations des es prits qu'il appelle ? Non certes, ma fille ; ne craignez pas cela : la vie religieuse n'est pas une vie naturelle, elle est au-dessus de la nature , il faut que la grâce la donne , et soit l'aine de cette vie. Il est vrai que la providence souveraine se sert maintes fois de la nature pour le service de la grâce;

(l)Gin.. xci, 18. 16 et 17.

(1) L0C, xiT, 16 et M^

mais il s*en faut bien que ce soit toujours , oi presque toujours.

Celui qui crioit si lamentablement : Lb hUm, que je veux ^ je ne le faUpas ; mais lemalqueje ne veux pas, est en moi; c'està-dire : £n ma chair n'habite pas le bien, car le vouloir est attaché à moi ; mais je ne trouve le moyen de le parfaire. Hélas, pauvre misérable que je suis , qui me déliwera du corps de cette mort ? La grâce de Dieu par Jésus Christ {i) : Ou bien : Je rends grâces à Dieu par Jésus-Christ, Dancques moi-même je sers à la loi de Dieu mmon esprit , et démon esprit : et à la loi du péché en ma chair et de ma chair. >Iui-là, dis-je, montroil bien que sa nature le servoit guère à la grâce, et que ses inclinations n'étoient guère soumises aux in- (pirations, et néanmoins, c*est un des plus >arfaits serviteurs que Dieu ait jamais eus m ce mondo; et lequel enfin fut si heureux [ue de pouvoir dire avec vérité : Je vis not , mais non plus moi, ains Jésus-Christ fit en moi ; après que la grâce eut assuetti la nature, et que les inspirations eu- ■ent subjugué les inclinations.

Ma fille , ces craintes de trouver des supérieures indiscrètes , et ces autres apprélensions que vous m'expliquez si fidèlenent, tout cela s'évanouira devant la face le notre Seigneur crucifié , que vous em- )ras8erez cordialement : votre esprit géné- *eiix de la générosité du monde changera le force , et se rendra généreux du courage des saints et des anges. Vous verrez la niaiserie de l'entendement humain en 168 discours, et vous vous en moquerez. ITous aimerez la parole de la croix , que les païens ont tenue pour folie, et les Juifs pour scandale : et laquelle à nous, c'est-àcUre à ceux qui sont sauvés, est la sagesse suprême , la force et vertu de Dic|^ (2).

Mais , ma fille , voici un adoucissement bien grand de ce conseil si absolu , et , ce me semble, si rigoureux. Vous êtes riche ; la vingtième, ou peutrétre centième partie de vos moyens sufQroit pour vous rendre fondatrice d'un monastère, et en celte qualité-là vous auriez un gracieux moyen de vivre religieusement hors la presse du monde , en attendant que l'usage , la considération , et l'inspiration donnassent le

(1) Rom., vin, iseisoq.

(t)I. Co>.,iM8.t3eti;.

dernier courage à votre cœur, et le dernier comble à votre résolution, pour être tout à fait religieuse. Ainsi vous tromperiez finement votre nature , et attraperiez votre cœur subtilement. 0 vive le Sauveur à qui je suis consacré , que cet avis ne regarde que votre ame ; et n'a nulle mine , ni à droite , ni à gauche , que votre pane et . repos. Et cependant priez Dieu , ma très- L chère fille; humiliez- vous, destinez votre vie à l'éternité , relevez vos intentions , purifiez vos prétentions, pensez Souvent qu'un seul petit profit en l'amour de Dieu est digne de grande considération , puisqu'il agrandira notre gloire à toute éternité. En somme , votre esprit , et ce que Dieu a fait pour vous avoir à lui , et mille considérations vous appellent à une non vulgaire générosité chrétienne. Je vous conseille d'avoir confiance en la bonne Mère de la Visitation (4), comme à moimême , car elle vous servira fidèlement. Or je suis sans fin ni réserve.

LETTRE DCCCIX.

s. FBANÇOIS DB SALES, A UNE DEMOISELLE.

Saint François de Sales se plaint do refroidissement d'ane demoiselle dans la piété. Il l'exhorte à choisir un état qui tienne le milieu entre le monde et la religion , et la détourne des procès.

s Jaln i6to.

Cet aimable esprit que j'ai vu en vous quelques mois durant, tandis que vous étiez dans cette ville , ma très-chère fille , ne reviendra-t-il jamais dans votre cœur? Certes, quand je vois comme il est sorti, je suis en grande perplexité, non de votre salut , car j'espère que vous le ferez toujours; mais de votre perfection, à laquelle Dieu vous appelle , et n'a jamais cessé de vous appeler dès votre jeunesse.

Car je vous prie, ma très-chère fille, comment vous pourrois-je conseiller de demeurer au monde avec ce très-bon naturel que véritablement je connois en vous dans le fond de votre cœur ; mais accompagné d'une si forte inclination à la hauteur et dignité de vie , et à la prudence et sagesse naturelle et humaine , et de plus d'une si grande activité , subtilité, et délicatesse d'entendement , que je craindrois infiniment de vous voir dans le monde,

(1) La mkf de Cbaattl q«i éloU tlert a Paris.

s'y ayant pcrïift de copdition plnB 4>i>K^ nqse eq c^l ëtat-là, qus le bon naturel «jvi^Dé dç telles qualités, auxquelles si nom «joutons cette incoin{ianible avereion àlqso)iini8«0)i.Un']ra):âu8 riaai dire, ■iiion qiw pour aucune coDsid^tioa qqpUe ni*d|«spil, il DO ffu^iasque fousdniùiinet ^ ^oôde.

||BJ4 fl'aillears comioe pourrois-Je fotm OfWf^tl^ d'eoLrer en religi'oa , tandis quo Dop;peH)pment vous ne le désira pas, BHis srec un cœur tout à bit coatrarianl Appcenrede vis.

Il lijudf* dope chercher une sorte de vie qt)) qf soil si mondaine , ni reli^ouse i et qui n'sit il» dan^rs du monde, ni les contrUJIftn de la reliipoD. Oq vourra bien, ce 1^ Reint)|e, oblenir que vous puisgiei avoir r^UÀ «n quelque ipqisop de la Visitat^ . ppqf vous reoHîilIir sourent cp cette façon de vie r ^' QV^ niai|mo|oa vous n'j dojtienrje)! pas attachie, >ins fiy^ un logis proelid , pour voire ntraile , avec I4 seule Bujétion de quelques exercices de dévotion propres 1 TOtr« bppB* Wf^yiMl = car ainsi vous aarei la coaifôoditi de contenter votre esprit, qui hait si étrangenent lasoa- Biission et la liaison â l'obéusquce , qui 4 tant de peine i rencontrer des amcs faites Asongré, et qui est si clairvoyant â trouver les â-dirc , et si douillet â les rosâcntir.

0 quand jft me mets en mémoire le temps heurcui auquel je vous voyois, à mon ff6, ai entiËrament dépouillée do vous-même , Bj ddâireuse des mortilicstionB, si fort affinée i l'ubnégation de vous-même, je ne puii que je n'espère de le revoir encore.

Qu^mlà votre séjour, je vous en liiiase le choix 1 pour le mien , je crois qu'il ne sora qu'en ce pays-là , après le voyage de Rome dont je serai de retour à Pâques, ou eavU ron , si je le fais. Mais pourlsnl faites un bon choix de lieu , où vous puissiez être bien aesistëe.

Puisque vous le voulei, Je traiterai aveo monsieur N. 0 Dieu I que je désire ardemroentot invariablement que vos aETairessa passent sans procàs I Car, en somme , l'srgent que vos poursuites mangeront , vous suffira pour vivre : et en Qn de cause, qu'y aura-t-il de certain? Que eavaz-vous que les juges diront et détermineront de votre affaire? Et puis vous passeï vos meilleurs jours en celte très-mauvaise occupa-

Ï-CTTWH. .,

tien , ef voua en rester^ pui merèli« os* ployé utilement À votre prinfipal objet ;'at Dieu sait tà , ^près un long tracas , ve« pourrez ramasser voire esprit diiaipè, [»«■ l'unir à sa divine bonté.

Ha fille; ceux qui vivent sur lamv, meurent sur la mer : je n'ai gutre vu de gens embarqués dans les practa, qui m meurent dans cet embarras. Or voyai| votre ame est lU te pour cela : H votre temu sera dignement destiné à cela; pnaq M.Vincent [saint Vincent de pBDle),nBplnfz bien gv^ Itij toute celte albEn}, # Goupcf court.

^e yenillez pas être liche, ma trtacji)w fille ; ou du moins, si vous ne la ponrqt être que par CCS misérables voies de pneia, soyez pauvre plutét, ma très-chère 6IIb, qucd'ôtre riche aux dépens de votre repoi.

Vous deviez faire hardiment voire coh fèssitn générale, puisque vous ne poaiiïi aocciser votre conscience autremeal, (( qu'un docle et vertueux ecclésiasttqite vihh le consoilloit. Hais il ne m'est pas loiïHn d'écrirp (fpvaot^ge, ravi par 1^ ftl&tni, pressé par le départ de ce porteur.

Dfea soit ^u milieu de voue cŒor- inv-

LETTBE DCCCX.

U Siia( U UlicilB Mr m edtliié à U frtM.

Ce m'est une douceur nonpareille.M trèe-ctière Glle , de voir l'opération céltsts que le Saint-£sprit a foite en votre ODar, ea votre si forte et généreuse résoJulioa rie voui retirer du mnulc. 0 que vous fUs* sagement suivant la sagesse surnaturelte, ma très-chère (ille; car ainsi étoit-il eu l'Évangile àfi la fé:e (1) qu'on o«lébroit, qos Notre-Dame s'en alla tout bfitivementdiOJt dans les monta de Juda (S). Celte promptitude do fairo la volonté de Dieu est ui grand moyen d'attirer de graudos et poiâsantes giïices pour In suite et accomplt^sement de toute bonne amivre: et vousvoysi, ma trèM!hùre Gile , qu'après la rude secous:<e que votre cœur seutit , quand ds vive forre il sa déprit do ses sentimsiu, humeurs, et inclinaLions, ponr suivra l'a^

DE S. frauçois de sales.

»érieur, enfin vous voilà toute coiiaocoisée dans le bienheureux buisvous avez choisi pour chanter à a gloire du Sauveur et Créateur de ie(4).

evez, ma chère fille, relevez soupensées à celte éternelle consoiavous aurez au ciel, d'avoir fait ce 3 avez fait : ce n'est rien certes, et bien que vous le croyez ainsi : ce jt à fait rien en comparaison de voir, et de ces immortelles récom (ue Dieu vous a préparées. Oir que tes ces choses qiio nous méprisons ms pour Dieu? En somme, ce ne e dos chélifs petits momens de limille fois plus sujettes que l'esclame; des inquiétudes perpétuelles, rétentions vaines, inconstantes, et les d'être jamais assouvies, qui îgiténosesprilsdemillesollicitudes ?ssemens inutiles, et ce p ur des les jours si incertains, et courts, et

néanmoins il a plu ainsi à Dieu , quitte ces néants et vains amuses momens gagne en conlr'échange re d'éternelle félicité , en laquelle ule considération , d'avoir voulu »ieu de tout notre cœur et d'avoir n seul petit grade d'amour éternel , nous abîmera de contentement, rite , ma très-chèro fille , je n'avois î vous dire : Foulez aux pieds vos ns, vos défiances, vos craintes, vos is , si je n'eusse eu la confiance en de l'époux céleste, qu'il vous don- I force et le courage de soutenir le l'inspiration et de la raison, contre la nature et de l'aversion.

, ma très-chère fille , il faut que je ie que vous voilà doucement toute j monde, et le monde tout mort en est une partie de l'holocauste, il en core deux ; l'une est d'écorcher la , dépouillant votre cœur de soi- X)upant et tranchant toutes ces mepressions que la nature et le monde nnent ; et l'autre de brûler et ré- 1 cendres votre amour-propre , et ir toute en flammes d'amour céleste lère ame.

imoiMlU tt «lai la Saint écrit él>U eutrée cliep MM de It VUltatton de Sctnle4Urie. à Pari*.

Or , ma fille certes toute très-chère, cela ne se fait pas en un jour, et celui qui vous a fait la grâce de faire le premier coup, fera lui-même avec vous les autres deux : et parce que sa main est toute paternelle , ou il lofera insensiblement, ou s'il vous le fait sentir , il vous donnera la constanco , ains la joie qu'il donna au sein duquel nogs faisons la fôte sur la grille (1). C'est pourquoi vous ne devez point appréhender; Qui vous a donné la volonté, il vous donnera V accomplissement (2). Soyez seulement fidèle en peu de choses , et il vous établira surbeaucoup de choses [^).

Vous me promettez, ma très-chère fille, que si on vous le p)ermet vous m'écrirez toutes les rcncx)ntres de votre heureuse retraite, et je vous promets qu'on vous le permettra, et que je recevrai ce récit avec ; un extrême amour. Dieu soit à jamais béni, loué , et glorifié , ma très-chère fille , et je suis en lui et pour lui très-singulièrement^ votre très-humble , etc.

P. S. Le bon oncle chartreux sera bien consolé quand il saura que vous êtes ( religieuse).

LETTRE DCCCXL

s. FRANÇOIS DE SALES , A H- DR FfiOUVILLB,

Père de la demoiselle è qui les lettrés ans et sio sont adressées, et qui lui afoit permis de se faire teligieuse.

• toAt leio.

Monsieur, ayant su avec combien de rér solution vous avez consenti à la soudai ae et inopinée retraite de mademoiselle de Frouville votre fille bien-aimée, je ne pui$ n tenir de m'en réjouir de tout mon cœur avec vous , comme d'une action en laquelle Dieu aura pris son bon plaisir, et dont les anges et les saints auront glorifié extraofw dinuircment la divine Providence.

Car je sais bien , monsieur, que cette fille vous étûit parfaitement précieuse, et que vous n'auriez pu la donner à la divine volonté , que premièrement vous ne vous fussiez abandonné tout à fait vous-même à son obéissance , qui est le plus excelleol bonheur que l'on puisse souhaiter.

Or , j'augure de plus , que ce sain^ tHicrifîce spirituel que vous avez si fraochemciit

(f ) S«iiU LaiiRiac , qtit tel brùli à peiil feo sar ou gr.L (i) PHiLirp.. II. IS.

(|I)Matt.,uy, tL

umn

Wt à Dieo , n tonTeniii» ei tetime bonté nms donnera les mêmes bénédictions, qu'elle donna en pareille occasion an grand Abrabam (I }. Et ce sont les désirs (tœ je fais auTTOus, et sur toute votre maison, qu*en Toos bénissant elle vous bénisse, établiaaanttotre postérité en sa grâce contre tonte aorte de contradictions ; et tous saluant IrMiumblement avec mademoiselle d'Interville votre compagne 9 je demeure, monaieur, votre, etc.

LSITBEDOCOil.

•.nARçoiB ni SALBS , A ma nâm.

Ma très^hëre fille, je ne suis nullement étonné si votre courage vous semble un peu ph» pesant et engourdi , car vous êtes grosse ; et c'est une vérité manifeste , que nos âmes contractent ordinairement les qualités et conditions de nos corps en la portion inférieure , et je dis ainsi , ma chère fille , en la portion inférieure, parce que c'est celle-là qui tient immédiatement au corps , et qui est sujette à participer aux incommodités d*icelui, un corps délicat étant appesanti par le fait d'une grossesse, débilité par le travail du port d'un enfant, incommodé de plusieurs douleurs , ne peut pas permettre que le coeur soit si vif , si actif , si prompt en ses opérations ; mais tout cela ne préjudicie nullement aux actes de l'esprit que cette partie supérieure, autant agréables à Dieu comme ils sauroient être parmi toutes les gaietés du monde , ains certes plus agréables, comme faits avec plus de peine et de conteste ; mais ils ne sont pas si agréables à la personne qui les fait , parce que n'étant pas en la partie sensible , ils ne sont pas aussi sensibles ni délectables selon nous.

Ma trèsKïhère fille, il ne faut pas être injuste, ni exiger de nous ce qui est en nous. Quand nous sommes inconunodés de corps et de santé , il ne nous faut exiger de notre esprit que les actes de soumission et d*acceptationdu travail, et des saintes unions de notre volonté au bon plaisir de Dieu , qui se forme en la cime de l'ame ; et quant aux actions extérieures, il les fautonion-

0)atllftM,UI,t7«lll.

ner, etfirifeanniapx ^pwiiOBBfoaEiaM, et nous contenter de tae faÔB , eneoie fw ce soit à contre-cœur, langoidemmeni «t pesamment. Et pour relever ceslangieiin, et pesanteurs, et engourdiseemoM de coeur, et les faire servir à ramonr divia, U fout en avouer, accepter et aînerlt sainte abjection; ainsi voua dkangereile plomb de votre pesantenren or, etnnsr plus fin que ne seroit celai de vos pins viva gaietés de cceur. Ayez donc patience aice vous^nême. Que votre portion sopénaars supporte le détraquement de rînférieore; et ofirez souvent à la gloire éternelle da notre Créateur la petite créatore à la fivmation de laquelle il voua a pla prendra pour coopératrice.

Ma très-chère fille, nous avona à Annaer, un peintre capucin qui, comme vous poa^ vez penser, ne fait point d'image que poar Dieu et son temple ; et bien que travaillant il ait une si grande attention , qafl as peut faire l'oraison à la même heure, «t que même cela occupe et lasse son eepA; si est-ce qu'il fait cet ouvrage deboncov pour la gloire qui en doit revenir k notn Seigneur, et l'espérance qu*il a que oei tableaux exciteront plusieurs fidèles à Ioobt Dieu et bénir sa bonté.

Or, ma chère fille , votre enfant qui se forme au milieu de vos entrailles sera aoe image vivante de la divine majesté ; mais cependant que votre ame , vos forces, votre vigueur naturelle est occupée à cette <Bavre , elle ne peut qu'elle ne se lasse et ne se fatigue , et vous ne pouvez pas en même temps faire vos exercices ordinaires si activement et gaiement ; mais souffrez amoureusement ces lassitudes et pesanteurs en considération de Thonneur que Dieu recevra de votre production ; car c'est votre image qui sera colloquée au temple étemel de la céleste Jérusalem, et sera regardée éternellement avec plaisir, de Dieu, des anges et des honunes ; et les saints en loueront Dieu , et vous aussi quand vous l'y verrez ; et cependant prenez patience de sentir votre cœur un peu engourdi et assoupi , et avec la partie supérieure attachez-vous à la sainte volonté de notre Seigneur , qui en a ainsi disposé selon sa sa« gesse étemelle.

En somme , je ne sais pas ce que mon ame ne pense pas et ne désire pas pour la

I de la Tdtre, laquelle, puisqae oulu , et le veut ainsi , est certes de la mienne ; plaise à sa divine 3 et la vâtre et la mienne soient IX selon son très-aaioLet bon plai' i"il remplisse toute votre chère ses sucrées bénédictions, et spémonsieur votre très-cher mari , nsi que de vous , je suis invariarès-humble et plus obéissant ser

LETTRE DCCCXni.

un amii qui Vétoll hit uItI~ i>s« en Angletrrra; ce que le > pir une lettre «criU 1 wn

ne lettre que j'ai ouverte sans oir qu'elle n'étoit pas pour moi.

ion très-cherfrère, que dedouin ame quund je l'ai lue 1 Certes véritable que de ma vte je n'ai eux éuinnembnt. Est-il possible sprit se soit ainsi perdu? Il me , que jamais il ne seroit autre nfant de l'Église romaine , quoique le pape excédât les bornes » , pour étendre celles de son et cependant après avoir tant le fiiiloit pasque le suprême Pasier de l'Eglise , entreprit de déujels de l'obéissance du suprême la république, pour aucun mal ui-mème pour ces abus préten- ■endre rebelle à ce suprême Pas»- X)ur parler selon son langage , & iteurs de l'Église, en laquelle il ïé et nourri.

ie trouvoit pasasseï de clarté , ^s passages de l'Écriture pour le saint Pierre sur le reste des comme s'est-il allé ranger sous ^celésiesliquQ d'un roi (1), duure n'a jamais autorisé la puis- Mur leschosesciviles?

voit que le pape excédoit les wn pouvoir, entreprenaot quel- Bur le temporel des princes , trouve-t-il ^las que le roi sous

DB 8. nunçois de sales. mi

lequel il est allé vivre excède tes limites de son autorité , entreprenant sur le spirituel f

Est>t] possible que ce qui remena et maintint saint Augustin en l'Ëglise , n'ait pu retenir cet esprit? Eài-il possible que la révérence de l'antiquité et l'abjection de la nouveauté n'aient point eu le pouvoir de l'arrêter?

Est-il possible qa'il ait cm que toute l'Église ait tant erré , et que les huguenots ou lesAngloiscalvinistesaient si heureusement rencontré partout la vérité, et qu'ils n'aient point erré en l'intelligence de l'Ëcriture?D'oùpeut être venue cette si universelle connoissance du sens de l'Écriture dans ces tétes-là ës matières de nos controverses, que partout lisaient raison, et nous tort partout, en sorte qu'il nous faille qui lier pour adhérer à eux ?

Hélas 1 mou cher frère, vous vous apercevrez bieniAt du trouble que j'ai en mon esprit, quand vous verrez que je vous dis tout ceci. La modestie avec laquelle il traite en vous écrivant , l'amitié qu'il vous demande avec tant d'affection, et même avec soumission, m'a fait une grande plaie de condoléance en mon ame , qui ne peut s'accoiser de voir périr celle de cet ami.

J'étois à la veille de lui faire faire place ici, et monsieur N. avoit charge de traiter avec lui pour cela ; et maintenant le voilà s^>aré du reste du monde par la mer, et de l'Eglise par le schisme et l'erreur? Dieu néanmoins tirera sa gloire de ce péché.

J'ai une inclination particulière à cette grande Ile età sonroi C^li et en recom-

■■ IrM-insd dUlr da loIr Tnlau ,

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divine majasté; mais avac ooqGaDce , que je serai exaucé avec tant d*amcs, qui soupirent pour cet eflet; et désormais encore prierai-je plus ardemment, ce me seipl^le, pour la considération de cette ame-là.

Oman trèsH^her frère, bienheureux sont laa vrais eQfans da la sainte Église, en laquelle sont trépassés tous les enfants de ' Dieu ! . Ja voua assure que mon pœur a une oootiouelle palpitation extraordinaire pouf cette chuta, e| Ma nouveau courage 4e servir mieux TBglisa du Dieu vivanh et le Dieu vivant de TÉglise,

U faut cependant tapir ^acr^ta cette misérable BOuveUe, qui ne peut être que trop tAi répandue pour tant de parents et apoiâ da celui qui vous la doune. Que si vous lu| écrives, aelou quMI sfmb|e yoiis ipviter, par la voie de mousieur Gabaléoo , aasu? fei-la qua Imites laa a^qi^ d*^nglelerre B'éieirdron^ jamais lea flarpniea de ma di-r hctioo, tandis qu*il me ppurr^ fesf^r quelque espérance de aon reUuf r k i^Égliâe et ^ la )OHi Je aou aalnt eieme|,

Mon frère, quaud vopf mf^ fiPPSfu^, fMtea4armoi savoir, etmeiirponmopdaibé k miséricorde da DOtreSeigneur,qui fait â jamais Tunique espérance ^t ^niour de nos

LETTRE DCCCXIV.

a. PlÂNÇOIS DB 8ALSS, A UXOt DAMB.

Les souffrances sont comme les matériaux qai eomposeni rédiOce de notre Mlut.

1^ BOTambra 1690.

Or sus, ma trés^hère fille, vous voilà toujours auprès delà croix parmi les tribulations, en la maladie de monsieur votre clier mari. Oquo ces pierres qui semblent si dures, sont précieu>e8l Tous les palais delà Jérusalem céleste si brillons, si beaux, si aimables , sont faits de ces malérianx , au moins au quartier des hommes ; c^r en celui des anges les bâtimens sont d'autre sorte : mais aussi ne sontrils pas si excellens;

» dire qoMI m Mntolt porté «Tane incHnatlnn parllcolièr* » à son amour et à sou Mlut; at Jamais ne tomboil en

• propos da rraod* persoaoages. soitprélau, comma » aalnt intalma , saint Thomas; soit princes, comme

• saint Edouard et d'autres, quacouférant ces temps-là » afec le misérable état de Tbarésie et do srbisme. Il no » proférât des pnroles causées par sa douleer intérieora .

• al ne témoif ii&t par soupirs les vœux qu'il faisoU pour

• sa coBTcrtlon. » Uiêtoirê iu B. Françoiê de Salm^ pmr Âufnêtê 4§ Solaa.

et ai l'envie pooypit r^ffoer «p royanpe de ràmôur étemêj, les àngea enileiotert aux hommes deux exceliénces , qui consistent en deux souffrances; l'une est eHIa que notre Seigneur a endurée en la crois pour nous, et non pour eux , du moins fl| entièrement ; Tautre est celle que iesbommes endurent pour notre Seigneur : la souf^ franco de Dieu pour l*hommei» la aoaftmea de llfomme pour Dieu.

Ma chère fille si vous ne féitas pas d^ grandes oraisons parmi vos infirmités ci celles de mopui^ur vofre mari , faites qua votre infirmité soit une oraison elle-même, en Peffrent à celui qui a tant aimé aaa ia* firmités, qu'au jour da ses nooat et de la réjouia^nçe de son cœur , comme (fit IV mant0 sacrée, il a*(^ cppronua et dtfrifia(0.

Faites ainsi : ne vous assujettissez pas à un mémo confesi^nr, tandis que pourgagner temps il sera requis d'aller au pnnier rencontré.

Je suis marri que madame de N. ant ainsi inconomodée : mais puisqu'elle aîM Dieu, toifl lui reviendra à bonheur. Il bot laisser i notre Seigrieur la trèa-ainaablediir position par laquelle il noua hit souvsal plus de bien piir les travaux etafilictioas, que par lo bonheur et consolation.

Ma très-chère fiilo, ne me dites pas taat de votre cœur, car je Taime tant, que je ot veux poiit qu'on parle ainsi : il n'est pas infidèle, ma très-chère fille, mais il est ua peu foiblc quelquefois , et un peu assoupi. j Au reste, il veut être tout à Dieu , je le sais j bien, et aspire à la perfection de Tamoar céleste. Dieu donc le bénisse à jamais M cœur de ma très-chère fille, et lui fasse la grâce d*ètre de plus en plus humble. Dwà soit béni.

LETTRE DCCCSIV.

s. FRANÇOIS OB SALES , A MADAMB M CHANTAL.

Au si^et d'un de leurs amis qui s'étoit fott

calviniste.

11 décembre ta».

Je suis grandement affligé, ma très-cbèn^ mère, de la perte spirituelle de cet ami qui a tant demeuré avec moi. 0 la vanité de lesprit humain , tandis qu*il se fie en soi* même! 0 que les hommes sont vains,

(l> Gaat. m, iU

s se croient eux-mêmes 1 H est eoh fuê le seandaie arrive^ mais maU Jeux par qui il arrive (4).

ne homme a toujours repoussé le hIoux de notre Seigneur : j*e.spere ) de le voir un jour repasser la mer, à port. Mais il écrit lui-môme sa N. avec tant de respect, de sou- , et de courtoisie, que rien plus, ces termes : Je me sépare de la lion de l'Église pour me retirer Herre, oit Dieu, dit-il, m'appelle^ ;émiroit sur ce mot-là : Je me se- \a communion de V Église! puiséparer de rÉjj;lise c'est se séparer ! Laisser rÉglise? é Dieu , quelle ! Mais la chair et le sang le lui ont 5. La curiosité , l'instabilité , la 11présomption de son esprit fondée3 lent naturel de bien et prompte- Mer, avec la sensualité, l'ont tout rdu. En somme, le jugement est ie rare toujours accompagnée de et d'humilité. Or sus , peut-être îz-vous rien encore? S'il est ainsi, lez donc rien, ma très-chère mère, irez en paix.

; consolations au contraire , de saiiotre petite congrégation se mulbonnes âmes ; que ma toujours re fille du Port-Royal lient son jt élevé en Dieu : que ma chère Monligny souffre en patience sa Ma mère , resaluez-la de ma part it, et lui faites savoir que je la rdialement , et la croix sur laquelle

e très-parfaitement madame N. à e dis par voire entremise, n'ayant , que sa retraite est comme une li enfin produira une belle palme phc; mais peut-être seulement L»nl heures , ou à cent jours , ou aines, ou cent mois, et les conis qu'elle a eues, serviront à

ous fasse de plus en plus abonder été et simplicité de sa dilection , fermeté et sincérité de celle du . Or sus, il faut que je finisse, en jrant, ma Ircs-chère mère, que Ile de ce jeune homme, Dieu m'a ie nouvelles douceurs , suavités ,

^ Sf ut, Y.

et lumières spirituelles , pour me faire tant plus admirer rexceilence de la foi catholique.

Bonsoir , ma très-chère mère : je vous dis courtement, que oui, cet abandonnement en Dieu parmi les douleurs intérieures et extérieures est très-bon ; et est bon de dire aussi vocalement les paroles que vous me marquez de temps en temps , pour faire savoir au cœur qu'il est en Dieu, par le témoignage que ces paroles lui rendent.

Il avoit dit , le grand saint Etienne : O

Seigneur Jésus , recevez mon esprit

et Voyant dit , t7 s'endormit en notre Sei» gneur (1). Il faut donc dire quelque chose de semblable , et s'endormir en notre Seigneur ; et puis de temps en temps répéter les mêmes paroles, et s'endormir. 0 Dieu I que c'est une bonne chose de ne vivre qu'en Dieu , ne travailler qu'en Dieu , ne se réjouir qu'en Dieu 1 Jésus-Christ soi ta jamais notre jour en l'éternité , et notre cierge ardent en la vie présente. Amen.

LETTRE DCCCXVI.

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