‹ Œuvres complètes; nouvelle édition collationnée et augmentée des lettres de Sainte Chartal, des lettres inédites de l'auteur, du portrait de lui et d'autographes (volume 3)Chapitre 414 sur 450 · FRANÇOIS DR SALES. A VUE DAMB · texte numérisé non relu

FRANÇOIS DR SALES. A VUE DAMB

Bemédes à la calomnie, n'en venir jamais à des procès; attendre la protection de Dieu.

La Teille de mIbI Jean. » Juin i6ii.

Madame, je réponds à votre dernière demande en peu de paroles , que je n'ai pas changé d'avis depuis que j'écrivis l'/ntroduction à la vie dévote : au contraire , je me vois tous les jours affermi en mon sentiment. Pour ce qui regarde le support des injures , la passion à l'abord nous fait toujours désirer des vengeances: mais quand nous avons un peu de crainte de Dieu, nous n'osons pas les appeler vengeances , ains nous les nommons réparations.

Que cette bonne dame me croie, et qu'elle n'entre point en termes de procès pour ces chansons; car ce ne soroit que multiplier le mal en lieu d'étouffer. Jamais une femme qui a le vrai fondement de Thonncur , ne peut le perdre. Nul ne croit ces infâmes diffamateurs , ni ces chansonneurs ; on les tient pour des méchans.

Le meilleur moyen de réparer les ruines qu'ils font, c'est de mépriser leurs langues qui en sont les instrumens, et de leur répondre par une sainte modestie et com-

(1) André Dotal , docte«r de la ficiilié de théolof le de Feris, et coDfaaMorde mIdI Viaeent de Paaie, n eomposé «M «leelleote Viêd€ la biênkeureiue Marie de tinmrtftiùmf ■■• aaire a été pvbtlée en 1800. par ■«leoekor.

passion. Mais surtout, certes, il n*y a point d'apparence que ce pauvre diffamateur se soumettant à réparer, autant qu'en lui est» rinjure au jugement des parens , on aille prendre cet autre biais de plaidoiries, c'est-à-dire des labvrinthes et abîmes de conscience et des moyens.

Or, je ne désapprouverois pas qu'il confessât sa faute , déclarât son animosité , et demandât l'oubli : car encore qu'il soit de peu d'autorité , ayant commis cet acte ; si est-ce pourtant que c'est toujours quelque sorte de lumière pour l'innocence de voir ses ennemis lui la ire hommage. Mais plutôt que de venir par procès , elle devroit faire toute au Ire chose.

J*ai une récente expérience de la vanité, ou plutôt du dommage que les procès apportent en ces occasions , d'une des plus vertueuses dames que je connoisse , qui s'est infiniment mal trouvée d'avoir quitté mon avis , pour suivre l'impétuosité de la passion de ses parens. Croyez-moi j ma très-chère fille, l'honneur des gens de bien est en la protection de Dieu , qui permet bien quelquefois qu'on l'ébranlé, pour nous faire exercer la patience ; mais jamais il ne le laisse atterrer, et le relève soudain. Vivez toute à Dieu, pour lequel je suis votre, etc.

LETTRE DCCCXIX.

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