‹ Œuvres complètes; nouvelle édition collationnée et augmentée des lettres de Sainte Chartal, des lettres inédites de l'auteur, du portrait de lui et d'autographes (volume 3)Chapitre 419 sur 450 · FIANÇOIS DB SALES, À MADAMB LA PHésiDBNTB mULART · texte numérisé non relu

FIANÇOIS DB SALES, À MADAMB LA PHésiDBNTB mULART

Avis snr la réforoM d'âne maison.

Bladame ma sœur, je vous écrivis il y a ôx semaines , pour répondre à tout ce que rous m*aviez demandé ; et ne doute nullenent que vous n*ayez reçu ma lettre , ce pii me fera tenir plus resserré en celle-ci. Selon ce que vous me proposez par la rôtre du vingt-sixième septembre , j*ap- NtMive que notre bonne abbesse (4) comaence à bien établir ces petites règles que lOtre père a dressées , non pas pour s*arèter là , mais pour passer par après plus îsément à plus grande perfection. |

Rien ne nuit tant à cette entreprise que I variété des propositions qui se font , et iirtout celles qu'on fait d'une règle si lacte ; car cela épouvante Fespritde notre BUT, et des autres aussi. Il ne faut pas, 9 me semble , leur dire combien elles ont s chemin à faire pour tout le voyage, lais seulement du jour à la journée. Et mbien que notre sceur aspire à la perction de la réforme, si ne faut-il pas pour lia la presser, car cela Tétourdiroit ; au »ntraire, il lui faut prêcher la patience et Dgue haleine, autrement elle voudra que ut se fasse à coup ; et s'il y a quelque itardation, elle s'impatientera, et quittera ot ; et à la vérité , il y a occasion de se intenter de ce que notre Seigneur a mis i elle jusqu'à présent : il l'en faut remerdr, et lui en demander davantage.

Pour ma petite sœur (2), je vous la laisse ne m'en mets nullement en peine , mais ne voudrois pas que notre père (3) eût : ur qu'elle ne devint trop dévote, comme ; a toujours eu peur de vous ; car je suis sure qu'elle ne péchera pas en excès de i côté-là. Mon Dieu 1 le bon père que vous ez 1 Hélas ! ils ont un peu de jalousie de

I) Madame TabbCMe du Pay>d*Orbe . MMirde mtdaiM

ilart.

1} Uoe Jeûna sœvr de nudamo bralarl.

V Le préftideoi de Crépy. ptre .:'< ruadiimf Brutart.

leur empire et domination, qui leur semble être aucunement violée, quand on fait quelque chose sans leur autorité et commandement. Que voulez-vous? il leur faut permettre cette petite humanité. Us veulent être maîtres, et n'est-ce pas la raison? Si est certes , en ce qui dépend du service que vous leur devez; mais les bonsseigneurs ne considèrent pas que pour le bien de Tame il faut croire les directeurs et médecins spirituels , et que , sauf les droits qu'ils ont sur vous , vous devez procurer votre bien intérieur, par les moyens jugés convenables par ceux qui sont établis pour conduire les esprits.

Mais nonobstant tout cela, il faut beaucoup condescendre à leur volonté, supporter leurs petites affections ; et plier le plus qu'il se pourra, sans rompre nos bons desseins. Ces accommodemens agréeront à notre Seigneur. Je vous l'ai dit autrefois : moins nous vivons à notre goût , et moins il y a de notre choix en nos actions , plus il- y a de bonté et de solidité de dévotion. U est force que quelquefois nous laissions notre Seigneur pour agréer aux autres pour l'amour de lui.

Non , je ne me puis contenir , ma chèro fille , que je ne vous dise ma pensée : jo sais que vous trouverez tout bon ce qui vient de ma sincérité. Peut-être avez-vous donné occasion à ce bon père et à ce bon mari de se mêler de votre dévotion , et de s'en cabrer : que sais-je moi? A l'aventure que vous êtes un peu trop empressée et embesognée , et que vous avez voulu les presser eux-mêmes et les astreindre. Si cela est, sans doute, c'est la cause qui les fait tirer à quartier maintenant. U faut , s'il se peut, nous empêcher de rendre notre dévotion ennuyeuse. Or je vous dirai maintenant ce que vous ferez.

Quand vous pourrez communier sans troubler vos deux supérieurs, faites-le selon l'avis de vos confesseurs. Quand vous craindrez de les troubler, contentez-vous de communiquer d'esprit; et croyez-moi, cette mortification spirituelle, cette priva* tion de Dieu, agréera extrêmement à Dieu, et vous le mettra bien avant dans le cœur. U faut quelquefois reculer pour mieux sauter.

J'ai souventadmiré l'extrême résignation de S. Jean-Baptiste , qui demeura si lon^»

lempB an désert, toot prodM de notre Seigneur, sans s'empresser de le Yoir, de le Yenir écouter et suivre ; et oomme estpce qa*aprèft l-ayoir vu et )>apUsé, il put la laisser aller saoe s'attacher à lui de présence corporelle » 'comme il étoit si étroit tement lié 4e présence cordiale. Vais il savoit que ce même Seigneur étoit servi de lui par cette privatipn de sa présence réelle. Je vei|)( dire, que pour un peu Oieu seraservitsipourgagperl'espritdecesdeu^ supérieurs qu*il voms a établis , vous souf- .frô; la privaiiqn dfà la communion réelle , et me sera une bien grande consolaMoA 1 9i Je sais que ce^ avis que je vçiil làonne , ute mettent point votre cœuf en inquiétude.

CroyezHTtoi ; cette résignation , cette abnét gation vous sera extrêmement utilq. Vooi^ pourrez néanmoins gagner des oco^sioii^ secrètes pour communier ; car pouryu que. vous défériez et compatissiez ^u^. vqIqiÛ&^ de ces deux personfiages , et que vous qe les mettiez point en impatience, je ne vous donne point d*autre r^le /de yos copumunions que celle que vos cpnfiesseura vous diront ; car ils voient Tétat présent d^ y^fV intérieur , et peuvent connottre ce qi^ set requis pour votre bien.

Je réponds de même pour votre fille :

laissez-lui désirer la trè&-sainte conununioa jusqu'à Pâques, puisqu'elle n'a pu la recevoir sans offenser son bon père avant ce temps-là ; Dieu récompensera celte attente.

Vous êtes , à ce que je vois , au vrai essai de la résignation et indifférence, puisque vous ne pouvez pas servir Dieu à votre volonté. Je connois une dame des plus grandes âmes que j'aie jamais renconti^es, laquelle a demeuré long-temps à telle sujétion sous les humeurs de son mari, qu'au plus fort de sea dévotions et ardeurs , il îalloit qu'elle portât sa gorge ouverte, et fût toute chargée de vanité en l'extérieur, et qu'elle ne communiât jamais, sinon que ce fût à Pâques, qu'en secret et à déçu de tout le monde ; autrement elle eût excité mille tempêtes en sa maison ; et par ce chemin elle est arrivée bien haut, conune je le sais , pour avoir été son père de confession fort souvent.

llortiGcz-vous donc joyeusement ; et à mesure que vous serez empiîchée de faire le bien que vous désirez , faites tant plus ardenmient le bien que vous ne désirez

pas. Y(W n» désirsa Mi PB» f^ngnatisasi voua m déorisrief p^autrea; naia b&lss callaa qiia voua aa désira» pas» car aHas sa valent mieux.

les psaumes de David traduita oo imités par Desportfa j im voua ao^^ nuUemeat ni défendus ni nuisibiea; au contraire, tous sont prafttables : lifla»-laa haaMuiat et sans doute; car il n^f an sr peint. Je as contredis jann^ personne; maia je ^ysfort bien que ces psaumes ne vous aont nnllenent prohibés, et qu'il n Y a mil fièa dlei faire sCrapule. U sa peut faire qae qvisIqBs bon père n*agréa pas que aea enflisns spirf' tael8leslf8etit,et peut-être le fait-H avse quelque bonne considération ; mais' H ae s>naait pas que les antrea n'aient de si bonnes çoMidlératiottS , et voira- meîUeoni pour tes' conseiller aux leurs. Une èhosé ert biea assurée, c'est que vous léa ponvci lire en toute bonne occurrence.

Gomme ainsi vous pôovei entrer pi dottre du Puy-d'Orbe sana scroimle ; m^ il n'y a pourtant pas lieu de vouSi ordoaaer pénitence pour le scrupule que tons sa avez feit , puisque ce ecrtipiile néme est une assez grancfe peine à ceux qui le noia^ rissent ou souffreiit, sans qu'on en imposa d*autre8. Âicantara est fort bon pour IV raison.

Tenez votre coeur fort large , pour y tscevoir toutes sortes de croix et de résignetions ou abnégations , pour l'amour de celui qui en a tant reçu pour nous. QqI jamais son nom soit bÀii , ei que ses royaume se conBrme es sîèelea étemels, h suis en lui , et par lui, voire, et plus que votre frère et serviteur.

LETTRE DGGCXKXI.

a. FRANÇOIS DB SAUSS , A yAP^MK u^

p&ÉsiDBNTs aauLAn^.

Moyens poar irritera U perfecUen daai réUtSi

mariage

Madame, je ne puis vous donner toot à coup ce que je vous ai promis ; car je n'ai pas assez d'heures franches pour mettre tout ensemble ce que j'ai à vous dire sur le sujet que vous avez désiré vous être expliqué par moi. Je vous le dirai à plusieurs fois : etoulrela commorlitô que j'en aurai, vous aurez aussi celle-là , que vous aurez du temps pour bien remâcher mes avis.

Vous avez un grand désir de la perfection cbrélicnno : c'est le désir le plus généreux que vous puissiez avoir : nourrissez-lO) et le faites croître tous les jours. Les moyens de parvenir à la perfection sont divers, selon la diversité des vocations : car les religieux , les veuves et les mariés doivent tous rechercher cette perfection , mais non pas par mêmes moyens. Car à vous, madame, qui êtes mariée, les moyens sont de vous bien unir à Dieu , et à votre prochain, et à ce qui dépend d'eux. Le moyen pour s'unir à Dieu , ce doit être principalement l'usage des sacremens et l*oraison.

Quant à Tusage des sacremens, vous ne devez nullement laisser écouler aucun mois que vous ne communiiez; et même dans quelque temps , selon le progrés que vous aurez fait au service do Dieu , et selon le conseil de vos pères spirituels, vous pourrez communier plus souvent.

Mais quant à la confession, je vous conseillerai bien de la fréquenter encore plus, principalement s'il vous arrivait quelque imperfection de laquelle votre conscience fût affligée, comme il arrive bien souvent au commencement de la vie spirituelle : néanmoins, si vous n'aviez pas les commodités requises pour vous confesser, la contrition et rcpen lance y suppléera.

Quant à l'oraison, vous la devez fort fréquenter, spécialement la médiation, à laquelle vousêtesassez propre, ceme semble.

Faites^en donc tous les jours une petite lieure le matin avant de sortir, ou bien avant le souper : et gardez-vous bien de la faire, niaprèsledtner, ni après le souper; car cela gâteroit votre santé.

Et pour vous aider à la bien féire, il faut qu'avant icello vous sachiez le point sur lequel vous devez méditer ; aGn que commençant l'oraison vous ayez votre matière prête, et à cet effet vous ayez les auteurs qui ont couché les points des méditations sur la vie etmort de notre Seigneur, comme Grenade, BeIlintani,Gapiglia, Bruno, dans lesquels vous choisirez la méditation que vous voudrez faire, ellalirezattentivcment, pour vous en ressouvenir au temps do l'oraison, et n avoir d'autre chose à faire que de les remâcher, suivant toujours la méthode que je vous mis par écrit en la méditation que je vous donnai le Jeudi-Saint.

Outre cela , fiites souvent des oraisons jaculatoires à notre Seigneur , et à toutes les heures que vous pourrez , et en toutes compagnies ; regardant toujours Dieu dans votre cœur, et votre cœur en Dieu.

Prenez plaisir à lire les livres queGrenade a faits de l'oraison et méditation ; c»r il n'y en a point qui vous instruisent mieux , m avec plus de mouvement Je voudrois qu'il ne se passât aucun jour, sans que vous donnassiez une demi-heure , ou une heure, à la lecture de quelque livre spirituel, car cela vous serviroit de prédication.

Voilà les principaux moyens de se bien unir avec Dieu. Quant à ceux qui servent pour 80 bien unir avec le prochain, ils sont en grand nombre ; mais je n'en dirai que quelques-uns.

Il faut considérer le prochain en Dieu , qui veut que nous l'aimions et caressions. C'est l'avis de S. Paul, qui ordonne (4) aux serviteurs de servir Dieu en leurs maîtres, et leurs maîtres en Dieu. Il faut s'exercer en cet amour du prochain le caressant extérieurement : et bien qu'il semble au commencement que c'est à contre-cceur, no le faut point laisser pour cela ; car cette répugnance de la partie inférieure enfin sera vaincue de l'habitude et bonne inclination, qui sera produite par la répétition des actions. Il faut rapporter à ce point les oraisons et méditations ; car après avoir demandé l'amour de Dieu, il faut toujours demander celui des prochains, et particulièrement de ceux auxquels notre volonté n'a nulle inclination.

Je vous conseille de prendre quelquefois la peine de visiter les hépitaux , consoler les malades a considérer leurs inûrmilés, attendrir votre cœur sur icelles, et prier pour eux en leur faisant quelque assistance:

Mais en tout ceci prenez garde soigneusement que monsieur votre mari , vos domestiques, et messieurs vos parensne soient offensés par de trop longs séjours aux égii* ses, des trop grands rcliremens et abandonnemens du soin de votre ménage ; ou , comme il arrive quelquefois, vous rendant contrôleuse des actions d'autrui , ou trop dédaigneuso des conversations où les règles de dévotion ne sont pas si exactement observées ; car en tout cela il faut que^la charité domine et nous éclaire, pour nous faire

vi,«,YilfL

LBnrnES

condatoeiidre aux irokMiléB dnprochaiii, eo oe qui ne sera pas contraire aux oom- ■laodemeiisdeDîea.

▼oQsne deres pas seolemeDitoedifoCe

et aimer la dévotîoo , mais irons la dofea nodra aimable, utile et agréable à chaaw. Les malades aimeroat totra déTOtîon, s*ils en soot charitablement ooasolés : votre ilsmille Taimera, ri elle tons reconnott pins aoignense de son bien , plus douce aux 06ourrenoes des aillûres, phis amiable à reprendra, etainri dnreste : nMMisieor fotra mari , s'il voit qu*A mesure que votre dévotion croit, vous êtes plus cordiale en son endroit, et sooëve en l'afléction que voua hi portes : inessieurs vos parens et vos amis, s'ils recoonoiseent en vous plus de francbise, de support etde condescendance à leun volontés qui ne seront pas contnires à celles de Dieu. Bref, il faut, tant qu'il est possible , rendre votre dévotkm attrayante.

J'ai làitiunpetitavertissementsurlesujet de la perfection de la vie chrétienne, dont Je vous envoie une copie, que je désire être communiquée à madame du Puy-d'Orbe ;

C nez-la en bonne part, comme ausri cette re, qui sort d'une ame qui est entièrement affectionnée à votre bien spirituel, et qui ne désire rien -plus que de voir TcBuvre de Dieu pariaite en votre esprit. Je vous supplie de me donner quelque part en vos prières et communions , comme aussi je vous assure que je vous ferai toute ma vie part aut miennes , et serai sans fin . votre, etc.

LETTRE DCCCXXXIL

s. FBAIfÇOD OB SALBS, A OUB nAMI.

▲vit tar l'entrée d'ane fille en religion. Dangers été fréquentaiioDS entre les cônfesteurt et les pénitentes. Conseil sarlt fréquente commanion

Ma très-chère sœur, ma fille , j'ai vos deux lettres, dont la première est de l'onze du mois passé , et la seconde de Tonzième de celui-ci ; et j*ai tant à répondre à la première, parce que je Tai reçue seulement depuis peu, et non guère plus tôt que la seconde.

Vous devez croire le confesseur N. en ce qui regarde son entrée en religion; car vous ne sauriez mieux apprendre l'intention de votre Seigneur que patr Tavis de

celai qu'il a donné pour diraotear à la flie dont il s'^ti que sa divine m^esté aa voa* loit pas cet holocauste en eflét final , mais seulement en affiBdîon et application eommenoée, comme fit il disanc : c'astpè-dirs, ri cette dièra fille, étant entrée an rordii^ ne 80 trouvoit pas forte pour 7 penévénr, monDienl qori malyaiuoit^l eo ceist Nul, sans <toate;eteQoe cas Ufindroit naoncer à nos gofits et ploa sscrèles afte* lions, pour acquiescer à la aaintavoloalé di Dieu.

Puisque donc maintenant alla eat piito, au jugBmentdesonpteespiritnal eibemMi mères carmélites, et que M. son pèrecoatribne son consoitement, il sembla qalea toute assurance vous en ponvasCiire l'cfikande, et que notre Seipiear Tann fort agréable, sauf néanmoins en son&mptaîsir de disposer de sa peisévéranoe en cet état particulier, ou de sa sortie, selon qw sa providence trouvera meilleiir; à quoi nous nous conformerons toujoun» atsaai répliquer. Car il n'est pas raisonnabis da presôire à cette infinie sapienca la foçoa de laquelle il nous veut rendre aieii8.TeiÉ pour le premier point

Pour le second, je regrette infiniment que ce personnage se laiaee ri long-temps tromper, et trompe soi-même en cette iadiscrèle et superflue hantise, et surtout puisqu'elle donne du scandale. O Dieu ! que ce leur seroit chose utile à tous deux de renoncer à ces inutiles et inconridérées complaisances, et que ce seroit aussi une grande charité de les en retirer l Mais quant à la personne que je connois, quoique jadis elle fût aucunement intéressée en oe mal, qui, pour n'être pas vicieux, ne laisse pas d'être périlleux, je ne trouve aucun inconvénient que quelquefois, selon les occurrences, elle se confesse en toute liberté à ce personnagelà, dans le cœur duquel, s'ily avoit quelque impureté, elle ne s'y glisserait pas par U confession, mais oui bien par les autres conférences, conversations ou privautés et hantises. Qu'elle s'y confesse donc librement es occasions, mais qu'elle ne lui parle pas hors de là que courtement et promptement.

Pour le troisième, croyez fermement qoe vous n'avez ni retenez à votre escient aucune afiection contre la volonté de IKeM, c'est-A-dire pour le péché véniel , encore

[oe plusieurs imperfections etdemauvaises Dclinations de temps en temps vous surprennent; et ne laissez pas de faire la comaunion le jeudi, et les fêtes sur semaine , it les mardi du carême : mais cela n'en [outez plus, ains employez votre cœur à tre bien fidèle en l'exercice de la pauvreté «irmi les richesses, de la douceur et tran- [uillité parmi le tracas, et de la résignation u cœur de tout ce qui doit vous arriver en 1 providence de Dieu. Qu'est-ce qui nous leut manquer, ayant Dieu?

Pour le quatrième, il est mieux en toute açon que vous oyez ia sainte messe tous » jours, et y faire l'exercice de la messe, |ue (|6 l'ouïr pas, sous prétexte de contiuer Toraison chez vous. Je dis qu'il est lieux, non-seulement parce que cette réelle résence de l'humanité de notre Seigneur n la messe ne peut être suppléée par la fésence mentale, bien que pour quelque igné respect on demeure éloigné d'icelle , lais aussi parce que l'Église désire fort que on assiste à la messe : et ce désir tient lieu e conseil, auquel cette espèce d*obéissance oit s'accommoder quand on le peut bonnelent : et parce que votre exemple est utile u simple peuple en la qualité que vous tes : or il n'aura point d'exemple de ce que ous ferez en votre oratoire. Arrêtez-vous onc à ceci, ma très-chère ûlle !

Je ne prêcherai ce carême qu'au monas- ^rede cette ville, et cinq ou six fois en la rande église. Je suis plein de santé, à mon TÎs; fus-je plein de sainteté, comme mon ang et ma charge le requièrent !

La bonne madame de Chantai a témoigné t témoigne une vertu toute particulière en occasion du trépas de monsieur son père, [u'eile n'a su que depuis trois jours, parce |ue la voyant si affoiblie de sa maladie, je ui celai cette mauvaise nouvelle, tant que B pus, sachant bien que cela retarderoit le etour de sa santé. Fanité des vanités.^ et outes choses sont vanités, ma très-chère ille, sinon d'aimer et de servir Dieu (1). lette bonne sœur a été toute consolée d'enendre que son père étoit mort en l'acte de -epen tance. Demeurez toute en Dieu, ma i rës-chère fille, vivez saintement joyeuse, louce et paisible. Je suis, mais fort absooment, ma très-chère fille, votre, etc.

(A) VinltM viBllaïuai , «i omnlt fanltas . pniltr «mêra •• Uli Mrvtr*. De ImilaiiOM Chr., tib. i, c. i« a. M.

LETTRE DCCCXXXin.

Page 1