‹ Œuvres complètes; nouvelle édition collationnée et augmentée des lettres de Sainte Chartal, des lettres inédites de l'auteur, du portrait de lui et d'autographes (volume 3)Chapitre 421 sur 450 · nANçon m salbs, ▲ uni mmoisBtLi · texte numérisé non relu

nANçon m salbs, ▲ uni mmoisBtLi

QalaToitqaitlètedetiein de sa marier* et qui déiiioit sa (aire religieefe.

J'ai donc appris par la boudie de lachère oousine en ooanbien de façons notre Sei* gneur ayoit tâté votre cœur et essayé votre fermeté , ma très-chère fille. Or sus, il se feut saintement animer et renforcer entre toutes ces vagues. Béni soit le vmit d*où qu'il vienne , puisqu'il nous fera surgir à bon port.

Voilà , ma très-dière fille , les conditions atec lesquelles nous nous devons donner à Dieu ; c'est que soudain il fasse sa volonté de nous , de nos afbires et de nos desseins, et qu'il rompe et défasse la nôtre ainsi quMl hd plaira. 0 qu*beureuz sont ceux que Dieu manie à son gré , et qu'il réduit sous son bon plaisir , ou par tribulation , ou par consolation ! mais pourtant les vrais serviteurs de Dieu ont toujours plus estimé le chemin de l'adversité , comme plus conforme à celui de notre chef, qui ne voulut réussir de notre salut et de la gloire de son nom que par la croix et les opprobres.

Mais , ma très-chère fille , connoissez- . vous bien en votre cœur ce que vous m'écrivez , que Dieu par des voies épineuses vous conduit à une condition qui vous avoit été offerte par des moyens plus faciles? Car si vous aviez cette connoissance vous caresseriez infiniment celte condition que Dieu a choisie pour vous, et l'aimeriez d'autant plus, que non-seulement il l'a choisie , mais il vous y conduit lui-même et par un chemin par lequel il a conduit tous ses plus chers et grands serviteurs. Suppliez-le que ce sentiment qu'il vous donne ne périsse point , mais qu'il croisse jusqu'à la parfaite maturité. Pour moi, je bénis votre chère ame, que notre Seigneur veut pour soi, et ai pour vous tout le saint amour qui se peut dire. La chère cousine est tendre en cette affection, et a un cosur parfaitement vôtre.

Cet époux de Cana en Galilée bit le f» tin de ses noces , et croit d*ètre Pépoux; mais il est trop plus beurenz , car notie Seigneur lui donne le cban^e et oaunt* tissant son eau en trte4Km vin , 0 ae reii époux lui-même, et fait rame de ea panvn premier époux son ^MHiae; carsoitquefli fût saint Jean l'Ëvangâlîale on qoelqii autre, étant non à la veille, mais an jov de son mariage, notre S^gnenr renpoife àsa suite, il ravit à soi sa chaste ame, st le rend son disciple; etl'^uae vofiat que ce Sauveur pouvoit avoir ploacvt épouses, voulut être do nombre, etmr une seule noce du vin foilli, en voUAmi excellentes : car les âmes, tant de l'on qoe de l'autre , s'épousent à iésueChrist.

C'est ainsi qu'on lit cet ÊvangQa; eti m'est venu au cœur de vous dire cette pei" sée : Bienheureux sont ceux qui chanyst ainsi leurs eaux en vin : mais Û faut qoeos soit par l'entremise de la trte-sainte Mèn. Je la supplie de vous donner à jamais u douce et maternelle protection. Je sois ea elle, etc.

LETTRE DGOCXXXVI.

s. FRANÇOIS nS SALES , A UNE DAMS

Qai étoii sar le point de se faire religieuie: U Saint l'encourage à exécuter ce pieux deasein.

Que de joie , ma très-cbère fille , que mon cœur reçoit , de voir la franchise et rondeur du vôtre à ce commencement Ne vous étonnez point de ces larmes, car biea qu'elles ne soient pas bonnes , elles viennent néanmoins de bon lieu. Si nos résolutions étoient petites et révocables , nous n'aurions pas ces sentimens en ces abnégations et hautes conclusions que nous avons prises. David pleura tant sur Sattl mort, quoique ce fût son plus grand ennemi ; pleurons un peu sur ce monde qm meurt, ains qui est mort pour nous et anquel nous voulons à jamais mourir.

0 ma fille , ma bonne fille, que je sois aise de vous voir un peu travaillée de os mal d'enfant? Non, jamais nulle ame n'enfanta Jésus-Christ sans douleurs , sinon la sainte Vierge à laquelle en contr'échangs il en donna de grandes en mourant. Mais, ma fille, vous verrez qu'après ces tranchées de cosur , vous aurez mille sortes de eon

DE S. FRAr9V0IS DF SALES.

iolations. Et moi, ne croyez-vous pas que mon cœur s'attendrisse sur le vôtre? Si fait , je vous assure , mais d'un attendrisse ment doux et suave, pour voir que vos douleurs sont des présages de plusieurs feveurs que Dieu vous fera, si constamment et fidèlement vous persévérez en cette entreprise , la plus digne , la plus généreuse , la plus utile que vous pourriez jamais faire.

Or poursuivez donc, ma très-chère fille ; tenez bien votre cœur ouvert. Pour moi , ne doutez nullement de ma fidélité : confiez-vous en moi, sans crainte, sans réserve et sans exception , car Dieu qui l'a voulu , me tiendra de sa sainte main , afin que je TOUS serve bien.

Ce même Dieu sait que sur votre départ il me mit en la pensée de vous dire qu'il folloit retrancher le musc et les senteurs ; mais je me retins sur ma méthode , qui est suave , de laisser lieu au mouvement que petit à petit les exercices spirituels ont accoutumé de faire dans les âmes qui se consacrent entièrement à sa divine bonté. Car vraiment mon esprit est extrêmement ami de la simplicité ; mais la serpe avec laquelle on retranche ces* inutiles rejetons, je la laisse ordinairement es mains de Dieu : et voilà , ma très-chère fille , qu'il vous en va donner un coup, pour ces poudres, pour ces papiers dorés. Qu'à jamais sa miséricorde soit bénie ; car elle est miséricordieuse , je le vois bien.

Oui , donnez ces poudres et ces papiers dorés à quelque dame du monde , qui soit néanmoins de telle confiance, que vous lui puissiez marquer le sujet de ce petit renoncement ; et ne doutez point que cela scandalise : au contraire, cela édifiera son ame, puisque je présuppose que ce soit une dame qui en ait une bonne. Vous avez raison , ma très-chère fille, de renoncer à tout cela : croyez-moi , ces petites abnégations seront fort agréables à Dieu.

Vraiment il faut que je vous dise ceci, puisque j'ai commencé à vous communiquer mon ame avec naïveté. Je n'ai jamais seulement voulu porter de bas d'estame , ni jamais de gants ni lavés ni musqués , dès que je me suis voué à Dieu , ni jamais papier doré , ni poudres ; ce sont des mignardises trop menues et vaines. 0 Dieu 1 quel cœur que vous me donnez en votre endroit , marchant de si bon nied 1

Hélas ! ma très-chère fille , H est certes vrai ; ces éternels et irrévocables renoncemens, ces adieux immortels que nous avons dits au monde et à ses amitiés , font quelque attendrissement à notre cœur. Et qui ne se mouvroit à ces coups de rasoir qui séparent et divisent Tame d*avec l'esprit, et le cœur de chair d'avec le cœur divin , et nous-mêmes d'avec nous-mêmes? Mais, vive Dieu , ces coups sont donnés , c*en est fait. Non jamais plus il n'y aura réunion de l'un à l'autre , moyennant la grâce de celui , pour auquel nous unir inséparablement, nous nous sommes séparés pour jamais de toute autre chose.

Laissez absolument toutes ces guérisons par paroles ; ce sont niaiseries que cela , que je permettrois à une ame moins résignée que la vôtre ; mais à la vôtre , ma fille , je dis hautement : laissez ces enfances et bagatelles, lesquelles, si elles ne sont pas péchés, sont des amusemens inutiles , tendant à la superstition.

G Dieu ! ma fille, à toutes ces compagnies mondaines qui vous arriveront, il faut rendre une'contenance doucement joyeuse.

Mais afin que vous vous entreteniez de nouvelles réciproquement , entretenez-les comme venant de l'autre monde , et elles vous entretiendront comme venant du monde ; car si vous leur parlez le langage de leurs lieux , ce ne leur sera pas une grande nouvelle.

Je fus un mois après ma consécration à l'évêché, que venant de ma confession générale, et d'emmi les anges et les saints, entre lesquels j*avois fait mes nouvelles résolutions , je ne parlois que comme un homme étranger du monde, et il me semble que j'avois bonne grâce : et quoique le tracas ait un peu alangouri ces bouilionnemens de cœur, les résolutions, par la grâce divine , me sont demeurées.

Soyez courte là où vous ne profiterez pas. Ce grand Dieu agrandisse de plus en plus le règne de son saint amour en nous* Je suis en lui , mais d'une afiection toute particulière , votre , etc.

Si j'avois davantage de loisir , je '▼dus * écrirois encore ; car je ne me lasse point en ce doux entretien de Dieu, de son amour ' de nos âmes. Demandez fort au petit Jésus 1 naissant sa sainte nudité pour votre cœur, I afin que nuement et purement il aoità Ivî»

lifenliË DCbciïxvil.

Qal Ml avait tn^bjé m UmnNiatleMItelir da«Mib> da remploi qu'U an tUU

Hontienr, ce mit élè na banaeaf ettrè- Bwnedt Ben«lb1a d'atolt- reço deTOtre part ces ricfa^ et dévots ihéorimes, qde 1« révérend pire Ange Le Blanc m'a remis ; et U J'a voi4 le Hche parTumier, Oïl eoblnet da MgVenS qne cet andHi prince AleundrefaJSrsdd désiiilk pour la garde dte Ihrû et écrits d'Homtre , je le deMinerols ëtuni i Idconsei^fltiondecebeau présent, le- ^el m'est d'autant plos préciflut, que m lillvoiB fuàê db l'oter ëftpér«t-, puisque Je "Vti pds même petisé que tous enasieï an 4w]e fusae au monde; où étant de vrai ai

Êd de chose , confiné en oe tvcoiii de nos ititSgnes , Jk tne tiens ponr inviuble.

liais toutefois, étnnntb ce Sont les gratidtiiB lomiireB qui découvrent les atome* , ainsi ttn^Tëz-vtms pD voir.

•Or, puisque non-seulement il rot» a t>lf> litoiiSieur, de jeter votre pensée, et ce qui tàt encore plus , votre bienveillance sur tnoi , je vous supplie très-humblement de Ine continuer cette grâce par la même courtoisio Gt bontt) qui l'a fait nottre en votre dme , sans aucun mérite de ma part; et si je ne puis par les ciïelâ , au moins par affection je m'essaierai de correspondre à telle Tjveur, vous portant à jamais un ht)nnenr , oui même , si vous me permettes ce mot , un amour très- particulier ; à quoi Je suis Encore attiré par cette savante piété qui vous fait si heureusement transrormer les muses païennes en chrétiennes pour les iter de ce vieux profane Parnasse, et les pTat«r sur le nouveau sacré Calvaire.

Et plût à Dieu que tant de poètes cbré- ^cns qui ont en notre âge si dignement témoigné, commo vous, monsieur, la beauté do leur c>prit,eus^nt aussi, comme Ttids, fait pnroltre la bonté de leur Jugement au chuixdcâ sujets de leurs poèmes, là borntption des mmurs ne seroit pas si ^^^ndc, car c'est merveille combien les discours resserrés dans les lois des vers èntâe pouvoir pour pénétrer les cœurs et j^ËSÙjellir la mémoire I Dieu leur veuille !i£et l'abtiJ qu'ils ont ^t de teor

érndMoA. Bt vous, WnàiÊiÊA', iMt,lHi Jonisaet tatyodrs dhri tU&ttmm de k beao, riébe et bon esprit 4M la dMb majesté vods a ccmiM flncHIe «te t«a|i^ relie, afin que voas vous rdJonMsK Ajimaki eonteuplant et éUatant glarisÉi InentlealbhiMDttlteW diltvlBd»

selle.

Je tliis de tHt flUii ntttf, MMlj elti

LEITBB DCCCXXXVnL

à. IkiMcod 1» sALM, Aoia MM IkAcêL

Bataraggin ni taicqo* ta J<

rqéa H Jala da im

rteS^Mi

df' je no doute point do cola , nia tHei-blirb (illc, m.i niùcc, que ce même Saitti*

Sdl iousaprisi^ parla main, ne viMitCit uisd Jusqu'à la pcrfecliori de sod alUt àmoiir : car J'espère que vous ne votis itcouércz poini d'une si douce ctsuavetoildulM , ci n'ubandonnerez pas celui qv(, par son iniÎDie bonté, n'abandonne Jjbw Ceux qui no vculeut pas rabandOnaaf.

VraiBieu! que ncus s(.to(i> lipiircnx,8 nous soinines fidèles A cette Iduiièiue llobceur qui nous attire 1

Madame de Lenugeon me pria, il ft bien sept mois, de lui tenir ce dernierenfant qu'elle a fait, et je le pris à fort graad honneur : mais Je le trouve encore plos grand et plus agréable, puisque c'est av« cette beureuse rencontre que vous ledevei tenir avec moi, ce que je prends à présage qu'un jour je pourrai bien avoir la coniih lalion de tenir un des vôtres. Hais en lool événeiAent iious nous entretiendrons l'ai l'autre par la sainte dilection qui me (M toujours être, etc.

Cm ptrale) moi en marge de l'ariilDil 1 J'ai annoncé la fêle de la PeDtecdlal H. Favre, qui l'alteod en dévotion, «t na loutea.

LKmtB OCCCXXXIX.

La SilDl l'clharle à tItk dam uaa 1 iiifairtM tree noire Saigneur.

nia lrès«hére sœur, ce n'est qne Justement pour vous donner le bensotr que je vous écTls,«t VDiM Milr-alimirée qwjdtt

DE S. FRAIfÇOIS DE SÂUCS*

en

cesse point de vous souhaiter mille et mille bénédictions du ciel , et à monsieur mon frère ; mais particulièrement celle d*êlre toujours transfigurée en notre Seigneur.

0 [ que sa face est belle et que ses yeux sont doux et émerveillables en suavité , et que c*est chose bonne d'être auprès de lui en la montagne de la gloire ! c'est là , ma chère sœur, ma fille, où nous devons loger nos désirs et nos affections , non en cette terre, où il n'y a que des vaines beautés , fet belles vanités. Or sUs, grâce à ce Sau^veur, nous sommes à la montée du mont Tâbor, puisque nous avons des fermes f^^lutions de bien servir et aimer sa divine bonté ; il nous faut donc encourager â une sainte espérance. Montons toujours , ma très-chère sœur , montons sans nous lasser à cette céleste viàion du Sauveur ; éloignons-nous petit à petit des affections terrestres et basses, et aspirons au bonheur qui nous est préparé.

Je TOUS conjure , ma chère fille, de bien prier notre Seigneur pour moi , et qu'il me tienne dorénavant dans les sentiers de sa Tolonlé, afin que je le serve en sincérité et fidélité. Voyez-vous, ma très-chère fille, Je désire ou de mourir, ou d'aimer Dieu ; ou la mort ou l'amour : car la vie qui bst sans cet amour, est tout à fait pire que la moH. Mon Dieu! ma très-chère fille, que nous serons heureux, si nous aimons bien cette souveraine bonté , qui nous prépare tant de faveurs et bénédictions!

Soyons bien tout à elle, ma très-chère fille , parmi tant de tracas que la diversité des choseà mondaines nous présente.

Gomme voulons- nous mieux témoigner notre fidélité qu'entre les contrariétés! hélas! ma très-chère fille, ma sœur, la solitude a fles assauts, le monde a ses tracas ; partout il faut avoir bon courage , puisque partout le secours de ciel est prêt à ceux qui ont confiance en Dieu, et qui, avec humilité et douceur, implorent sa paternelle assistance.

Gardez bien de laisser convertir votre soin en troublement et inquiétude ; et tout embarquée que vous êtes sur les vagues et parmi les vents de plusisurs tracas, regradvz toujours le ciel , et dites à notre Seigneur : O Dieu ! c'est pour vous que je vogue et navigue: soyez mon guide et mon Booher : et puis consolez-vous ,que quand

nous serons au port» les douceurs que nous y aurons, effaceront les travaux pris pour y aller. Or nous y allons parmi tous ces orages, pourvu que nous ayons le cœur droit, rintention bonne y le courage ferme, l'œil en Dieu » et en lui toute notre confiance.

Que si la force de la tempête nous émeut quelquefois un peu l'estomac, et nous fait un petit tourner la tête , ne nous étonnons point ; mais , soudain que nous pourrons , reprenons haleine, et nous animons à mieux faire. Vous marchez toujours entre nos saintes résolutions, je m'en assure. Ne vous fâchez donc point de ces petits assauts d'inquiétude et chagrins que la multiplicité des affaires domestiques vous donne ; non, ma très-chère fille; car cela vous sert d'exercice à pratiquer les plus chères et aimables vertus que notre Seigneur nous ait recommandées. Croyez-moi, la vraie vertu ne se nourrit pas dans le repos extérieur, non plus que les bons poissons dans les esiux croupissantes des marais. Vive Jésus.

LETTRE DCCCXL.

Page 1