‹ Œuvres complètes; nouvelle édition collationnée et augmentée des lettres de Sainte Chartal, des lettres inédites de l'auteur, du portrait de lui et d'autographes (volume 3)Chapitre 422 sur 450 · SOEURS · texte numérisé non relu

SOEURS

Le Saint l'exhorte à commahier koaretit, et A s'abandonner A It Providence dans lea persé^ entions.

Notre Sauveur vous arrache le cœur comme il fit à la dévote sainte Catherine de Sienne de laquelle nous faisons aujour* d'hui (4) la fête, pour vous donner le sien très-divin , par lequel vous vivez toute de son saint amour. Quel bonheur , ma trèschère sœur^ si quel:{ue jour, au sortir de la sainte communion, je trouvoistnonchétif et misérable cœur hors de ma poitrine» et qu'en sa place fût établi le précieux cœur de mon Dieu 1 ma très^cbère fille , puisque nous ne devons pas désirer des choses si extraordinaires , au moins sou> haité-je que nos pauvres cœurs ne vivent plus désormais que sous Tobéissance et les commandemons du Seigneur : ce sera bien assez, ma chère sœur^ pour, en ce fait» imiter utilement sainte Catherine, et en cette sorte nous serons doux, humbles et charitables, puisque le cœur de notre Saur veur n'a point de lois plusaffèotionuées q/iB (i)Uio«Trtt.

celles de ta doncear, bumtlité el charité.

Vous aercï bien heureuse , ma trèschère sœur , ma fille . si, parmi toutes ces fadaises de pariialilé , tous vivex looto en vous^mèmo pour Dieu , qui seul Bussi mérite d'èlre serri et suivi avec p«9sioQ . car ainsi faisant, ma chèro sœur, vous donoerez bon tnemple à toutes, et gagerez la sainte paii et tranquillité pour vous-même. . Laissez , je vous supplie , philosopher les autres sur le sujet que vous avez de communier : car il suffit que votre conscience, que vous et moi sachions que cetto diligence de revoir et de réparer souvent votre ame , est grandement requise pour l8 conservation d'icelle ; et si voua en vou- ■ lez rendre compte à quelqu'une, vous lui pourrez bien dire que vous avei besoin de manger si eouvent cette divine viande , parce que vous êtes tort foible , cl que , sans ce renforcement , votre esprit se disaiperoil aisément. Cependant estimei. ma Irès-cbère sœur, à bien serrer ce cher Sauveur sur votre poitrine. Faites qu'il soit le beau et le suave bouquet sur votre cœur , en sorte que quiconque vous approche sente que vous êtes parfumée , et con- Jiois^e que votre odeur est l'odeur de la myrrhe.

Tenez vûtreesprilen paix, nonobstant cet embarrassement qui est autour. Remettez à la plus secrète Providence de Dieu ce que vous trouverei de malaisé, et croyez fermement qu'il fera une douce conduite de vous, de votre vie, et de toutes vos affaires.

Savez-vouB ce que font les bergers en Arabie, quand ils voient éclairer , tonner , et l'air chaîné de foudres? Us se retirent Bous les lauriers, et eux, et leurs troupeaux. Quand nous voyons que les persécutions ou contradictions noua menacent de quelques grands déplaisirs, il nous faut reiiror, et nous, et nos affections, sous la sainte croix, par une vraie conliance que tout reviendra au proGt de ceux qui aiment Dieu.

Or sus, ma très-chère fille, ma sœur, tenez bien votre cœur ramassé ; gardei-vous forldesempressements; jetez souvent votre contlance enta providence de notre Seigneur. Soyez tout assurée que plutôt le ciel et la terre passeront, que notre Seifpieur manque à votre protection tandis que vous aérez sa fille obéissante , ou an

moim désireuse d'obéir. Dam «i trois ha le jour pensez si votre cœur est point Idquiété de quelque chose ; et trouvant quH l'est, tâchez soudain à le remettre en repos.

Adieu, ma très-chère tille.

Dieu soit il jamais au milieu da votn CŒur. Amen.

LETTRE DCCCXLl.

s. FBAKÇOIS os SkLES , A UKB DB SBS TOicti

Ma chère nièce, je vous écrivis l'aulra jour : mais mon cœur, qui vous chérit lendreraent, ne se peut assouvir de voua es rendre au iiiojns ce foible témoignage, dt vous écrire le plus souvent qtie je ptiâ.

Vive^ toute en" notre Seigneur, ma trttchère fille ; que co soit l'eau dans laqo^k votre C4£ur nage ; et comme ceux qui cheminent sur la corde tiennent toujours es leurs mains le bâton de contre-poids, pont balancer leurs corps justement, en la variété des mouvements qu'ils ont à fairesor un si dangereux plancher, vousdeveiasai fermement tenir la sainte croix de notn Seigneur , afin de marcher assurëmaat parnu tes pénis que la variété des rencoaircs et conversations pourront apportera vos affections ; en sorte que tous vos meuvemenls soient balancésau contre-poids de l'unique et très-aimuble volonté de celui auquel vous avez voué tout votre corfxei tout votre cœur.

Conservez-le bien, ce cœur pour lequal le cœur de Dieu fut triste jusqu'à la mort, et après la mort transpercé par le fw; afifl que le vôtre vive après la mort , et soil joyeux toute sa vie. Mortifiez-le bien es gesjoies, et le réjouissez en ses mortifications, étaliez, chère nièce, je veux dire. cheminez toujours cuurageusementde vertu en vertu, jusqu'à ce que vous ayez atteint le souverain degré de l'amour divin ; mais jamais vous ne l'alteindreï, puisque cei amour sacré n'est non plus fini que son oi^ jet, qui est la souveraine bonté.

Adieu, très-chère nièce ; aimez-moi tou jours constamment en qualité de l'bomaQ du monde qui vous désire le plusde vraie» et solides consolations; oui, ma fille, je

is souliaite l'abondance de l'amour di-

I, qui est et sera éternellement l'unifW

DE S. FRAlfÇOIS DE SALES.

MeB de nos cceurs, qui ne nous ont été donnés que pour celui qui nous a donné tout ]e sien. Je suis très-sincèrement tout vôtre, ■la chère nièce, ma fille.

LETTRE DCCCXLIL

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