FRANÇOIS DE SALBS, A UNE DE SBSSOBUBfl
Le Sêiot lai recommande la doueeor et la paii dans Jes contre-temps de cette Tie.
Ma très-cbère sœur, ma fille, je suis marri que je n*ai plus tôt reçu la salutation que maître Constantin m'avoit apportée de votre part; car j'eusse eu plus de loisir de vous écrire selon mon cœur , qui est si plein d'affection pour vous, et vous chérit si fort, qu*il ne peut se contenter de vous entretenir pour un peu. Je vis avec beaucoup de contentement de savoir que votre ame est toute dédiée à Famour de Dieu, auquel vous prétendez de vous avancer petit à petit par toutes sortes de saints exercices. Mais je vous recommande toujours plus que tout celui de la sainte douceur et suavité , es rencontres que cette vie vous présente sans doute souvenie fois. Demeurez tranquille et tout amiable avec notre Seigneur sur votre cœur. Que vous serez heureuse , très-cbère sœur , ma fille, si vous continuez de vous tenir à la main de sa divine majesté , entre le soin et le train de vos affaires , lesquelles réussiront bien plus à souhait, quand Dieu vous y assistera : et la moindre consolation que vous en aurez , sera meilleure que les plus grandes de celles que vous pourriez avoir de la terre.
Oui , ma chère fille , ma sœur , que je vous aime , et plus que vous ne sauriez croire : mais principalement dès que j*ai vu en votre ame le digne et honorable désir de vouloir aimer notre Seigneur avec toute fidélité et sincérité , à quoi je vous conjure de pei^évérer constamment , et de ro'aimer toujours bien entièrement, puisque je suis (l'un cœur tout entier et fidèle, ma très-cbère fille , votre , etc.
LETTRE DCCCXLin.
s. FRANÇOIS DE SALES , A UNE M SES PARENTES.
Il lai souhaite l'amour de Diev»
Madame ma chère cousine, je ne puis ,
mais je ne veux pas me contenir de V0115; écrire, ayant un porteur si assuré. Co n'est pourtant que pour vous dire que ie demande continuellement à la sainte messe beaucoup de grâces pour votre ame , mais surtout, et pour tout, Famour divin ; car aussi est-ce notre tout ; c'est notre miel , ma chère cousine , dedans lequel et par lequel toutes les affections et toutes les actions de notre cœur doivent être confites et adoucies.
Mon Dieu , que le royaume intérieur est heureux , quand ce saint amour y règne ! Que bienheureuses sont les puissances de notre ame qui obéissent à un roi si saint et si sage ! Non , ma chère cousine , sous son obéissance et dans cet état , il ne por- . met point que les grands péchés habitent, ni mémo aucune affection aux plus moindres ! 11 est vrai qu'il les laisse bien aborder les frontières , afin d'exercer les vertus intérieures à la guerre, et les rendre vaillantes , et ()ermot que les espion'^ , qui sont les péchés véniels et les imperfections, courent çà et là parmi son royaume ; mais ce n'est que pour faire connottre que sans lui nous serions en proie à tous nos ennemis.
Humilions-nous fort , ma chère cousine, ma fille; avouons que si Dieu ne nous est cuirasse et bouclier, nous serons incontinent percés et transpercés de toutes sortes de péchés. C'est pourquoi tenons nous bien à Dieu par la continuation de nos exercices : que ce soit le gros de notre soin , et le reste des dépendances.
Au demeuPctnt, il faut toujours avoir courage , et s'il nous arrive quelque alanguissement, ou affoiblissement d'esprit, courons au pied de la croix , et nou-» mettons p<)nni ces saintes odeurs , parmi ces célestes parfums, et avigourés. Je pré ente tous les jours votre cœur au Père éternel avec celui de son Fils notre Sauveur en la sainte messe. 11 ne le sauroit refuser , à cause de cette union en vertu de laquelle je fais l'offre ; mais je présuppose que vous en faites autant de votre côté. Qu'à jamais puissions-nous d'esprit, de cœur et de corps , lui être en sacrifice et holocauste de lounnge. Vivez joyeu.se et courageuse avec Jésus sur votre poitrine. Madame ma très-chère cousine , je suis celui qu'il a rendu , etc.
LETTRES
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