‹ Œuvres complètes; nouvelle édition collationnée et augmentée des lettres de Sainte Chartal, des lettres inédites de l'auteur, du portrait de lui et d'autographes (volume 3)Chapitre 425 sur 450 · FHARÇOIS ns SALES , A UNE nAXB · texte numérisé non relu

FHARÇOIS ns SALES , A UNE nAXB

Par«te d«i «lUiiiéB cbntiennM: Ditu en «il la Ueu. Tout cal Uat à ceui qui aimeiil DJcn. 11 j • de rimpertecuoD k se réjouir d'eirt déluré dea eroii et dea penonne! nui nom Im pro-

Hoo Dieu, ma très-chère fille, que j'aime votre cœur puisqu'il ne veut rien aimer que son Jésus et pour son Jésus 1 Hélas I se pourroil-il bien faire qu'une ame qui considère ce Jésus cruciBé pour elle pût aimer quelque chose hors d'icelui ; et qu'après tant de véritables élancemena de 6délité , qui nous ont si souvent fait dire, écrire , chanter , aspirer, et soupirer, Vive Jésus 1 nous voulussions, comme des Juifs , crier ; Qu'on le crucifie (S), qu'on le tue en nos cœurs? 0 Dieu 1 ma fille, je dis ma vraie fille, que nous serons forts si nous continuons à nous entretenir liés l'un à l'autre par ce lien teint au sang vermeil du Sau-

ipplMr ID dlftut d

veur! Car nul n'attaquera votre eœar qu'il ne trouvede la résistance, et de votre côté, et du cété du mien , qui est tout dédié au

Je l'ai vue cette chétive lettre (1)' 'I^s

■ iniques, dit David, m'ont raconté leurs

■ niaiseries; mais cela n'est point comme a votre loi (3). • 0 Dieu ! que cela est (ade au pr X de ce sacré divin amour qui vit en

Vous

■si

raison : puisqu'une fois pour toutes vous avez déclaré les Tésolulions invariables de votre esprit, et qu'il fait le fin à ne p:is les vouloir avouer, ne répondez plus pas un seul mot, jusqu'à ce qu'il parle autrement; car il n'entend pas le langage de la croix, ni nous aussi celui de l'enfer.

Vous avez raison encore de recevoir ce peu de paroles que je vous dis avec tendreiéd'amour : car l'affection que j'ai pour vous est plus grande et plus forte que vous ne penseriez jamais.

Vous vous réjouissez de quoi la fille fâcheuse vous a laissée. Il faut qu'un soldat oit beaucoup gagné en la guerre, quand il est bien aise de la paix. Jamais nouj n'aurons la parfaite douceur et charité, si elle n'est exercée entre les répugnances, aversions et dégoûta. La vraie paix ne gît pasà ne point combattre , mais à vaincre ; les vaincus ne combattent plus , et néanmoins ils n'ont pas la vraie paix. Or sus, il se faut grandement humilier, dequoi nous sommes encore si peu maîtres de nous-mêmes, et aimons tant l'aise et le repos.

L'enfant qui va nous naître (3) n'est pas venu pour se reposer, ni avoir ses commodités ni spirituelles ni temporelles , aina pour combattre, pour se mortifier, et mourir. Or sus donc , derechef, puisque nous n'avons point de courage , ayons au moins de l'humilité.

Je voua verrai bientôt ; tenez bien prêt sur le bout de vos lèvres ce que vous aurea à me dire, afin que, pour peu de loisir que nousayons, voua le puissiez répandre dans mon ame : cependant pressez bien ce divin poupon sur votre cœur, afin de pouvoir, avec cette ame outrée de l'amoar cé-

■••II nfH • •> «•'•■I*

Iméi (1) , naplnr n« ptnlu HcréaB d'»-

nov : ■ Hon biBn-aimé oat à moi , et jo > mit toute à loi (l). Il demouran entra » mes mnmetles (3). ■

AIvi Mit^l , ma trèMMro fille , qoe ce Avis uDoor de noe cœurs mit d jame il nr ■otn pojtriie, ' '

LEmiBDCCCU.

■«■qw iNiH Uai k IHra, a^t d* ertMtOBr bm

Ifa tréi-chèn mtoe , maînlenaiit que T0d«din«-JefKeDdescbMea,«ui8doiite, ii Je fooloiB snivn mes dbOiou, lesqael> Ite aemi todjonn pleines pour tous, comme Jtdésiraque les vôCreseolent bien pleines war moi, quand surtout voue snrezdsns Jb ptllt Oratoire , où je voua supplie d*en tépandre beaucoup devant Dieu À l'inlenttûi de mon emeooement ; ains que de mon cOlé Je répands, non tes miennes, qui sont Indignes, A taiaon du ccenr où elles sont; ttais le Ungde l'agneau immaculé devant le Père éternel , en fïiveur de ta bonne intention que vous avez d'être toute sienne.

Ouel bonheur , ma chère mère , d'Être tout à lui , qui , pour nous rendre siens , S'est fait tout nôtre! Mais il faut pour cela cmciGercn nous toutes nos afTcclions, et ■pi^ciaiement celles qui sont plus vives et mouvantes , par un continuel Bllenlissement et attrempemcnt des actions qui en procèdent, aGn qu'elles ne se fassent pas par impétuosité, ni même par notre volonté , mais par celle du Saint-Esprit.

Surtout, ma chôre mère, il nous faut un C(Bur bon , doui et amoureux envers le prochain, et particulièrciricnt quand il nous est à charge et dégoût : car alors nous n'avons rien en lui pour l'aimer que le respect du Sauveur, qui rend l'amour sans doute plus eiccllent et digne, d'autant

Îu'ilest plus pur et net des conditions ca> uques.

Je prie notre Seigneur qu'il accroisse en TOUS son saint amour.

Je suis en lui votre , elo.

(IJÇMirtpOBHdDCuUlllHdMCtDlIfSM.

(tj MlMlHoaw nlbl, «I «to Llu. cm.,g. Il,*, it.

LBTTBKDCCCUL '

s. FUHCOIS DB SiLBS , * OKI IMXI.

LHertlt, IM ■■MlMiMal IM BurqMidif« imaan «IIm Unat iMr nérlW 4» imt * JètD»-CbritL

Hélai I mon Dieu , :

que J'ai été étonné, qnsnd pw votra MM J'ai su, eonme tmt A ooop, ta looguenr et le daogsr de votre maladie I Car, enjumol, je vous sopplis, mon «but wbs là^ rit mialenent ; nuis Dieu aolt looéda qMi vous voiU presque (mit échappée.

Certes, désormais Je Toîs bica qrï in< dra TOUS spprtvoiserew maladies atlafcmités en cette déodence d'Age en laqndll vous êtes. Seigneur Jésnsl quel Trai boabenr a tme sme dédiée A Dieu, d'étra fort eiercée par la triboIatiOB avant qu'ells parte de cette vie 1 Ua trto-chËM méie, comment pent-on connaîtra la fraoo etls vif amour, que parmi las éplaae, les areii, les langueurs , et surtout quand Isa laa>

kaui notre cher Saanor • témafgaé son amour démesuré par la nwaura de tm travauKCt paseîoas. Faites, nu chère mtn, faites bien l'amour A l'époux de votre ccenr sur le lit do douleur ; car c'est sur ce lit, où il a fait votre cœur avant même qu'il Tût fait au monde , ne le voyant encore qu'en son divin projet.

llélns! ce Sauveur a compté toutes vos douleurs, toutes vos souffrances, et a pafé au prix de son sang toute la patience el tout l'amour qui vous est nécessaire posi saintement appliquer tous vos travaux a 91 gloiro et à votre'salut. Soyez contente i vouloir doucement tout ce que Dieu veol que vous soyez. Jamais je ne manquerai ) prier la divine Majesté pour la perfcctioa de votre coeur, que le mien aime, cbérit e( bonore leudrcmcnt.

Adieu, ma trës-cbËre mëre et ma trischèro nile, encore; à Dieu soyons-non éternellement, et nous, et nos aETcctions, et nos petites peines e( les grandes, et toal ce que la divine bonté veut être odtre; ri sur ce, je suis en lui, ma très-chère mén^ très-absolument votre , etc.

DE S. FRATfÇOIS bË SALES.

LETTBE DCCCLIÎI.

Page 1