‹ Œuvres complètes; nouvelle édition collationnée et augmentée des lettres de Sainte Chartal, des lettres inédites de l'auteur, du portrait de lui et d'autographes (volume 3)Chapitre 429 sur 450 · ORAISON POUR LES FEMMES ENCEINTES · texte numérisé non relu

ORAISON POUR LES FEMMES ENCEINTES

GOMPOSÉB PAE 8.PEANÇ0IS DE SALES.

0 Dieu éternel, Père d'infinie bonté, qui avez ordonné lu mariage pour en multiplier les hommes ici-bas, repeupler la céleste Cité là-haut, et avez principalement destiné notre sexe à cet office, voulant môme que notre fécondité fût une des marques de Votre bénédiction sur nous : hé 1 me voici prosternée devant la face de votre majesté que Tadoro, vous rendant grâces do la conception de Tenfant auquel il vous a plu donner être dedans mon corps. Mais, Seigneur, puisque ainsi il vous a semblé bon , tendez donc les bras de votre providence, jusqu'à la perfection de TœuYro que vous avez commencée ; favorisez ma grossesse i» votre perfection, et portez avec moi, par

votre continuelle aeeiitaiirf», !■ créitefiqia vous avez produite en moi, jusqu'à Vbeon de sa sortie au monde; et lors, 6 Dieu de ma vie, soyez-moi secourable, et de iiotre sainte main supportex ma foiblesse, et recevez mon fruit, le conservant jusqu'à ce que , comme il est vôtre par création , il le soit aussi par rédemption, lot^Squ'étantreçu au baptême, il sera mte d&na le sein de TÊglise vôtre épouse.

0 Sanveur de moû ame, qaî tWatit idbas avez tant aimé, et ai activent pris eàtre vos bras les peUts enflins : hé! recevez encore celui-ci , et l'adoptei en votre ta- 6rée filiation , aOil que vous ayant et inte» quant pour Père, votre nom soit sanctifié en lui, et que votre royaume lui advienne. Ainsi j ô Rédempteur du monde, Je le vooe, dédie et consare de tout flion cosur à IV béissance de vos commandemens, A l'a-* mourde votre service, et au servioede voue aiSKHjr.

Et d'autant qtM ralstt Juste oourrottk feu* dit la première mère des humains, ates foute sa pécheresse postérité , sujette è beaucoup de peines et de dtmleurs es esflBRilemens; 6 Seigneur, j'aeeepte lottslèl travaux qu'il vous plaira pernletire m'B^ river pour celte occasion ; vous suppliant seulement, par le sacré et joyeui enfanta ment de votre innocente Mère, de m*ètre propice à l'heure du mien douloureux, de moi pauvre et vile pécheresse, me bénii^ sent avec l'enfant qu'il vous plaira de me donner, de lu bénédiction de votre amour éternel , laquelle avec une parfaite coi* fiance en votre bonté, je vous demande très* humblement.

Et vous. Vierge, Mère très-sainte, ma chère dame et unique maîtresse, qui êtes l'unique honneur des femmes , recevez en votre protection, et dans le giron maternel de votre incomparable suavité, mes désirs et supplications, afin qu'il plaise à la misé* ricorde de votre Fils de les exaucer. Je vous les requiers, ô la plus aimable de toutes les créatures, vous en conjurant par lamour virginal que vous portâtes à votre cher époux, t»aint Jot^eph, par Tinfini mérite do la naissance de votre Fils, par les très-saintes entrailles qui Toot porté, et par les sacrées mamelles qui l'ont allaité.

0 saints anges de Dieu , députés a

DB S, nunçois de sales.

gtrd» et à oelle de l'enfant que je porte, défendeK-nou9, gouvernez-nous, afin que par votre assistance nous puissions enfin parvenir à la gloire de laquelle vous jouissez , pour avec vous louer et bénir notre commun Seigneur et maître, qui règne es iièdes des siècles. Amen.

LETTRE DCCCLXV.

t. FBANÇOIS DB SALES, A UNE DEMOISELLE. ATit pour acquérir de I« douceur.

Je prie Dieu qu'il bénisse votre cœur, ma chère fille, et vous dis ces mots selon ma promesse.

Vous devriez tous les matins, avant toutes choses, prier Oieu qu*il vous donnât la vraie douceur d'esprit qu'il requiert es âmes qui le servent , et prendre résolution de vous bien exercer en cette vertu-là, sur* tout envers les deux personnes à qui vous avez le plus de devoir.

Vous devez faire cette entreprise de vous bien commander en cela , et vous en souvenir cent fois le jour, recommandant à Dieu ce bon dessein ; car je ne vois pas que vous ayez beaucoup à faire pour bien assujettir votre ame à la volonté de Dieu , sinon de Tadoucir de jour en jour, met- * tant votre confiance en sa bonté. Vous serez bienheureuse, ma très-chère fille, si vous faites ainsi; car Dieu habitera au milieu de votre cœur, et y régnera en toute tranquillité.

Mais s*il vous arrive de commettre quelque manquement , ne perdez point courage; ains remettez-vous soudain toute, ne plus ne moins, que si vous n*étiez point tombée.

Cette vie est courte, elle ne nous est donnée que pour gagner Tautre ; et vous remploierez bien , si vous êtes douce envers ces deux personnes, avec lesquelles Dieu vous a miso. Priez pour mon ame, que Dieu la tire à soi.

LETTRE DCCCLXVI.

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